Causses et valléesMillau

La baume jasse d’Héran (commune de Millau, vallée de la Dourbie)

Bien connue des randonneurs, la baume jasse d’Héran qui servait jadis d’abri aux troupeaux de brebis, est devenu un lieu de retrouvailles festif cher au club de randonnée millavois « Lo Bartas » qui vient y faire tous les ans, début octobre, un pique-nique avec pintades farcies aux genièvres et cuites à la ficelle, au-dessus d’un feu de bois.

Pour nous y rendre, de Millau, prenons la D110 en direction du causse Noir, et arrêtons-nous peu avant Longuiers. De là, nous suivrons le sentier indiqué par un panneau «  D991 par le chemin des Mines ». Celui-ci va vers le valat de Langouyres. Des points de signalisation jaunes nous entraînent jusqu’au bas de la falaise où s’ouvre à gauche un petit sentier sauvage qui nous amène devant un vaste abri sous roche.

Cette baume jasse (abri sous roche faisant office de bergerie) se situe à 100 m à droite du sentier Longuiers-Laumet (sentier dit de Langouyres) au 1er tiers de la descente, sous un ample auvent entre les deux branches du ravin.

Son nom lui vient qu’elle appartenait autrefois à la famille Héran de Longuiers. Comme nous le rappelle Alain Bouviala : « M.Héran, ex-habitant de Longuiers (marchand de volailles, décédé en 1992, prétendait que ses parents (fin XIXe, début XXe siècle) y auraient rentré jusqu’à 250 brebis à l’intérieur.

Elle accueillait encore un troupeau conséquent jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Une couche pulvérulente de migou recouvrait le sol, bien qu’il fut parfois extrait avec une pelle (encore présente en 1988).

La porte qui fermait l’entrée se trouvait bien plus bas dans le ravin (1990). La source fut recreusée vers 1989 par les Adralhans (50 mètres en dessous légèrement à droite) » (Notes manuscrites, et extrait de l’ouvrage Les Baumes, abri sous roche, 2002).

La source proche de la baume. (DR)

Cette source à proximité et les nombreuses « sempas » creusées de main d’homme permettaient d’abreuver bêtes et cultures. On remarquera à droite de la cavité, un tronc d’arbre évidé pour récupérer l’eau de la paroi.

DR

Toute proche, sur la paroi, on peut voir une lauze qui a été posée le 14 octobre 2012 par le club de randonnée de Millau (Lo Bartas) à l’occasion du repas aux pintades cuites au feu de bois, selon la technique de la ficelle puis flambées au lard rance avant d’être servies. L’occasion de partager le coup de fourchette entre amis, dans un endroit magnifique.

Lauze posée en 2012. (DR)

Des pintades cuites à la ficelle

 Après avoir été longtemps à celle de Boffi, c’est désormais ce vaste abri sous roche qui sert de lieu de retrouvailles. Les ronces ont été enlevées, la porte à l’entrée de la baume a été remise et même une rampe en bois a été installée sur le chemin pour y accéder. Derrière l’ensemble bâti, la baume se présente sur deux niveaux, un passage le long d’un bloc rocheux et nous grimpons sur une plate-forme sableuse où on domine sous un plafond qui conserve quelques stalactites, un vaste espace où jadis on mettait les brebis.

Vue intérieure. (DR)

Les temps ont changé. Désormais, début octobre, un groupe de bénévoles vient à l’entrée de la Baume d’Héran, aux aurores pour lancer la cuisson des pintades, il y en avait 18 de « sacrifiées » le 6 octobre 2013, achetées dans un petit commerce du Mandarous.

« Comme on les fait cuire à la ficelle, ça demande un peu de temps. Mais voilà tout est prêt, il n’y a plus qu’à les faire flamber avec du lard rance et on pourra se régaler » nous rappelait l’un des membres organisateurs.

Alors que les cuisiniers s’activent, les 80 convives trinquent au bonheur que leur suscite la marche sportive.

C’est toujours un moment magique.

Pintades cuites à la ficelle le 14 octobre 2012. (DR)

L’heure du retour

Pour le retour vers Longuiers ce ne sera pas une mince affaire, si on ne veut pas revenir sur nos pas. Sur la droite, le chemin qui paraît plus qu’accueillant devient vite technique, il s’agit d’un passage qu’on appelle « la boite aux lettres » qui rejoint le chemin de Laumet vers la deuxième branche du ravin de Langouyres. Son nom de facteur lui vient que des courageux préposés, jusqu’à la fin de la dernière Grande Guerre, l’empruntaient, pour apporter des nouvelles aux agriculteurs de Longuiers. C’est un passage étroit qui permet de rejoindre le sentier qui nous ramènera vers notre point de départ.

Marc Parguel

Passage boite aux lettres. (DR)

 

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