Millau. Un budget 2020 de régularisation, « pour mieux passer le cap 2021-2022 »

Le budget 2020 est marqué par son caractère inédit. D’abord, le vote du budget a été largement repoussé du fait de la crise du Covid-19. Ensuite, la crise sanitaire a eu une incidence notable sur l’activité des services et sur les finances de la commune au sens large. Enfin, ce budget de régularisation, intervenant en milieu d’exercice, traduit l’alternance politique issue des élections municipales du mois de juin. Ce budget est en tous points unique, et il se doit d’être analysé comme tel.

Malgré ce contexte, l’arbitrage du budget 2020 a été guidé par des objectifs clairs de politique financière : un emprunt prévisionnel inférieur à 3 millions d’euros, et une épargne nette positive. Ces deux objectifs sont atteints, l’emprunt d’équilibre se situant à 1.123.703 euros et l’épargne nette revient en territoire positif à plus de 320.000 euros.

Dernière spécificité, le budget 2020, voté jeudi dernier, doit intégrer les résultats du compte administratif 2019 ainsi que les restes à réaliser de 2019 en investissement.

L’exercice 2020 est déjà entamé et a été très affecté par la crise du Covid-19. L’élaboration budgétaire s’est par conséquent davantage apparentée à un exercice de régularisation des actions qui ont déjà pu être engagées par l’ancienne municipalité. Il a d’ailleurs été voté, chose assez exceptionnelle pour être soulignée, à l’unanimité…

Les conséquences de la crise du Covid-19 sur les finances de la collectivité

Martine Bachelet, adjointe aux finances.

Les dépenses et les recettes de la section de fonctionnement intègrent les effets liés à l’état d’urgence sanitaire sur les finances de la collectivité.

L’effet de la crise sanitaire est particulièrement prononcé sur les recettes qui diminuent de 675.493 euros, de manières plus ou moins directes. Les pertes sont les plus importantes concernant les redevances et droits issus des services publics (288.733 €), les pertes de ressources fiscales (246.000 €).

Concernant les dépenses, l’effet est double. Les dépenses exceptionnelles induites par la mise en place des mesures sanitaires (masques, gel, désinfectant) présentent un coût total de 234.000 euros. En parallèle, la mise en veille des services publics pendant la période de confinement, a eu pour conséquence de diminuer certaines dépenses de fonctionnement : les fluides, le carburant, les prestations liées aux spectacles et à l’évènementiel. Au total, la baisse d’activité des services hors plan de continuité d’activité a permis de réduire les dépenses de fonctionnement, hors personnel, de 389.000 euros.

Au total, la crise sanitaire présente un coût net de 487.813 euros pour les finances de la collectivité.

L’évaluation de ce coût n’est à priori pas définitive dans la mesure où la crise sanitaire risque d’avoir des répercussions économiques au-delà de la seule année 2020…

Une épargne de 324.000 €

En tenant compte des conséquences financières du Covid et l’affectation de l’excédent reporté, le budget primitif 2020 s’équilibre comme suit : les recettes réelles de fonctionnement (impôts, dotations, taxes…) représentent 30,111 M€ et les dépenses réelles de fonctionnement (achats, salaires, subventions, frais financiers…) 26,602 M€. D’où une épargne brute de 3,509 M€, réduite à 0,324 M€ après le remboursement d’emprunts pour 3,185 M€.

La dette en baisse, mais des investissements engagés pas encore financés

L’encours de la dette au 1er janvier 2020 s’établit à 31,254 M€ (hors dette reportée), auquel il convient d’ajouter un montant de 1,375 M€ d’emprunt reporté tiré sur 2020 portant le total de l’encours à 33,234 M€.

Il est prévu de rembourser 3,5 M€ de capital sur l’exercice (voir plus haut), et de solliciter un emprunt d’équilibre de 1,123 M€, portant le flux de dette nouvelle à – 2,387 millions euros pour 2020.

Le stock de dette prévisionnelle au 31 décembre 2020 s’établirait donc à 30,245 M€.

Une légère baisse de la dette donc, mais qui cache un peu la forêt, puisque des investissements engagés pour la période 2021-2022 ne sont pas encore financés : piscine (4,8 M€), reste à charge gymnase Paul Tort (1,87 M€), travaux RD 809 (650 k€), reste à charge passerelle sur le Tarn (600 k€), VEFA Maison de Santé (845 k€), travaux bâtimentaires et équipement des services (1,5 M€), soit un total de 10,195 M€. La capacité d’endettement prévisionnelle pour les deux années à venir est quant à elle de 6 M€

« Le budget 2020 est un budget contraint et de régularisation, soulignent les élus. Malgré tout, les moyens inscrits au budget permettront d’améliorer la qualité de vie des Millavois, de maintenir le niveau de service en associant le personnel communal, de revoir la politique tarifaire à la baisse dans certains domaines, de maintenir les aides directes et indirectes au milieu associatif et de se désendetter en 2020 pour mieux passer le cap 2021-2022 ».