Creissels. La poétesse Anne-Marie Bernad à nouveau primée

Ruthénoise avec de solides attaches creisselloises, la poétesse Anne-Marie Bernad, vient d’être à nouveau primée.

En effet, lors de la distribution des « Grands Prix de Poésie » décernés par la prestigieuse « Académie des Jeux Floraux » de Toulouse, il lui a été attribué le très prisé et envié « Prix Pierre-Massé » pour son récent ouvrage « L’Ancre des mots ».

Ce recueil poétique a été publié par les éditions « L’Harmattan » de Paris dans la série des « Poètes des cinq continents ». Il comprend huit parties dont les titres : « Les voies secrètes, Ailleurs, A la fin…» annoncent les thèmes évoqués par une poésie « empreinte de mystère ».

Quand après l’avoir jetée, la poétesse lève l’ancre, elle déchaine une vague des mots qui emporte son esprit révolté vers les rivages lointains de terres inconnues dont la découverte révèle un univers dantesque qui, par un étrange paradoxe, apaise l’âme du lecteur. Ainsi dans tous les vers de chaque poème, sa foi inébranlable et sa juste colère transparaissent pour exprimer une sensibilité exacerbée par les malheurs de la condition humaine, mais aussi pour affirmer avec certitude une confiance dans le destin de l’homme.

L’annonce du palmarès 2020.

Déjà, en 2015, elle avait réagi devant l’horreur de l’exode tragique des réfugiés syriens fuyant leur pays, en trouvant les mots justes pour décrire des scènes insoutenables dans des vers où le réalisme côtoie le lyrisme, mais aussi pour dénoncer « le recul de l’homme dans sa mémoire ». Son poème avait été intégré par Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du « Printemps des Poètes » dans une anthologie intitulée « Insurrection poétique » qui regroupe des œuvres de nombreux poètes classiques et contemporains.

Si Anne-Marie Bernad figure au sommaire des principales revues d’expression française, il convient de rappeler qu’elle a publié une dizaine de recueils poétiques, parmi lesquels « Entre sable et argile » qui a obtenu le Prix Voronca en 1973. Ce prix a été fondé en 1951 par le poète ruthénois Jean Digot en souvenir d’Ilarie Voronca, écrivain roumain, réfugié pendant l’occupation dans le village de Moyrazes. D’ailleurs, plusieurs poèmes d’Anne-Marie Bernad ont été traduits en roumain par les revues Arca et Poézia.

L’Académie des Jeux Floraux est depuis sept siècles le symbole du rayonnement culturel de Toulouse. Cette société littéraire, la plus ancienne du monde occidental connue à ce jour, a été fondée à la Toussaint de l’année 1323.

Depuis, l’Académie organise chaque année des concours pour récompenser par des prix littéraires, les auteurs des meilleures poésies en français et en occitan, afin de défendre « l’excellence culturelle ».

L’Hôtel d’Assézat à Toulouse (© Wikipedia)

La société siège à l’Hôtel d’Assézat situé près de la place Esquirol, à Toulouse. La construction de ce magnifique hôtel particulier a été commencée en 1555 par Nicolas Bachelier, qui était le plus grand architecte toulousain de la Renaissance, puis terminée en 1562 par son fils, Dominique Bachelier. C’était une commande de Pierre Assézat, aveyronnais originaire d’Espalion, qui s’était enrichi dans le commerce du pastel.

Anne-Marie Bernad mérite d’être vivement félicitée pour cette distinction qui honore l’Aveyron, Rodez, mais aussi Creissels, dont son époux Christian est originaire. Cet ancien Président et fondateur de l’Association pour l’aménagement de la vallée du Lot, dont on vient de célébrer le 50ème anniversaire, est le fils d’Alphonse Bernad qui, maire du village de 1944 a 1977, a laissé à Creissels un souvenir toujours pérenne.

Bernard Maury, natif de Creissels