Millau. SUD Education se mobilise pour les élections professionnelles

Depuis ce matin et jusqu’au 6 décembre, à l’occasion des élections professionnelles, 5,2 millions de fonctionnaires sont appelés aux urnes pour désigner leurs représentants dans les organismes consultatifs de la fonction publique. A cette occasion, les militants de SUD Education, qui fait partie de l’Union syndicale Solidaires, ont organisé hier soir une conférence de presse.

« SUD Education est un syndicat intercatégoriel qui s’efforce d’unir les revendications des personnels de la maternelle à l’université, dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités et tous les services », a rappelé Christine Lafont en guise de préambule.

En cette année au cours de laquelle d’importantes réformes ont été annoncées, par exemple la refonte des programmes ou celle du baccalauréat, SUD Education dénonce en premier lieu une remise en cause de la liberté pédagogique. « Les enseignants deviennent des exécutants, on doit appliquer des directives qui viennent d’en haut », regrette Karine Alibert, n°2 sur la liste SUD Education.

Et de pointer du doigt les « 2.600 suppressions de postes pour la rentrée prochaine, l’augmentation de la précarité avec un nombre sans cesse croissant de contractuels dans l’éducation nationale ».

« Les assistants d’éducation par exemple ne savent jamais s’ils vont être renouvelés ou pas, dénonce Laurent Sadock. Et au bout de 6 ans, on leur impose de changer de poste… Les assistants de vie scolaire sont en constante baisse, alors même que le taux de handicap à Millau est de 6 %, et 10 % à Saint-Affrique. A Saint-Affrique, on a supprimé 60 heures de Français Langue Etrangère ! »

« En Aveyron, les classes sont surchargées, se désole de son côté Christine Lafont. Certains professeurs ne sont pas remplacés parce qu’il n’y a tout simplement plus de professeurs remplaçants. »

Et de prendre l’exemple de Saint-Affrique où un professeur de cuisine, absent un mois et demi, a finalement été remplacé par des professionnels de la région, ou du collège Marcel-Aymard de Millau, victime d’absences répétées l’année dernière de professeurs de français ou de mathématiques.

« L’éducation est considérée comme un coût et non comme un investissement… »

Les syndicalistes de SUD Education revendiquent plus que jamais « une école publique, gratuite, laïque, égalitaire et émancipatrice ». Après une première journée de grève le 12 novembre, il n’est pas impossible que SUD Education fasse appel à une grève reconductible, « seule à même de faire plier le gouvernement ».

Parmi les revendications des syndicalistes, on note par exemple :

  • une baisse des effectifs par classe (20 élèves maximum, 16 en éducation prioritaire, 12 en SEGPA),
  • une baisse du temps du travail,
  • une vie scolaire renforcée pour les élèves (1 CPE pour 120 élèves, 1 pour 100 en éducation prioritaire),
  • des dispositifs d’aide et de préventions complets : 1 RASED complet par groupe scolaire, 1 enseignant supplémentaire pour 5 classes dans le 1er degré, un recrutement massif de personnels médico-sociaux
  • l’extension de la prime REP-REP+ à tous les personnels
  • la défense du statut de la fonction publique et la lutte contre la précarité, par l’abandon de CAP 2022, la titularisation sans condition de tous les personnels
  • l’abrogation de la loi ORE et de Parcoursup, de la réforme du lycée et du baccalauréat, l’abandon de la réforme de la voie professionnelle et du projet de fusion des académies, le retrait de la loi Blanquer…

« On demande aussi la revalorisation du point d’indice, et une revalorisation générale, n’a pas manqué d’ajouter Laurent Sadock. Nous sommes pour un SMIC à 1700 euros nets et une augmentation générale de 400 € par mois tout de suite. Nous sommes parmi les plus mal payés de toute l’Europe. En France, l’éducation est considérée comme un coût et non comme un investissement… »