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L’incendie de Mostuéjouls n’est toujours pas maîtrisé ni fixé

Le feu de Mostuéjouls n’est toujours pas fixé, même si l’arrivée de deux colonnes d’intervention en soirée le 8 août et les moyens aériens déployés en matinée ce mardi 9 août ont permis de ralentir sa progression.

Les autorités redoutent plusieurs départs de feu dans les prochaines heures en raison de vents changeants annoncés par la météo. Pour l’heure, les habitants ne sont pas autorisés à regagner leurs domiciles et plus de 500 hommes et femmes luttent toujours contre l’incendie.

En début d’après-midi ce mardi 9 août, la préfecture de l’Aveyron, la sous-préfecture de l’arrondissement de Millau et le département de l’Aveyron, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers, l’armée et les maires des communes concernées ont conjointement tenu une conférence de presse pour faire un état des lieux et informer la population sur l’avancée de l’incendie de Mostuéjouls.

« Le feu sans précédent dans le département de l’Aveyron n’est à cette heure ni maîtrisé, ni fixé. L’objectif est bien entendu de circonscrire le feu, mais aussi de protéger la population ce qui a conduit la préfecture à évacuer les populations à proximité. En tout plus de 2000 entre 1h et 3h du matin par principe de précaution » a expliqué Isabelle Knowles, secrétaire générale de la Préfecture.

A cette heure, les conditions ne sont pas réunies pour que les habitants et les touristes regagnent leurs domiciles ou leurs lieux de villégiature, c’est donc une deuxième nuit compliquée qui s’annonce pour des centaines de personnes qui devront être logées ailleurs.

De gauche à droite : Le colonel Frédéric Brachet, commandant de groupement de gendarmerie de l’Aveyron, Isabelle Knowles secrétaire générale de la préfecture de l’Aveyron, André Joachim, sous-préfet de Millau, Arnaud Viala président du Conseil départemental et du SDIS 12, directeur des sapeurs-pompiers de l’Aveyron, Christine Bedel, maire de Mostuéjouls et le colonel Florian Souyris, directeur des sapeurs pompiers de l’Aveyron.

La maire de Mostuéjouls, particulièrement émue et éprouvée, a salué « l’extraordinaire travail des pompiers, la mobilisation des communes voisines et le travail de ses équipes municipales ». Elle a précisé que « 320 personnes résident à l’année sur la commune de Mostuéjouls, mais que pendant l’été, la population atteint 4000 personnes ».

Le feu vu de Mostuéjouls le 8 août en fin de journée. © Francine Doncieux

Une zone difficile d’accès

Parti à la frontière du département de la Lozère la veille, aujourd’hui, la totalité de l’incendie est concentrée en Aveyron et a ravagé 700 hectares. Si la nuit et des températures plus fraîches ont ralenti l’avancée du feu, les fortes chaleurs de la journée et du vent qui s’est levé en fin d’après-midi rendent la tâche plus ardue pour le fixer.

Le colonel Florian Souyris, directeur des sapeurs-pompiers de l’Aveyron explique que « les hommes sont confrontés à un terrain parfois très difficile d’accès ». C’est pourquoi en fin d’après-midi, « un hélicoptère lourd de l’armée déposera un groupe de détachement héliporté sur des zones inaccessibles afin de prévenir de tout nouveau départ de feu et de réaliser des frappes chirurgicales en attaquant au sol pour éviter que le feu prenne de l’ampleur ».

Avec le vent qui va se lever sur la zone, nous craignons des reprises de feu un peu partout. Il faut comprendre que dans certains endroits toute la végétation n’a pas brûlé et que même si nous sommes assez loin du village et des premières habitations, la progression du feu peut être très très rapide à cause du vent ».

Arnaud Viala, président du département et du SDIS 12, a salué la mobilisation des agriculteurs et des entreprises locales et bien sûr l’intervention des 500 sapeurs-pompiers engagés sur le terrain en rappelant le contexte départemental extrêmement critique lié à la sècheresse. « Il faut que chacun comprenne que notre département n’était jusqu’à présent pas confronté à des dangers de feux de cette envergure. Nous sommes sous une tension extrême qui amènera le département à s’interroger aux côtés de l’Etat sur les moyens à mettre en œuvre dans le futur pour lutter contre des incendies de cette ampleur ».

Christian Forir, maire de Rivière-sur-Tarn a salué le travail des employés communaux et des bénévoles. « Voir notre si beau pays touché dans sa nature c’est un crève-cœur, on va s’en remettre, mais tout ce que les gens ont apporté de chaleur humaine et d’appui c’est très important dans cette période très difficile ». © Millavois.com

Une procédure en cours

Concernant l’origine accidentelle du feu, qui serait apparemment liée à de la négligence, une procédure a tout de même été ouverte par le procureur de la Lozère pour déterminer les responsabilités et les causes exactes des départs de feu.

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