Patrimoine millavois : La Maladrerie

Tous les Millavois connaissent le lieu de la Maladrerie, à proximité de la rivière du Tarn. Un nom qui se retrouve dans d’autres villes françaises, décliné aussi en ladrerie et léproserie.

La Maladrerie se situe au sud de Millau, sur la rive gauche du Tarn, en amont du Pont Vieux. On y voyait encore à la fin du XIXe siècle, une chapelle et une partie des bâtiments, derniers témoignages des établissements charitables qui accueillaient et apportaient des soins aux pauvres et aux lépreux.

Ne subsiste aujourd’hui que la chapelle dédiée à Saint-Thomas.

Comme nous le rappelle l’abbé Rouquette dans ses recherches historiques sur la ville de Millau :

« Cet établissement charitable fut fondé durant la première moitié du XIIe siècle. On le désigna d’abord par les noms de Efermaria, infirmerie, Malautia, mayso dels malautes de Trageict, maison des malades du passage du Tarn, trajectus ad Tarnim. Son église ou chapelle était dédiée à Saint Thomas, apôtre, à Saint Lazare et à Sainte Marie Madeleine. Un peu plus tard, cette maison prit le nom du patron principal de son église et s’appela Maladrerie de Saint-Thomas de Trageict » (Etablissements charitables, la Maladrerie, p.126, 1888).

Jean Delmas nous apprend qu’on appelait aussi la chapelle Saint-Thomas des Traginiers, c’est-à-dire des muletiers.

La fondation de l’établissement charitable

Près du Pont Vieux, la Maladrerie apparaît sur ce plan du XVIIe siècle

Hugues, comte de Rodez, et ses deux frères Bernard Raymond et Béranger furent les fondateurs au XIIe siècle de la léproserie saint-Thomas à laquelle ils donnèrent une propriété composée de terres et d’une maison, où s’établirent les lépreux et ceux qui voulaient se dévouer à leur service. Voici la charte qui contient cette donation ; elle est rapportée en tête d’une multitude d’autres actes de même nature, dans un petit cartulaire de la Maladrerie Saint Thomas :

« Conoguda causa sia à totz homes que eu Huc, coms de Rodez, bonamen et per amor de Deu, et per redemptio de mos pecatz, et per las animas de mos païres, do ab aquesta presen carta et lieure à Deu et als malautes de lafermaria de Trageig l’alo et totas la drechuras que eu y avia ni demandar y podia en aquesta Efermaria et la maiso et tot quant à la maiso apartem. Aquest do fach elle ma de te Estève Leferm et de te Johan lo preveyre de Tremolet, in octavas domini. Et eu Bernat Ramund et eu Brenguier, sos fraires, donan à Deu et als Efermes totas las nostras drechuras per eissa convenensa que nos avian en aquest terador » (1153).

Le comte de Rodez, qui était aussi seigneur de Creyssels, fit d’autres dons à la Maladrerie de Saint-Thomas, située sur les terres de cette dernière seigneurie.

Les libéralités du comte Hugues furent d’un très bon exemple. Après lui, des personnes de toutes les conditions de la société contribuèrent à doter l’hôpital Saint-Thomas, dont la nécessité se faisait vivement sentir à cause de la lèpre, qui, à cette époque, faisait partout des victimes.

« En 1177, son successeur le comte Hugues II complète cette donation en offrant une rente de deux setiers de vin et un droit de leude prélevé sur les bœufs de la ville de Millau. » (Jules Artières, Millau à travers les Siècles, 1943).

En 1178, Peyre Bertrand lui légua mille sous melgoriens neufs. La même année, Raymond Delpuech se donna lui et ses biens, à la même maison, dont il devint plus tard administrateur. Il légua de nombreux biens qu’il possède comme un champ et le rivage de la Maladrerie, ainsi qu’une rente d’une émine (mesure de volume de grains) de froment, sur le moulin de l’Ayrolle (Jules Artières, Millau à travers les siècles, 1943). Avec son titre de « frère », il gère en 1205 la « maison des malades de Trasgiect » (maison des malades du passage du Tarn) (Mémoires de la société des Lettres de l’Aveyron, T.XXI, p.554, 1921).

Françoise Galès ajoute : « Chapelle et chapelains sont mentionnés en 1178, Jean Affre, chapelain de 1178 à 1201, a pour mission , comme ses successeurs, d’assurer l’office religieux, d’administrer les derniers sacrements aux lépreux mourants ainsi que de procéder aux inhumations » (La Maladrerie Saint-Thomas, Inventaire du Patrimoine, 2010).

Deux lépreux se voient refuser l’entrée de la ville. Enluminure du XIVe siècle.

En 1189, Guill. de Roudolès, est maître et administrateur de la Maladrerie.

