Millau. Entretien avec le député Arnaud Viala

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Activité de l’assemblée nationale, politique gouvernementale, questions nationales et inquiétudes locales liées à la crise sanitaire, le député Arnaud Viala pose son regard sur une rentrée perturbée.

L’activité parlementaire

Malgré une activité réduite de l’Assemblée pendant de longues semaines, le député Arnaud Viala n’a jamais interrompu sa mission de parlementaire puisqu’il faisait partie du groupe de volontaires qui ont toujours siégé au Palais Bourbon.

Comme dans de nombreux domaines, cette crise a révélé des incohérences et des failles dans le mode de fonctionnement de l’Assemblée nationale et sa « vitalité démocratique ». De là est née une réflexion menée par un groupe d’une dizaine de députés pour définir les moyens à mettre en œuvre pour que « le fonctionnement de la démocratie ne soit pas impacté par des paramètres extérieurs ».

« En 2020 si on ne peut pas siéger, il faut pouvoir voter » explique le député qui aborde la question du vote à distance uniquement en cas de force majeure, privilégiant dès que possible le débat d’idées au sein d’un groupe.

Un regard avec le filtre de la crise sanitaire

Rapporteur de la mission sécurité civile pour le projet de loi de finances 2021, Arnaud Viala pose un regard « avec le filtre de la crise sanitaire » sur les différents services qui assurent les secours aux personnes.

« Ce sont des services qui ont été “sursollicités” et souvent, cette crise a révélé en plus des difficultés organisationnelles, des manques de moyens et un certain nombre de problèmes sur lesquels il faut revenir ».

Le député va donc rencontrer des responsables nationaux, mais aussi faire des auditions en Aveyron pour illustrer le cas particulier du territoire expliquant qu’on « ne peut pas appliquer les lois de la même façon partout ».

Plan de relance et territorialisation

Après la mise en place de dispositifs gouvernementaux qui ont permis que la plupart des structures passent un premier cap pendant la crise, Arnaud Viala émet des craintes sur le plan de relance de 100 milliards d’euros proposé par le gouvernement bien « qu’il aille dans le bon sens en annonçant vouloir remettre les territoires au cœur de l’action publique ».

« Il faut introduire une dimension territoriale dans l’approche des politiques publiques et le gouvernement doit clarifier rapidement sa pensée dans ce plan de relance concernant la façon dont on territorialise et enclencher une véritable dynamique ».

Le travail de terrain

En période de crise, le travail sur le terrain a changé, « l’agenda parlementaire est beaucoup moins rempli » mais le député a mis à profit ce temps pour échanger avec différents acteurs locaux et être « au plus près et à l’écoute ».

Il souligne la difficulté du tissu associatif ainsi que les conséquences de cette crise sur le milieu économique et social au niveau local.

Ces derniers temps ont également été l’occasion de faire une tournée bientôt terminée des 33 communes dans lesquelles les maires sont nouveaux pour les rencontrer lors d’un moment privilégié en marge des moments officiels.

Le dossier de l’hôpital médian

« Il n’y a aucun scoop, il faut raison garder et que les nouveaux élus prennent possession du dossier. Je ne crois pas qu’on puisse dire que des décisions échappent à la décision de la population. Dans les prochaines semaines, nous allons nous doter d’une feuille de route méthodologique pour avancer et j’espère qu’elle sera consensuelle ».

Les échéances électorales

Les prochaines élections sénatoriales seront l’occasion de soutenir le binôme Alain Marc et Jean-Claude Anglars candidats de la majorité.

« Je connais la détermination d’Alain Marc et sa fine connaissance du terrain, ce n’est pas un soutien partisan, c’est un soutien à l’élu engagé sur tous les sujets et désireux de ne pas servir qu’un camp ».

Arnaud Viala souhaite être présent dans sa famille politique sur le scrutin régional auquel il accorde la plus grande attention considérant « la puissance de feu des régions » excluant toute éventualité d’alliance avec l’extrême droite.

« Je suis convaincu que les valeurs humanistes de droite et de centre qui sont au cœur de notre engagement n’ont rien à faire avec l’idéologie du rassemblement national ».

L’actuel député ne cache pas l’éventualité d’être candidat conseiller aux élections départementales « sans toutefois encore avoir pris de décision définitive ».

Pour le moment, il est davantage  « préoccupé par ses engagements locaux et son action sur le terrain », avouant n’être qu’au stade de la réflexion politique globale concernant les échéances de mars 2021.

« Je conduis mon mandat de député avec un vrai attachement à mes engagements locaux je n’ai pas comme guide un point d’horizon carriériste ».