Conseil : L’hôpital invité à prendre la parole, pas le collectif Anti-Linky

Iñaki Aranceta a pris la parole d'office au nom du collectif Anti-Linky.

Il y avait plus de monde que d’habitude, ce soir, dans le public du Conseil municipal. Non pas pour assister aux débats sur le budget principal de la commune, mais pour se faire entendre. Les syndicalistes et représentants du personnel de l’hôpital de Millau avaient promis de s’inviter, et ils l’ont fait, par l’intermédiaire de Corinne Mora-Vernhet.

« Nous sommes ici pour vous interpeler et vous faire part de notre inquiétude quant à l’avenir du centre hospitalier de Millau, a déclaré la représentante CGT. La direction de l’hôpital envisage une modification complète de l’organisation des soins, dans les services de chirurgie. Cette modification se solderait par la suppression de 10 lits, et par la fusion de services mélangeant les spécialités. Ce projet suscite une grande inquiétude partagée par la communauté médicale, les usagers et les personnels. En effet, nous craignons qu’il y ait un manque de lits, et que les urgences soient saturées. Qu’il y ait des transferts vers d’autres établissements : Rodez, Lodève, Mende, Montpellier. Qu’il y ait des patients hébergés dans des services non habilités à les recevoir, qu’il y ait des reports d’interventions. Nous craignons surtout pour la qualité de la prise en soin, et pour la sécurité. Notre direction utilise l’alibi fallacieux des travaux de réhabilitation des maisons de retraite de l’Ayrolle et de Saint-Michel, dont le centre hospitalier a été contraint de se séparer, entrainant à terme là aussi la disparition de 28 lits. Nous n’avons jamais cessé de nous battre pour la reconstruction des EHPAD et nous n’avons jamais remis en cause le fait que les conditions d’hébergement sont indignes de nos aînés. Il nous semble légitime d’avoir des conditions d’hébergement en maison de retraite décentes, mais il est tout aussi légitime de conserver nos lits de chirurgie. A moins que l’objectif final ne soit de nous entrainer vers l’hôpital médian, perdu au milieu de nulle part. Nous demandons l’organisation d’une table ronde autour de notre hôpital, son devenir et les restructurations hospitalières. Une table ronde qui pourrait être constituée de la direction, des médecins, des usagers, du président du conseil de surveillance et aussi des représentants du personnel. »

Après une salve d’applaudissements venant du public, le maire Christophe Saint-Pierre a pris la parole. « Concernant l’avenir du centre hospitalier, nous sommes tous autour de cette table inquiets et déterminés à préserver l’avenir du centre hospitalier et défendre l’offre de soin qui est la nôtre. Ceci dit, vous connaissez la situation dans laquelle est depuis de nombreuses années le centre hospitalier, et je pense que nous devons faire preuve de responsabilité pour à un moment donné prendre des orientations et des décisions dans l’intérêt de la survie du centre hospitalier. Aujourd’hui, je crois savoir que la réflexion est encore en cours, qu’il y a encore des échanges entre la communauté médicale et la direction, que vous continuez à travailler sur ce projet qui aujourd’hui ne nous a pas été présenté et en tous cas donc nous ne connaissons pas la teneur exacte de l’ensemble des dispositions ».

Un autre groupe, qui ne s’était pas fait inviter, était quand même bien présent : le comité Anti-Linky. Prenant la parole d’office en voyant qu’on ne la lui donnait pas, Iñaki Aranceta a interrompu le maire qui attaquait l’ordre du jour. « Juste pour vous dire que votre arrêté, personne ne le respecte et on voudrait savoir ce que vous comptez faire pour que cet arrêté soit respecté. On aimerait aussi savoir ce qu’il s’est passé dans l’immeuble de l’avenue Jean-Jaurès, si c’est vraiment un incendie “Linky” ou non, parce que les gens viennent nous voir pour nous questionner, car à la mairie, on ne leur répond pas ». Revenant sur l’arrêté pris par la mairie de Millau, il a continué : « Hier on a vu la personne responsable pour faire appliquer cet arrêté, il nous a dit qu’il ne pouvait rien a faire, nous on ne peut pas faire appliquer l’arrêté. Alors à quoi il sert cet arrêté ? On ne vous demande pas plus. » « Si on attend qu’il y ait un mort, ce ne sera pas notre responsabilité, ce sera la vôtre à tous », a-t-il conclu en tournant les talons, sans attendre la réponse qui n’est d’ailleurs pas venue.

Quant aux représentants du quartier de Bêches, ils ont sagement passé leur tour…