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Millau. La CGT Santé manifeste face à « un accès aux soins menacé »

Ce jeudi 22 septembre à 18h, à l’occasion d’une mobilisation nationale, la CGT Santé et Action Sociale du centre hospitalier de Millau invitait la population et les agents hospitaliers à manifester devant le tribunal pour dénoncer une nouvelle fois un « hôpital en danger » et un « accès aux soins menacé ». Une centaine de personnes a répondu à l’appel, dont quelques-unes du collectif « Çapassepas » et une poignée de gilets jaunes.

« La situation de notre hôpital se dégrade inexorablement, et le manque de professionnels de santé entraine une situation dramatique mettant en péril la population », dénoncent les syndicalistes. « Depuis quelques années, les successions de fermeture de lits et de services ne permettent plus à l’hôpital public d’assurer la totalité de ses missions. 30 ans d’économies ont eu raison de notre système de santé pourtant admiré dans le passé. A Millau comme ailleurs, l’offre de soin se dégrade. Les politiques successives et le management de notre direction sous l’égide de l’ARS tue un peu plus chaque jour notre hôpital », a déclaré Corine Mora, déléguée CGT Santé et Action Sociale à l’hôpital de Millau, en prenant le micro.

La crainte de la fermeture de la maternité

A Millau, cela se traduirait notamment par une fuite des médecins, avec par exemple deux gynécologues à temps partiel sur quatre, « dont un à 80 % et l’autre qui travaille deux jours par semaine ». « Autant vous dire qu’il y a des trous dans la raquette », a ironisé Corine Mora. « Cela s’est traduit la semaine passée par un mail de notre direction annonçant la fermeture de la maternité pour deux jours. Fermeture qui n’a finalement pas eu lieu, car un remplaçant a été trouvé in extremis. Mais cette problématique risque malheureusement de se représenter rapidement. »

« Un psychiatre parti fin août, un autre sur le départ en fin d’année », et c’est la fermeture de la psychiatrie qui est à redouter selon les manifestants qui assurent qu’un seul psychiatre sur cinq fait tourner le service sur tout le sud Aveyron.

Corine Mora, déléguée CGT Santé et Action Sociale à l’hôpital de Millau.

« Une seule pharmacienne tient à bout de bras la pharmacie de l’hôpital depuis le mois de juin en travaillant non-stop, renchérit la déléguée CGT Santé. Elle est épaulée très ponctuellement par une pharmacienne à la retraite et une autre en remplacement qui va venir quelques jours ce mois-ci. »

« Un accès aux soins pour tous »

Cette « fuite des médecins » s’ajoute à une situation déjà tendue avec un service de soins de suite et de réadaptation (SSR) encore fermé et qui le restera « au moins jusqu’au mois de janvier 2023 ».

Autres problèmes soulevés par les manifestants, les urgences, « privées de lits d’aval », qui auraient été « à deux doigts de la rupture cet été » comme dans tous les hôpitaux français, et les services dits « aigus » (chirurgie, médecine, unité de surveillance continue), « saturés de plus en plus souvent ».

Ce dont on parle aujourd’hui, ce n’est pas de l’hôpital médian entre Millau et Saint-Affrique. Ce dont il est question aujourd’hui, c’est du court terme, c’est de savoir si ce week-end on aura un anesthésiste, si ce week-end on aura un gynéco, si la maternité va fermer ».

Corine Mora

« L’accès aux soins est de plus en plus compliqué et les délais de prise en soin augmentent, dénonce la CGT Santé et Action Sociale de Millau. Dans certaines disciplines, les médecins ne peuvent pas admettre de nouveaux patients faute de lits disponibles pour les hospitalisations ou de créneaux disponibles pour les consultations. Le manque de paramédicaux ne cesse de croître. Une mise en stage plus rapide pourrait limiter les départs de ces personnels. L’effort fait pour certains métiers par la direction n’est pas à la hauteur de la pénurie. »

Aussi, ce soir devant le tribunal de Millau, les manifestants demandaient à l’Etat « d’assurer un accès aux soins pour tous », en rappelant que ceci est « un droit fondamental ». « Après avoir interpellé madame la maire, le sous-préfet, et l’ARS mi-juillet, nous avons envoyé un signalement au Procureur de la République. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici devant le tribunal, nous sommes toujours en attente d’une réponse », a déploré Corine Mora.

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