Comprégnac. Les abeilles et les hommes, une disparition programmée

Mercredi 4 septembre s’est déroulée une soirée de sensibilisation sur la vie des abeilles de ces dix dernières années sous le Biodôme du camping du village à Comprégnac, Le Katalpa.

Le public est venu de Paulhe, de Millau, de Peyre et de Monjaux… On notait aussi la présence de Comprégnacois trufficulteurs ou de simples curieux.

Avec les témoignages d’arboriculteurs et d’un intervenant en biologie moléculaire, les constats ont été plus qu’alarmants sur le fort déclin des populations d’insectes lié principalement aux ravages de l’agriculture intensive – arrachage des haies, uniformisation des cultures, course au gigantisme,  disparition des fleurs – et utilisations des pesticides tels que les néonicotinoïdes, qui enrobent les semences, que l’on va retrouver dans les sols jusqu’à 30 cm, dans les racines, dans la tige, la feuille, le pollen et les fruits pour plusieurs années, car il s’agit d’une molécule très stable.

Les intervenants ont fait ce désastreux constat :

  • Disparition de 80 % des insectes volants en 30 ans d’utilisation des pesticides.
  • Trois quarts du miel au monde contient des produits toxiques.

« Si les abeilles disparaissent de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ».

Albert Einstein

Comme sur bien des questions environnementales, les gouvernants tournent en rond sur le sujet : faut-il protéger les habitations à 150 mètres des pesticides ?  L’Union européenne a renoncé cet été à protéger rapidement les pollinisateurs.

Pourtant, elle est formidable, l’abeille. Suite aux ravages de l’agrochimie, du climat, sur plusieurs continents on pollinise à la main, par exemple les dattiers en Afrique du Nord, ou les cerisiers et les pêchers en Chine… un travail de patience et d’équilibriste que l’abeille faisait pour nous depuis la nuit des temps, dans l’équilibre des niches écologiques, de la biomasse végétale, animale et aquatique autour du globe terrestre.

D’intenses recherches sont en cours pour trouver les espèces d’abeilles qui pourront résister à tant de changements du milieu du monde moderne.  Les ruches en ville s’en sortent mieux que les ruches en pleine campagne. Tous les territoires sont concernés, y compris les zones protégées,  la haute montagne et les parcs Naturels sans exception. On peut être plus qu’inquiet de ces changements et devenir plus sélectif dans nos choix de jardinage et de consommation, faire à notre petite échelle ce qui peut aider ces animaux ailés.

Les abeilles sont si travailleuses, dans la vie d’une ouvrière, elle ne produit qu’une cuillerée à soupe de miel. Le sens commun ne permet-il pas encore à l’homme et son appât du gain d’éviter de tuer la poule aux œufs d’or que sont les abeilles ?