La Fontaine du Teil (Saint-Pierre-des-Tripiers, Causse Méjean)

La Fontaine du Teil  parfois appelée « source du Tel » est située à 1200 mètres au sud-ouest du hameau de Cassagnes, 50 mètres en contrebas du plateau et non loin de l’antique chemin en partie effacé allant de Capluc à l’ermitage Saint-Pons autrefois appelée Roquevaire.

C’est bien plus qu’une simple exsurgence : c’est un point géographique fort connu et apprécié des touristes qui y ont fait de mémorables déjeuners.

Autrefois, le lieu était chargé d’ex-voto des fidèles venus ici se désaltérer dans l’eau limpide et se rendant à l’ermitage de Saint-Pons. Toujours abondante et fraîche, la fontaine du Teil est intarissable.

Son nom lui vient de « telh » : le tilleul. Ses fleurs sont cueillies pour faire d’excellentes tisanes.

La source du tilleul, toujours fraîche, dans son bouquet végétal se présente sous un filet d’eau sortant d’une vasque sous un auvent rocheux. En fait, c’est une double source (deux points d’émergence superposés), comme nous le rappelle Edouard-Alfred Martel : « La double fontaine du Teil (783 mètres)… désigne une halte accomplie pour le déjeuner (temp.8-10°C.). Sa situation élevée semble paradoxale en ces hauteurs dolomitiques… C’est presque une source de sommet. Elle sort de deux fissures de la roche et tombe dans un bassin naturel souvent sali par les lavandières de Cassagnes (chênaie). Le site est juste au-dessus des obélisques de Saint-Pons, à peu près au niveau du sommet du Cinglegros » (Les Causses Majeurs, 1936).

Au-dessus de l’Aiguille de Saint-Pons.

Le spéléo Club des Causses ajoute : « C’est une source mystérieuse ! Sa zone d’alimentation est réduite à la pointe ouest du Méjean ; sa situation élevée dans les Gorges ne permet pas de comprendre pourquoi, de mémoire d’homme, elle est toujours fraîche et intarissable. Lors des colorations tentées en 1934 dans la grotte située 50 mètres au-dessus, sa limpidité légendaire ne fut point teintée en vert ! » (Spéléo Causse Méjean, 1982).

Les deux sources ne sont pas alimentées par le même ruisseau souterrain.

Martel et Paul Marres ont expliqué la présence de ces sources des hauteurs moins rares qu’on ne le croit sur nos Causses.

Comme le mentionne Albert Carrière : « Durant des siècles, voyageurs, marchands et les bêtes de somme se sont désaltérés à la première. Les ermites de Saint-Pons, au moyen de canaux de bois, ont pu en détourner un filet pour leurs besoins. Quant à la seconde, elle est plus accessible aux troupeaux et plus commode pour les lavandières de Cassagnes. » (Par monts et par vaux, Midi Libre, 9 août 1953)

Depuis, on a tenté de la capter à l’aide d’une canalisation enfouie, signalée par des bornes vertes enterrées. Un château d’eau, planté à la borne 904, reçoit à l’aide d’une pompe l’eau qui servira à alimenter le hameau de Cassagnes.

Marc Parguel