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Millau. Les policiers veulent du respect et des moyens

Mercredi 19 mai, des milliers de policiers se sont rassemblés en France pour une manifestation intersyndicale. Elle fait suite à l’assassinat de Stéphanie Monfermé par un homme radicalisé le 23 avril dernier ainsi qu’au décès d’Éric Masson volontaire ment fauché par un chauffard qui voulait échapper à un contrôle de police le 5 mai.

Patrice Ricard, délégué local, et Yoann Lombart délégué départemental d’unité police SGT FO ont tenu à participer à distance à cet hommage national en y associant Benoit Vautrin, un policier Decazevillois tué en service en 2015 par un conducteur en excès de vitesse qu’il tentait d’interpeller.

Derrière ces drames, c’est toute une profession qui souffre et dénonce un manque de moyens et d’effectifs. En Aveyron en 5 ans 20 % des effectifs ont disparu. Les policiers expliquent devoir faire face à une forte montée de la violence sur le terrain et réclament à la justice française d’être plus sévère contre les agresseurs des forces de l’ordre.

L’occasion pour les deux délégués syndicaux d’évoquer l’affaire de leur collègue blessé à l’oreille lors du premier anniversaire des Gilets jaunes à Saint-Germain au cours d’une altercation avec les forces de l’ordre.

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Le policier millavois a depuis repris son service, mais « a perdu une partie de l’audition et aura des acouphènes à vie ». Si l’administration a reconnu sa blessure en service, ce n’est malheureusement pas le cas à ce jour pour la justice française qui a relaxé le prévenu la semaine dernière « compte tenu des doutes qui subsistent dans le dossier », et ce malgré deux témoignages de gendarmes qui viennent corroborer les faits. Une décision alors qualifiée de « lamentable » par Yoann Lombart et condamnée par l’ensemble des effectifs aveyronnais.

Je n’accuse pas la justice de tous les maux, elle a ses problèmes, mais ces faits sont des alertes, il y a des caps à ne pas franchir, quand un policier est blessé la moindre des choses c’est qu’il soit reconnu en tant que victime ».

Le parquet a depuis fait appel de la décision, les policiers attendent désormais « sereinement la suite qui sera donnée à cette affaire ».

Le malaise de l’uniforme

En un an, ce sont 20 policiers qui ont été blessés en service en Aveyron soit 10 % des effectifs sur des interventions « banales » (domicile, disputes, bagarres.)

Les deux policiers regrettent qu’il n’y ait plus « de respect de la fonction » et avouent être face à une augmentation de la violence, expliquant que chaque intervention peut déraper à tout moment et se sentir « de plus en plus en danger ».

Mettre la tenue et sortir, c’est un métier qui devient trop difficile, pourtant, on connait les risques de notre métier, mais il faut qu’on soit protégés. Nous ne voulons pas que les gens aient peur de nous, on est là pour servir les gens et protéger les plus faibles. Nous voulons être respectés ».

Au niveau national, les forces de l’ordre souhaitent que l’exécutif prenne des dispositions pour des peines plus lourdes et effectives ainsi qu’une justice plus rapide pour les violences à l’encontre des représentants de l’autorité publique.

Localement, le commissariat devrait recevoir prochainement six policiers supplémentaires pour compléter ses effectifs. L’affaire qui oppose un membre du mouvement des Gilets jaunes à un policier millavois sera elle, prochainement jugée en appel. Les deux policiers syndicalistes aveyronnais affirment « se méfier des effets d’annonce et rester très prudents, en attendant les faits ».

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