En 1196, Dorsde de Pelacor, issu d’une famille noble qui habitait au fond de la rue Peyrollerie laissa à a la Maladrerie tout son avoir qui était très considérable et voulut être enterré dans le cimetière de la Maladrerie.

Grâce à ses dons et à une foule d’autres qui furent faits avant la fin du XXe siècle, la léproserie de Saint Thomas put se suffire et remplir le but pour lequel elle avait été fondée.
En 1278, Odon de Fabrègues, « baille » et administre la Maladrerie.

La lèpre

Apparue en France dès le IIe siècle de notre ère, la lèpre se développe surtout entre le XIIIe et le XVe siècle. Au début du XIIIe siècle, le royaume français compte alors 4.000 léproseries abritant environ 60.000 lépreux.

Les signes de la lèpre sont facilement reconnaissables. Visages déformés, atrophie des mains, des doigts de pieds, formation d’écailles sur le corps, ce qui les rend aussitôt repérables. Dénoncé, le lépreux passe devant un jury formé d’un prêtre, d’un prévôt et d’un médecin qui le condamnent à rejoindre une maladrerie. Avant son départ, une messe des morts est célébrée durant laquelle le prêtre verse sur la tête du lépreux de la terre du cimetière pour lui signifier qu’il appartient désormais au royaume des morts.

Ces hôpitaux étaient établis près des villes au bord des grands chemins et à proximité d’un cours d’eau. Près des villes pour que l’aspect des lépreux fut toujours présent à l’esprit des citadins charitables ; au bord des grands chemins afin que les quêtes fructueuses, fussent une ressource considérable pour les lépreux et aussi probablement, afin d’offrir un gîte aux mendiants voyageurs et pèlerins contaminés : à proximité d’un cours d’eau parce que les ablutions devaient entrer dans le traitement de cette maladie.

Description des lieux

La Maladrerie comprenait un ensemble de bâtiments d’habitation, un cimetière et une chapelle. Séparés, les hommes et les femmes, lépreux comme ceux qui se destinent à les aider, sont logés dans différents bâtiments regroupés autour d’une cour. Les hommes sont regroupés dans quatre habitations, les lépreux dormant dans « l’hôpital des hommes » (F. Galès)

En 1420, Imbert de Patris charge son héritier de payer aux Consuls de Millau la somme de 250 livres pour qu’ils fassent changer la maison des Lépreux du pied de la Côte Roumive au pied du champ de l’Hôpital Mage- Nous voyons par ailleurs qu’une maison fut construite en 1445 devant la chapelle Saint-Thomas. – Enfin, en 1468, Mgr le Patriarche d’Antioche, ancien évêque de Rodez « que es estat de Rodes » , verse la somme de 24 l. 16 sols pour réparations ou constructions nouvelles à la Maladrerie Saint Thomas « a la enfermaria de san Thomas » (infirmerie) (Archives de Millau, CC.416).

Plan extrait de l’Atlas de Trudaine (Archives nationales de France)

En 1728, une glacière est construite à la Maladrerie. Elle est encore visible près des serres municipales.

« La glacière est construite par Frère Espaignol qui se charge de diriger la construction. Elle est ouverte en 1729. La vente de glace est de 3 deniers la livre au profit de l’hôpital. En 1732, le maçon Triadou achève la voûte ; il est payé 4 livres 10 sols par canne carrée y compris les fournitures de chaux et de sable, mais il doit entretenir le bâtiment pour 3 ans, couvrir le rèvelin (partie extérieure) avec de la glaise et de la « fenasse » et faire mettre les portes nécessaires. Un nommé Lavit afferme la glacière pour cinq ans moyennant 25 livres par an, au profit de l’hôpital » (Archives municipales de Millau, extrait des archives hospitalières, recherches de Jacques Frayssenge).

La glacière près des serres municipales.

La maison de la Maladrerie de Millau, qui ne relevait d’aucune autre, et qui avait sa vie propre et une existence indépendante, semble avoir été d’abord gouvernée par des religieux (morgues) dont le chef prenait le nom de prieur. Un ou deux prêtres y faisaient le service religieux et on y récitait en cœur l’office canonial comme dans les couvents. A côté de l’église, il y avait un cimetière, où plusieurs personnes de Millau et des environs, poussées par un sentiment de profonde humilité chrétienne, se firent enterrer avec les lépreux et les moines qui s’étaient consacrés à leur service. Tous les ans, à l’anniversaire de leur mort, on allait faire l’absoute sur leur tombe.

Comme nous le rappelle Françoise Galès : « Au XIVe siècle, comme à Rodez ou Narbonne, la « maison » est administrée par les magistrats de la ville, véritables maîtres dans l’assistance locale, après l’avoir été dans les premiers temps par des religieux. Le gouvernement de la Maladrerie est dévolu au chef de la communauté , le bayle et administrateur de la maison. Deux personnes pouvant être extérieures à l’établissement, assument le rôle de maître de la Maladrerie et de chapelain. Ils sont choisis par l’évêque ou les consuls » (La Maladrerie Saint-Thomas, Inventaire du Patrimoine, 2010).

