Millau. Tout savoir ou presque sur la dette municipale

Philippe Ramondenc entouré de certains membres qui feront partie de l'équipe « Cap 2020 ». ©ADN12

Les promesses financières de la charte éthique de M. Saint-Pierre en 2014 n’ont pas été tenues. Pourquoi ?

Au 31 décembre 2018, le stock de la dette de la ville de Millau était de 28,8 millions d’euros. La dette considérée seule ne signifie rien en soi et c’est pourtant de cette manière que l’équipe municipale actuelle la présente dans le dernier bulletin municipal de décembre 2019. Pour être plus clair et surtout dire la vérité, il faut la situer dans une évolution dans le temps et surtout la comparer à des villes de même importance.

Tout d’abord, l’encours de la dette en 2018 de 28,8 millions d’euros correspondait quasiment au montant des recettes réelles du budget principal annuel de fonctionnement (29,3 millions d’euros) . Ce taux d’endettement est de 97 % et impacte fortement la gestion financière. L’annuité de la dette (capital + intérêts) se monte à 3,8 millions d’euros et reste en constante progression (3,7 millions en 2017, 3,6 millions en 2016). À titre de comparaison, le taux moyen d’endettement des villes de la même strate est de 70 %. Par comparaison, celui de Rodez est à hauteur de 38 %.

Ensuite, l’encours de la dette pour 2019 sera de 31,4 millions d’euros suite aux souscriptions d’emprunt de 5,4 millions d’euros réalisés au cours de l’exercice. Cette progression de l’endettement est volontairement occultée dans l’explication qui se veut rassurante sur la gestion de la collectivité.

Enfin, les prévisions de financement des investissements pour 2020 sont assurées en grande partie par le recours à l’emprunt (4,5 millions d’euros) du fait de l’inexistence d’épargne nette. La capacité d’autofinancement nette se dégradant au fil des années (1,987 millions en 2016, 514.000 euros en 2017 et 322000 euros en 2018) le recours à l’emprunt est obligatoire et portera le niveau d’endettement à 33,1 millions d’euros. L’encours de dette par habitant s’élèvera à 1441 euros alors que celui de la moyenne nationale par habitant est de 962 euros et celui de la ville de Rodez étant de 485 euros. Il sera donc nécessaire de diminuer ou différer les futurs investissements afin de stabiliser cette spirale de l’endettement et épargner le contribuable millavois.

Pour mémoire le candidat Saint-Pierre s’était engagé dans sa charte éthique des élections municipales de 2014 à réduire la dette à 25 millions d’euros pour alléger la pression fiscale. De 2014 à 2018, les recettes fiscales relatives à la taxe d’habitation et la taxe foncière sont passées de 13,6 millions à 16,3 millions soit une augmentation en masse de 20 %. Les contributeurs millavois jugeront de l’allègement fiscal et de la promesse de campagne.

Le fonds de roulement du budget principal de la ville de Millau en décembre 2018 était de 22000 euros (on comprend mieux quelques problèmes de fonctionnement…) alors que celui de la ville de RODEZ était de 13,8 millions d’euros ! Cet indicateur témoigne du seuil critique de l’équilibre financier de notre commune.

Si les investissements réalisés ne sont pas contestables (hormis leurs coûts), aménagement des quais (6,9 millions au lieu des 3,9 millions prévus), pôle petite enfance (5 millions), guichet unique… l’endettement quant à lui est bien aussi une réalité incontournable…

En conclusion, se prévaloir de la maîtrise du niveau d’endettement avec les indicateurs financiers aussi alarmants relève de la duperie et de la désinformation du lecteur et du citoyen.

Philippe Ramondenc et Marc Bousquet
Liste candidate aux élections municipales du 15 et 22 mars 2020