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Millau. Les vœux de Sud Santé Sociaux « pour un électrochoc »

Alors que le nouveau bureau du syndicat Sud Santé Sociaux vient d’être élu, en ce début d’année, ses membres ont souhaité faire un point de la situation concernant l’offre de soin en sud Aveyron. À cette occasion, ils ont émis le vœu d’un « électrochoc », et même s’ils ne battent pas le pavé, assurent une veille permanente sur les décisions des hautes autorités de santé qu’elles soient nationales ou impactent directement notre territoire.

Un système de santé national fragilisé

La nomination de Catherine Vautrin, désormais ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, sonne un peu comme le début de la fin pour les membres du syndicat Sud Santé solidaire. En effet, le profil de la nouvelle ministre plutôt conservatrice, et ses dernières déclarations ne rassurent guère les syndicalistes locaux. Pas plus que « les politiques d’austérité et restrictives menées en 2023 dans le monde de la santé et un sous-investissement chronique » qu’ils dénoncent et qui, ils l’assurent « fragilisent le système de santé sans prendre la mesure des problèmes ».

« Le déficit cumulé des hôpitaux publics devrait dépasser 1 milliard d’euros en 2023, en 2022, 6 700 lits ont été fermés en France, la profession n’attire plus les nouveaux personnels, les services ferment partout faute de praticiens… » se désolent les syndicalistes qui expliquent que « la profession a souffert ces dernières années, que le système de santé continue de se dégrader et que cette situation a des répercussions directes sur le sud-Aveyron et entraîne un fonctionnement dégradé ».

Le sud Aveyron n’est pas épargné

« Pendant l’été près de la moitié des lits de médecine ont dû être fermés faute de médecin, ce qui a provoqué des tensions sur les autres services et nous a contraint à diriger les patients vers d’autres structures, dans d’autres villes. On manque de médecins, notamment en chirurgie viscérale, les places en SSR sont toujours en nombre insuffisant, en pédiatrie, on fonctionne avec des intérimaires, rien n’est pérenne. Les prises en charge augmentent depuis la crise covid en psychiatrie, pourtant, il n’y a pas assez de praticiens », constatent les syndicalistes qui se disent « inquiets du sort de certains services entre la pose de la première pierre de l’hôpital commun et son ouverture au public ». Un nouvel établissement auquel le syndicat n’est d’ailleurs historiquement pas favorable. « On se bat pour le maintien de l’offre actuelle de soin et le maintien des services et des effectifs, le combat il est là aujourd’hui et demain », déclarent-ils.

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Un directeur seul

Millau et plus largement le sud du département ne sont donc pas épargnés par la crise du secteur de la santé, et ce apparemment, même dans les plus hautes sphères. « L’ancienne directrice est partie au mois de mars 2023, depuis, nous avons un nouveau directeur par intérim en attendant les fumées blanches qui annonceront la nomination du nouveau » expliquent les représentants Sud Santé Sociaux, qui précisent que « toute l’équipe de direction (directeur général, des ressources humaines, des affaires financières et des affaires médicales) est partie, et que malgré quelques récentes arrivées, le directeur est bien seul, alors que la Cour des Contes avait déjà pointé dans son dernier rapport, un déficit de pilotage stratégique ». Pour eux, c’est « une preuve que l’hôpital de Millau et son personnel est directement soumis aux ‘non’ décisions de l’ARS ».

Le vœux d’électrochoc

Toutefois, Sud Santé Sociaux, ne veut pas « tomber dans la sinistrose » et souligne des points positifs, comme l’arrivée d’un pédopsychiatre, de nouveaux pharmaciens, d’anesthésistes et de chirurgiens orthopédistes sur l’hôpital de Millau. Des avancées notables, mais « insuffisantes » pour le syndicat qui poursuit son combat « pour une offre de soins adaptée au bassin de vie ».

« Alors que tout augmente (énergie, alimentation, transports, loyers, salaire des grands patrons et dividendes des actionnaires), il faut qu’il y ait un “électrochoc” pour la politique de santé publique. Il faut donner les moyens de le pouvoir, il faut renforcer les solidarités pour que chacun puisse accéder à des soins locaux et gratuits », souhaitent l’ensemble des membres de Sud Santé Solidaire pour l’année 2024.

Sud Santé Sociaux accompagne les personnels des hôpitaux, EHPAD, mais aussi du médico-social et tient des permanences les mardis après-midi et vendredi matin sur rendez-vous, le jeudi matin en accès libre, au 2 avenue Pierre Sémard sur le site de l’hôpital Sainte-Anne. Contact : 05 65 61 43 42 ou par mail à sud@ch-millau.fr.

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