La chapelle Saint Thomas (© Dominique Rolland)

En 1475, Pierre Fau est administrateur de la Maladrerie.

En 1483, on décide d’y envoyer les pestiférés afin de protéger la ville, profitant de sa situation hors les murs (Jules Artières, documents sur la ville de Millau, 1930).

Ambroise Paré nous montre le lépreux « les yeux étincelants, les narines bouchées par les ulcères, la langue noire et couverte de graines, l’haleine puante, le cuir crespy » (couvert de croûtes). C’est par l’isolement aussi rigoureux que possible qu’on vint à bout du fléau.

En 1598, David Bonnes administre la Maladrerie.

Carbasse de St Rome de Tarn mourut de ce mal car on ouvrit son cadavre et il fut trouvé « saisi de lèpre ». Deux femmes de sa famille soupçonnées d’être atteintes sont contraintes de quitter la ville. Pour se laver de cette accusation, elles consentent à subir un examen médical devant le Docteur Voisin de Millau (1607.- Conducher).

Dès le XVIe siècle, le mal a à peu près disparu et les léproseries, sans objets, furent unies aux hôpitaux.

Le rattachement à l’hôpital de Millau

Il y avait, dans la salle du conseil de l’hôpital de Millau (Hôtel Dieu), un tableau représentant une grande dame qui soigne un prétendu lépreux. Au bas de ce tableau se trouve la légende suivante :

Portrait de Madame Imberte, princesse d’Aragon, fondatrice du petit Hôtel Dieu et Maladrerie de Saint-Thomas réunis à l’Hôpital général de Millau l’an 1616.

D’après le cartulaire où sont consignées les donations faites à la maison de Saint Thomas, depuis sa fondation jusqu’en 1330, on ne voit jamais figurer le nom de la princesse Imberte, comme fondatrice, ni bienfaitrice de cet hôpital. On y voit, au contraire, les comtes de Rodez et un grand nombre d’autres personnes, ce qui nous porte à croire que le tableau, fait au XVIIe siècle, d’après une tradition erronée, représente un personnage dont l’existence est très douteuse et auquel on a attribué la fondation d’une maison dont on avait oublié les origines.

Dame Imberte.

Les derniers lépreux de Millau nous sont connus grâce au travail d’Albert Carrière :

« Ce sont probablement les membres d’une famille Dubois qui occupent la Maladrerie en 1624. Le 16 janvier, Dubois fait quittance à l’hôpital de la pension qu’il prend annuellement consistant en 18 setiers froment 6 charges gros bois, 5 cartes sel, deux pourceaux gras, 12 cartons huile, 18 l. fromage, une charge de foin, 2 charges paille et 2 agneaux regords. »
Comparée aux pensions alimentaires individuelles de l’époque celle de Dubois doit suffire à trois personnes et à un plus grand nombre si on y ajoute le revenu du petit « temporel » de la maladrerie, le produit des quêtes et le fruit du travail des lépreux.

Paul Dubois fait quittance à Jean Antoine de Tauriac, seigneur du Monna et à P. de Gualy seigneur de la Gineste de la somme de 20 livres pour payement des réparations qu’il aurait faites à la chaussée du moulin du Pont vieux et led. Seigneur de Gualy comme propriétaire du moulin de Roque (près Millau : il y avait un moulin à battre la poudre. P. Dubois ne sait pas signer. Cet acte est reçu par l’ouvroir du notaire Conducher.
L’acte suivant prouve que Dubois usait des terres de la Maladrerie en vrai propriétaire : « Ant. Dubois malade lépreux de la maladrerie St-Thomas de la présente ville consent une locaterie perpetuelle à Me Jean Bournac maître écrivain habitant dud. Millau d’une vigne vieille ruinée qu’il avait dans le valat de Saint Thomas contenant 8 journées à fossoyer moyennant 2 quartiers vin rouge pur et marchand à la canelle à la fête de Saint-Martin (19 octobre 1654, Delmas).

