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Millau. Le Roquefort ne sera pas « cloué au pilori par le Nutri-Score »

La filière du Roquefort et l’ensemble de ses représentants s’insurgent contre le petit logo « Nutri-Score » qui pénalisera le Roquefort à cause de son mode de calcul. Avant que les pouvoirs publics et la Commission européenne ne le rendent obligatoire pour tous les aliments préemballés en 2022, ils demandent l’exemption du Nutri-Score pour les fromages sous signes officiels de qualité.

Ils avaient déjà tiré la sonnette d’alarme au printemps dernier, mais depuis aucune décision officielle n’a été prise concernant le Roquefort et plus largement les fromages bénéficiant d’AOP et d’IGP (Appellation d’Origine Protégée et Indication Géographique Protégée.)

Des campagnes de communication sont d’ores et déjà envisagées pour faire passer le message « Roquefort sans Nutri-Score ». © Millavois.com

À Millau, on le sait, l’union fait la force, et derrière l’AOP Roquefort et toute sa filière, c’est l’ensemble des élus du territoire* et au-delà, ainsi que la présidente de Région Carole Delga qui demandent à l’unanimité et sans autre option, l’exemption du Nutri-Score pour le roi des fromages. Rappelons que l’Occitanie est la première région de France en nombre de produits sous labels officiels ; l’un de leurs représentant Frédéric Bonot, directeur de la Fromagerie des Cévennes a déjà rejoint le combat contre ce qu’il nomme « le marketing punitif ».

Lors d’une conférence de presse ce lundi 11 octobre en matinée, les représentants de la Confédération Générale de Roquefort ont exposé les raisons de leur position vis-à-vis du Nutri-Score et les élus ont tour à tour pris la parole pour préciser « qu’ils soutiendraient tous la démarche et l’accompagneraient jusqu’à Bruxelles s’il le faut ».

Aranud Viala a proposé l’aide du conseil départemental pour compléter les actions de la Confédération Générale de Roquefort et de porter une motion à l’Assemblée des départements de France qui compte 102 présidents. © Millavois.com

Les calculs ne sont pas bons

Le logo Nutri-Score n’est pas directement remis en cause avec son intention « louable » de guider le consommateur vers de meilleurs comportements alimentaires bons pour sa santé. C’est son mode de calcul qui pose problème. Il pénalise le Roquefort qui ne se voit attribuer qu’un « E sur fond rouge guidant ainsi les acheteurs injustement vers d’autres produits estampillés A ou B », explique Sébastien Vignette directeur de la confédération.

De plus, le calcul du Nutri-Score est réalisé sur une portion de 100 grammes alors que la consommation moyenne en France, est de 30 grammes de fromage par jour et par personne.

D’autre part, les aliments ne sont pas notés sur l’ensemble de leur valeur nutritionnelle, mais sur des critères limités, à savoir, leur teneur en matière grasse en sel et en sucre. Comme le rappelle Anthony Soulié, trésorier de la confédération Générale de Roquefort, « c’est un calcul impartial, partiel et surtout injuste qui privilégie les produits ultras transformés qui peuvent changer leur recette et contenir des conservateurs ».

© Millavois.com

L’exemption au nom du bon sens

Le Roquefort, première AOP française depuis 1925, rassemble 3500 éleveurs de brebis, 2000 salariés « dépositaires d’un patrimoine agricole et gastronomique national qui estiment que leur fromage mérite bien mieux qu’une lettre et une coloration ».

Le Nutri-Score est vécu par les hommes et les femmes qui représentent l’ensemble de cette filière comme une punition, un paradoxe à l’heure où la tendance est au « consommer local, au manger mieux ».

Dans ce monde à venir où le coca light, les nuggets et les chips seront mieux notés que le Roquefort, qu’adviendra-t-il du plateau de fromages de terroir ? »

La filière de Roquefort insiste sur un savoir-faire historique, une recette et une élaboration qui répond à un cahier des charges strict de l’AOP qui assurent au consommateur la qualité du produit. Une telle notation mettrait tout cela en péril.

Nous demandons, non pas comme une faveur, mais bel et bien au nom du bon sens et du respect de notre patrimoine commun, d’exempter le Roquefort de toutes formes de Nutri-Score ».

Une fois n’est pas coutume, mais presque, la contestation millavoise risque fort de faire mouche et de fédérer derrière elle, l’ensemble des représentants des fromages bénéficiant d’AOP et d’IGP.

*Stéphane Mazars député de l’Aveyron, Pierre Morel-A-L’Huissier, député de la Lozère, Arnaud Viala, président du Conseil départemental, Emmanuelle Gazel maire de Millau et qui représentait la présidente de région Carole Delga, Alain Marc Sénateur de L’Aveyron, Éric Andrieu député au parlement européen, Sébastien David Maire de Saint-Affrique et président de la communauté de communes de Saint-Affrique.

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