Une photo prise à Aguessac en avril 2020.

Aguessac d’hier

L’ormeau ou orme champêtre (Ulmus Campestris)

L’Arbre de la Liberté est, à l’époque de la Révolution, l’un des signes symbolisant, entre autres, la liberté. Plantés, en général dans l’endroit le plus fréquenté, le plus apparent d’une localité, comme signes de joie et symboles d’affranchissement, ces végétaux devaient grandir avec les institutions nouvelles.

À l’époque de la Révolution, par imitation de ce qui s’était fait en Amérique à la suite de la Guerre de l’Indépendance avec les poteaux de la Liberté, l’usage s’introduisit en France de planter avec cérémonie un jeune peuplier dans les communes françaises. Les plantations d’arbres de la liberté se multiplient au printemps et à l’été 1792 : la France, en guerre contre l’Autriche, est saisie d’un élan patriotique, et la défense de la patrie se confond avec celle des conquêtes de la Révolution. L’arbre devient donc un symbole fort de l’idéal révolutionnaire.

La plantation des arbres de la liberté se faisait avec une grande solennité, toujours accompagnée de cérémonies et de réjouissances populaires auxquelles prenaient part, dans un même enthousiasme patriotique, toutes les autorités, magistrats, administrateurs, et même le clergé, prêtres, évêques constitutionnels et jusqu’aux généraux. Ornés de fleurs, de rubans tricolores, de drapeaux, de cartouches avec des devises patriotiques, ces arbres servaient de stations comme les autels de la patrie aux processions et aux fêtes civiques. (Wikipedia)

Une photo prise à Aguessac en mai 1991.

La maladie de l’ormeau : la graphiose de l’orme

Un variant exceptionnellement pathogène d’un champignon transporté par des scolytes a décimé les ormes. Les scolytes sont de petits insectes xylophages de l’ordre des coléoptères. Ces insectes xylophages creusent des galeries sous l’écorce des ormes âgés ou affaiblis, provoquant leur dépérissement. Ils sont aussi le vecteur d’un champignon, agent de la graphiose de l’orme, grave maladie fongique des ormes. (Wikipedia)
Nous pouvons constater qu’en cette période de mai 1991 (date de la photo), l’ormeau n’avait pas repris vie, les feuilles étaient absentes. La graphiose de l’orme, qui menaçait l’ormeau depuis plusieurs années, a eu raison de lui.

Article paru dans Midi Libre du 3 mai 1991 :

« On s’y attendait bien un peu, à Aguessac, puisqu’on savait qu’un jour ou l’autre il faudrait en passer par là. Mais cela fait quand même mal au cœur… Il est mort l’arbre de la liberté !
Ce vénérable ormeau avait été planté par les anciens en 1793, sur la place dite précisément place de l’Ormeau. Et c’était un arbre monumental, qui a abrité de son ombre paisible tant de générations de Nagassoles et Nagassols. Il menaçait de tomber et la municipalité, à son corps défendant, a dû prendre la décision pénible de l’abattre. Non pas entièrement toutefois, puisqu’il s’agit de préserver dans la mesure du possible le tronc, jusqu’à une hauteur de deux mètres au-dessus de la fourche.
C’est l’entreprise Guilloton de Millau (élagage, abattage) qui a entrepris ce travail, hier matin, et la municipalité décidera ultérieurement de ce qui pourra être fait pour utiliser ce tronc, afin que ne meure pas tout à fait le souvenir de l’arbre de la liberté. »

Ce ne fut pas le cas, puisque le tronc de l’ormeau d’Aguessac a été coupé à sa base. Nous pouvons remarquer en passant dans le village du Caylar (Hérault), sur la place centrale le tronc d’un ormeau qui a lui aussi subit cette grave maladie ; il a été conservé, sculpté et protégé.

L’arbre sculpté du Caylar.

Ce vénérable ormeau avait été planté par les anciens en 1793, sur la place dite précisément place de l’Ormeau. Et c’était un arbre monumental, qui a abrité de son ombre paisible tant de générations de Nagassoles et Nagassols (et d’animations). Comme dit l’article.

La foire, du 5 novembre à Aguessac, avait une grande renommée. Les vendeurs comme les acheteurs venaient de tous les départements limitrophes.

C’est par arrêté préfectoral du 30 août 1927 qu’Aguessac était autorisé à créer un marché de vente en gros de fruits, tous les jours pendant la récolte des cerises et les mardis, jeudi et samedi pendant la récolte des amandes fraîches, des pommes, des poires, etc. Ce marché se tenait sur la place haute (place de l’Ormeau) ; il était interdit de vendre ou d’acheter sur la voie publique en dehors du marché et de peser ailleurs qu’à la bascule publique. Les droits de pesage étaient seuls perçus et étaient fixés à cinquante centimes par colis pesé.

Aussi loin que remontent les récits des anciens, l’été au village a toujours eu un goût de fête. « Il y avait un temps pour travailler et un temps pour s’amuser ». C’était la fête du quinze août !

Aujourd’hui, la fête de la musique, la fête du quinze août et le marché des producteurs animent toujours l’été au village.

Aguessac d’aujourd’hui

La place de l’Ormeau a changé de visage lors de l’opération cœur de village en 1998. Aujourd’hui, la fête de la musique, la fête du quinze août et le marché des producteurs animent toujours l’été au village.

A cette même période, en 1998, le pont d’Aguessac a refait peau neuve ; des travaux très conséquents de consolidation, réfection du tablier et des parapets auront permis d’accepter un trafic plus dense et surtout des charges plus importantes.

Le pont sur le ruisseau le Lumensonesque, était cité dans des écrits en 1293 (Pontem de Agassac) ce qui permettait la liaison de Millau, Paulhe et au travers du Bac de Lumenson, Compeyre, Aguessac et la route du Gévaudan. Ce pont fut emporté par une crue le 22 août 1573.

Une photo prise à Aguessac en avril 2020.

En 1670, les consuls demandent à l’intendant dans quelle mesure la généralité pourra participer à la réfection du pont. Ce travail ne commence qu’en 1676.

Quelque deux cents ans plus tard la route nationale 107 bis, actuellement C.D. n° 907, était une des routes les plus fréquentée du département, car la ligne de chemin de fer passant à Aguessac appartenant à la Compagnie du Midi, inaugurée le 24 mai 1880, était en pleine expansion.

L’exploitation forestière battait son plein et de nombreux convoyages de bois étaient organisés du mont Aigoual vers la gare du chemin de fer d’Aguessac, afin de constituer des trains entiers de marchandises. Ces convois empruntaient le pont qui enjambe le Lumensonesque et celui-ci se révéla trop étroit nombreuses furent les plaintes des habitants d’Aguessac et des communes voisines au sujet de graves accidents survenus sur ce pont. Il fallut attendre une cinquantaine d’années (vers les années 1930) avant que l’élargissement, qui se remarque très bien, ait été réalisé.

Claude Trémolet