Roger Rivière encouragé par son épouse au pied du col du Perjuret, peu avant sa chute. (Source : William Orts)

Voilà 60 ans que Millau accueillait, le 8 juillet 1960, l’arrivée de la 13e étape Toulouse – Millau (224 km) de la 47e édition du Tour de France. La « Grande boucle » résidait pour trois jours à Millau.

Le 8 juillet 1960, l’arrivée était jugée sur la cendrée du Parc des Sports devant un très nombreux public (le stade avait fait le plein, vraiment le plein…)

Cet événement mettait le terme à l’inauguration de ce Parc des Sports, les deux autres inaugurations (uniquement sportives) qui l’avaient précédée, étaient la venue de l’équipe de La Voulte avec les frères Camberabero (Lilian et Guy) et la venue de l’A.S. Monaco avec le nouveau pro qui avait fait ses classes à l’A.S. Millau, Djibrill et son capitaine Michel Hidalgo, récemment disparu.

Faire arriver une étape du Tour sur une cendrée n’était pas facile, et le vainqueur de l’étape était souvent celui qui rentrait en tête sur la piste. Ce fut le cas à Millau où le Belge Louis Proost réglait ses compagnons d’échappée en rentrant le premier au niveau de l’actuelle buvette et en effectuant le tour de rigueur.

Le public millavois avait une attention particulière pour le régional de l’étape, le Millavois Manuel Busto, licencié au Cycle Millavois, cher à son Président Lucien Roy. Manuel Busto s’était bien comporté à cette étape ayant tenté de rejoindre, dans Tiergues, le groupe d’échappés de Louis Proost.

Millau fut aussi l’étape repos le 9 juillet 1960 et les sportifs millavois ont pu voir déambuler ces pros de la « petite reine ». C’est ainsi par exemple que Tom Simpson a été vu à la terrasse d’un hôtel de la Tine, et que Manuel Busto était tout heureux de retrouver sa famille.

Certaines équipes étaient hébergées aux environs de Millau. C’était le cas de celle de Roger Rivière à l’Hôtel de la Muse au Rozier. En visitant, lors de ce repos, une pisciculture à Peyreleau, il n’imaginait pas qu’il était à la veille de la fin de sa carrière sportive.

Roger Rivière manque l’un des derniers virages de la descente du col du Perjuret et fait une chute de plus de 30 mètres en dessous de la route. Touché à la colonne vertébrale, c’est la fin de sa carrière. (Source : William Orts)
Roger Rivière brancardé pour le sortir du ravin avant d’être hélitreuillé vers l’hôpital de Montpellier. (Source : William Orts)

Effectivement, le 10 juillet 1960, le Tour repartait de Millau lors de l’étape qui passait par le Col du Perjuret. Le temps n’étant pas clément (il pleuvait), Roger Rivière dans la descente de ce col, situé à une soixantaine de kilomètres de Millau et qui est proche du Mont Aigoual, perdait le contrôle de son vélo, faisant une embardée, il tombait très lourdement en contrebas de la route.

Les secours étaient très rapides, mais particulièrement difficiles et son rapatriement par hélicoptère dans un hôpital de proximité très délicat. S’en était fini de ses ambitions dans le Tour (il en était le super favori) et surtout l’aboutissement prématuré de sa fin de carrière. Beaucoup de médias ont rapporté ces faits qui sont restés gravés dans les annales du Tour de France.

Rendez-vous est pris le 4 septembre lors du départ de l’étape Millau – Lavaur.

Bernard Soulié