Enfin, l’acte suivant nous fait connaître la manière dont se recrutaient les ladres.
« Les consuls de Millau administrateurs de la léproserie de St Thomas dépendante de l’hôpital mage sachant Ant. Dubois et Marguerite Carcine à présent possédant lad. Maladrerie avoir été agrégés et affiliés en icelle par les consuls leurs prédécesseurs et du mariage dud. Dubois et Carcine avoir été procrée P. Dubois leur fils lequel désirant se colloquer en mariage avec Claire Armandoune fille de Jean Armand et Catherine Jauberte mariés de la maladrerie de Polignac diocèse du Puy en Velay iceux P. Dubois et Claire Armandoune ensemble led. Armand son père désirant être agrégés et affiliés en lad. maison St-Thomas conjointement avec lesd. Dubois et Carcine mariés en auraient présenté requête auxdits Sr consuls qui les affilient. Ils portent dans la maison 50 livres chacun suivant la coutume somme convertie en meubles et denrées au profit de lad. Maladrerie…

Conjointement, ils jouiront des fruits, profits, revenus et émoluments de lad. Maladrerie en la même forme que leurs devanciers…à condition toutefois de se porter et contenir en toute modestie sans aucune riotte ?? ni contention ? mais user de la consolation les uns envers les autres comme frère et enfants d’une même maison…si le nombre de 6 personnes n’est pas atteint aucunes personnes ne pourront être agrégées ni affiliée en lad. maison que les enfants qui naîtront dud. mariage et moyennant 50 livres chacun lorsqu’ils seront agrégés et affiliés. Et sera led. P. Dubois le chef de lad. famille ( 2 mars 1664, Descuret.) » (Journal de l’Aveyron, 31 décembre 1922)

La chapelle Saint-Thomas au début du XXe siècle (fonds Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron).
Chapelle vers 1930.

C’est cette même année 1664 que la chapelle qui avait été bâtie à l’époque de la fondation de la Maladrerie et qui fut détruite par les Calvinistes, au temps des guerres religieuses fut reconstruite. La ville de Millau qui par ses consuls « qui dès leur entrée en charge, jurent de défendre et de conserver l’Enfermeria ou la Maladrerie ». reconstruit à ses frais cet édifice religieux, qui existe encore et sur la porte duquel on lit l’inscription suivante :

Par le soing et la diligence,
De Pierre Lacroix et Pierre Fabre,
Administrateurs
De l’hospital Mage de la ville de Milhau,
Cette chapelle a été bastie
A l’honneur de dieu et de Saint Thomas,
L’an 1664

Le 21 décembre 1779, l’abbé Lacoste chapelain, aumônier de l’hôpital et actif réalisateur de travaux de défense de berges indiquait que la chapelle avait restaurée, qu’il procédait à sa bénédiction, où, précisait-il, le culte n’avait pas été célébré depuis trente ans.

Un siècle après l’abbé Joseph Rouquette s’attriste du sort de cette chapelle : « Il est à regretter que cette chapelle n’ait pas conservé sa destination et plus à regretter qu’on en ait fait une étable où on loge les brebis. » (Recherches historiques sur la ville de Millau au Moyen Age, 1888).

Sa dernière restauration remonte à 1966. C’est aujourd’hui le seul bâtiment qui subsiste de l’ancien établissement charitable destiné aux lépreux.

On allait souvent chercher du bois sur les rivages de la Maladrerie : « Un enfant s’est noyé le 22 de ce mois (septembre), dans le Tarn, auprès de Millau ; il paraît que le courant l’a entraîné au moment où il allait chercher du bois dans le petit îlot qui se trouve en amont du pont de pierre » (Journal de l’Aveyron, 27 septembre 1843)

Deux bâtiments apparaissent sur le cadastre de 1830, ils étaient encore présents au XIXe siècle et occupés, comme nous le rappelle cet article de décembre 1882 :

« Ce matin, vers neuf heures, la femme Guibert, fermière du domaine de l’hospice de Millau, situé à la Maladrerie, voulant rentrer chez elle et désirant éviter un long détour, a demandé au passeur du bac, qui se trouve placé auprès de l’ancien pont de fer sur la rivière du Tarn, de vouloir bien la conduire de l’autre côté de la rive. Ce dernier s’y est obstinément refusé prétextant, avec juste raison, que le courant du Tarn, grossi par la fonte des neiges et la pluie de ces derniers jours, est encore trop rapide pour qu’on puisse traverser cette rivière sans danger.
La femme Guibert, pressée sans doute de rentrer dans son domicile, s’est alors aventurée seule dans le bateau. Arrivée au milieu de la rivière, le câble qui retenait la barque s’est rompu et l’embarcation s’en est allée à la dérive, emportant cette infortunée qui poussait des cris désespérés pour réclamer du secours. Lorsque la barque est arrivée à la chaussée qui se trouve auprès du pont Lerouge, elle a chaviré et la femme Guibert, victime de son imprudence, a été engloutie dans les eaux.
Malgré les plus actives recherches faites depuis ce matin par la police, le cadavre de cette malheureuse femme, qui s’était mariée il y a quelques mois à peine et qui n’était âgée que de vingt-cinq ans, n’a pas encore été découvert » (Le Messager du Midi, 19 décembre 1882).

Les inondations successives ont fait disparaître l’ensemble des constructions. Ne subsistent que la modeste chapelle et la glacière comme ancienne possession de l’hôpital général.

Marc Parguel