Culture & Loisirs

Millau. La « Main chaude » à l’antenne

La revue et l’association « La Main Chaude », comme d’autres, comme tous les acteurs de la culture, ont souffert de la situation que la pandémie et sa gestion erratique ont imposée : impossibilité de diffuser le n° 6 le 1er mai, impossibilité de conduire les recherches envisagées en raison de la fermeture des archives, empêchements à tenir les réunions de travail nécessaires au choix d’une rédaction collective. « Malgré cela, nous avons remis sur le métier l’écriture du prochain numéro ; il paraîtra à la date rituelle », assurent les responsables.

Mais l’actualité de l’association est faite de son passage sur les ondes radiophoniques. Tout d’abord ce vendredi 18 décembre un des nôtres a participé, avec un autre historien, à l’émission de Xavier Mauduit sur France Culture, le « cours de l’Histoire ».

Il s’agissait d’évoquer la préparation et le déroulement du congrès de Tours (25-30 décembre 1920) qui consacra la naissance de la section française de l’internationale communiste, PC-SFIC plus communément nommée à partir de 1943, PCF. Et le 21 janvier, ce sera un ouvrage, publié en 2013, qui sera à l’antenne. Dans le cadre des « nuits de la lecture » (21/24 janvier) le ministère du même nom et le service historique de la défense ont retenu le témoignage de Guillaume Alméras, le Millavois soldat d’Empire, pour ouvrir les commémorations du 200e anniversaire de la mort de Napoléon.

En effet, le récit que fit notre boucher de la rue du « Coin de verre » est considéré par les spécialistes de premier intérêt, car rédigé par « un combattant du rang sans les filtres sociaux et culturels qui mettent un écran entre l’écriture et la mémoire ». Une présentation de l’auteur et des passages choisis, lus par un comédien, seront à entendre sur les réseaux sociaux et médias dédiés.

Depuis la publication du carnet d’Alméras, nous avons trouvé quelques éléments de sa biographie qui nous faisaient défaut lorsque nous préparions sa sortie. Son acte de décès mentionne outre son métier de boucher son passage dans les armées, son passé « d’ancien militaire » ce qui signifie que son histoire singulière était bien connue des Millavois.

Mais ce qui est le plus touchant, le plus émouvant c’est qu’Alméras est un vrai personnage de Balzac. On connait le « colonel Chabert », que Depardieu a si bien incarné, cet officier qui perdit son nom et ses biens, car porté par erreur, sur la liste des morts à la bataille d’Eylau.

Il en fut de même pour le grenadier millavois : trois ans de guerre et huit ans de captivité sur un ponton anglais, une prison flottante amarrée au large de Portsmouth, avaient épuisé le grognard. Sa femme ne le reconnut pas tant il avait changé, tant il avait souffert. Une forte cicatrice au bras, trace d’un coup de corne donnée par un bœuf à l’abattage, lui permit d’affirmer son identité.

La Main Chaude trouve donc un écho au-delà des falaises des Causses. L’histoire locale peut, en effet, déborder les frontières de son cadre pour rejoindre celles d’une histoire de grand souffle.

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