Millau. La CGT enfonce le clou sur l’hôpital Médian

La CGT union locale, qui a récemment pris connaissance du rapport de faisabilité de l’hôpital médian en Sud Aveyron en a dévoilé les grandes lignes le 17 septembre dernier, mais elle a souhaité faire un point plus précis pour alerter l’opinion publique.

Selon le syndicat, il y a un réel danger pour la population, l’emploi, l’offre de soin de proximité et l’environnement.

« On comprend mieux pourquoi l’ARS et les politiques ayant participé au comité de pilotage nous ont caché ce rapport pendant si longtemps, quand on lit ce qu’il y a dedans : c’est incroyable et scandaleux ! »

Ce rapport « oriente le sud Aveyron vers la fermeture complète des deux hôpitaux de Millau et de Saint-Affrique ». Dans un second temps, les sites de Saint Côme et Sainte Anne seraient vendus et les patients mutés sur l’actuel centre hospitalier millavois, ce qui pose la question de l’accessibilité pour les familles, les deux établissements étant en centre-ville.

« Le plus grand plan social du Sud-Aveyron »

Corine Mora, qui souligne qu’elle n’est là qu’en sa qualité de représentante syndicale et Jérôme Lunal, élu du syndicat expliquent que ce sont des familles entières qui vont subir ces suppressions d’emploi et au-delà, l’économie du territoire qui sera impactée.

« On prévoit le plus grand plan social du territoire, soit la suppression de 200 équivalents temps plein ».

L’offre de soin en danger

Actuellement, 169 lits et places sont recensés sur les deux hôpitaux. Le rapport Mupy n’en prévoit qu’une centaine.

« On manque déjà de lits au quotidien et la crise actuelle a montré l’importance de la capacité d’accueil notamment pour isoler les gens contagieux » Certaines spécialités ne feraient même plus partie du plateau technique, « elles ne sont que des hypothèses dans des phrases au conditionnel ».

L’implantation du futur hôpital médian en pleine campagne interpelle à double titre les membres du syndicat. D’une part pour faire venir les médecins et d’autre part pour l’empreinte carbone d’un établissement situé à plusieurs kilomètres des principales villes du Sud-Aveyron Millau et Saint-Affrique.

« Comment attirer des spécialistes au milieu de nulle part, ils ne viennent déjà pas à Millau ! Et comment va-t-on aller travailler, consulter, rendre visite ? L’impact écologique n’est pas pris en compte dans ce rapport ! »

La réponse des élus

Les représentants de la CGT regrettent le manque de dialogue des élus depuis des années ainsi que l’absence de communication de l’ARS et de la direction des deux centres hospitaliers.

« On les a interpellés à plusieurs reprises, mais aucun ne s’est positionné clairement. Aujourd’hui, nous voulons que la maire de Millau se prononce sur le dossier. Nous attendons également que la direction de l’hôpital nous fasse un bilan de l’administration provisoire qui a pris fin il y a quelque temps : nous voulons savoir et la population a le droit de savoir aussi ».

Les syndicalistes insistent sur un budget colossal de 51.3 millions d’euros (à plus ou moins 20%) qui ne prévoit même pas l’achat du terrain et la voirie et « qui n’est issu que d’un raisonnement comptable au détriment de l’humain et de la qualité et de l’offre de soin ».

« Maintenant, la population sait, il faut qu’elle réagisse et qu’elle prenne conscience que cela concerna tout le monde ! Qui peut être d’accord avec ça ? »