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Millau. Rencontre avec Stéphane Chatellard, directeur de la Maison du Peuple

A la veille de l’embarquement vers la nouvelle saison culturelle 2022-2023 qui débutera ce vendredi 7 octobre avec le spectacle « Jetlag », rencontre avec Stéphane Chatellard, directeur du théâtre de la Maison du Peuple de Millau.


Millavois.com : La nouvelle saison ouvre le 7 octobre, quel sentiment prédomine chez vous à la veille de cette
première ?

Stéphane Chatellard : L’impatience ! Celle de retrouver le public bien sûr. Mais aussi l’inquiétude légitime sur le retour des publics après deux saisons compliquées par le Covid, mais aussi par la baisse du pouvoir d’achat.

Tant que l’on est sur le sujet, comment vous êtes-vous organisés pour ne pas trop subir les conséquences de cette baisse de pouvoir d’achat du public ?

La première chose, c’est qu’on a refusé l’inflation. On a maintenu les tarifs, comme depuis sept ans. C’était important. Ensuite, on accepte désormais le Pass Culture, ce qui va nous permettre d’accueillir de nouveaux publics qui ont droit à ce dispositif. Enfin, on a mis en place un système de billets suspendus qui fonctionne au-delà de nos espérances (plus de 200 billets l’an passé), dont peuvent bénéficier les personnes relevant des minimas sociaux, les jeunes de moins de 27 ans, etc. C’est un signe fort, car cela marque également la générosité de notre public et leur conscience active de lutter contre l’exclusion culturelle.

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Si on revient à la saison 2022-2023, comment la qualifieriez-vous en trois adjectifs ?

Actuelle. Surprenante. Variée.

Quel en sera l’apogée selon vous ?

Difficile de sortir un seul spectacle sur les 45 programmés, mais en matière de notoriété, cela devrait être François Morel. Son retour à Millau dans un spectacle consacré à Devos est un événement incontournable.

Et votre pépite ? La surprise du chef ?

(Silence…) Incandescence. Le dernier de la saison, le 13 mai. Sans doute un des meilleurs spectacles que j’ai vus depuis 10 ans. Adapté à tous publics, intelligent, drôle, original, pas trop intello et qui fait vraiment du bien !

Comment a été construite cette nouvelle saison ?

J’ai commencé par renforcer le festival de chansons « Les Givrées » en janvier, avec quinze concerts en dix jours. Ensuite, j’ai voulu que le spectateur puisse venir régulièrement en se disant qu’il peut découvrir de nouvelles choses. J’ai voulu attiser sa curiosité, que les personnes ne soient pas uniquement enfermées sur leur art préféré.

Comment la jugez-vous par rapport à la saison précédente ?

Plus équilibrée en projets émergents et en notoriété avec un retour à un rythme plus régulier. Je veux dire aussi qu’on a réussi à avoir des spectacles assez incroyables qu’on ne pourra pas se permettre de faire revenir dans deux ou trois ans parce que leur cote monte en flèche : Alain Damasiot, le violoniste Nicolas Dautricourt, Sophie Alour, récente gagnante des Victoires du Jazz 2022. C’est assez dingue pour une scène comme Millau et un territoire comme le Sud-Aveyron.

C’est quoi une saison réussie pour vous ?

Une bonne fréquentation déjà ! Avant le Covid nous avions entre 80 et 90 % de taux de remplissage, ce qui est assez exceptionnel en France où la moyenne est plutôt autour de 60 %. Mais surtout, une saison réussie c’est une saison dans laquelle on a réussi à attirer de nouveaux publics, de nouvelles formes de spectacles, en allant chercher des spectateurs ailleurs qu’à Millau et en faisant découvrir des spectacles différents à des habitués. Que les spectateurs nous fassent confiance en osant la découverte du cirque, du jazz, du théâtre, de l’humour, même si aujourd’hui ce n’est pas leur préférence.

Une saison réussie, c’est tout ce que l’on souhaite à l’équipe de la Maison du Peuple. En tout cas, tous les ingrédients sont réunis !

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