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En préambule du dernier conseil municipal du 17 septembre, la maire de Millau Emmanuelle Gazel, a présenté les résultats de la première phase de l’audit citoyen sur les finances de la ville. Il a été réalisé par 19 citoyens tirés au sort et le cabinet Michel Klopfer.

« Cet audit citoyen va nous permettre de faire des choix en conscience grâce à l’expertise du cabinet et des Millavois tirés au sort. Il est primordial de présenter un plan de mandat réaliste et réalisable ».

Ce travail d’expertise neutre « centré sur l’actuel » avait pour but de dresser un état des lieux en « ouvrant les comptes publics à la population » afin de connaitre la situation financière de la ville et les marges de manœuvre et d’investissement de la nouvelle municipalité.

Pierre Vérot du cabinet Klopfer a présenté le rapport d’une manière simplifiée et abordable et proposé plusieurs hypothèses de fonctionnement.

Le constat

Le consultant souligne que « le dernier mandat a été marqué par des investissements importants que la ville a financés de plusieurs manières » ce qui rendait la situation « un peu tendue » mais acceptable jusqu’à cette année. Cependant « elle a été altérée par la crise sanitaire ».

9 M€ d’investissement net sont à la charge de la ville sur les projets déjà engagés et autant seront consacrés à l’entretien nécessaire du patrimoine public.

Sur l’horizon du mandat à 2026, en mobilisant 30 % de subvention comme ce fut le cas jusqu’à présent et un emprunt de 12 à 13 M€, la ville pourrait compter sur 26 M€ de ressources pour autant de dépenses.

L’amortissement de la dette nécessitera chaque année 3 M€ par an empruntables pour couvrir son amortissement et dégager une épargne nette en fin de mandat, une situation plus saine, mais qui « nécessite des efforts serrés de gestion » Après analyse financière, le cabinet prévoit que « la ville disposerait de 8 millions d’euros pendant la totalité du mandat pour réaliser des choses nouvelles ».

Des hypothèses de fonctionnement « Prudentes, mais assez ambitieuses »

Parmi les hypothèses formulées, celle de maintenir à 0,5 % les dépenses concernant le personnel municipal (en comptant sur la mutualisation des services avec la communauté de communes) et les frais généraux, a fait grincer les rangs de l’opposition. Christophe Saint-Pierre qualifie cette option « de quasiment intenable » et souligne que « l’effectif municipal serait à peine maintenu ».

La municipalité a déjà fait le choix de ne pas augmenter le taux du foncier bâti qui est déjà relativement élevé, elle ne pourra donc pas compter sur cette manne financière et  uniquement sur une aide réduite de l’État et de la Communauté des communes en raison des conditions de crise actuelle.

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Le consultant du cabinet précise « avoir mis des taux de croissance qui sont modestes et qui demanderait que la municipalité soit en capacité d’expliquer à tous les bénéficiaires de subventions, notamment au monde associatif que les circonstances sont difficiles ».

Là encore, l’ancien maire de Millau intervient.

« Les associations vont être sensibles à l’annonce de la baisse prévue de leurs subventions ».

Emmanuelle Gazel s’est voulue rassurante en expliquant que ce n’était que des hypothèses et des pistes de travail pour le mandat et qu’aucune n’avait été retenue pour le moment.

« Je n’ai pas orienté les scénarios, c’est une expertise, un outil diagnostic ».

Les Millavois ont la parole

Quatre des 19 personnes impliquées dans cet audit ont présenté dix points essentiels à défendre pendant le mandat expliquant ne pas toujours être tombé d’accord entre eux et avouent avoir manqué de temps pour aborder les finances : « cela aurait demandé plus de trois soirées ».

Martine, Claude, Jacques et Audrey ont successivement pris la parole pour rendre compte de leur travail participatif. ©Millavois.com

Ils ont entre autres, mis en avant la nécessité de rechercher des subventions, d’attirer de nouvelles entreprises sur le territoire, d’équilibrer les impôts entre les communes de l’intercommunalité et de soutenir les grands rendez-vous millavois. Ils souhaitent être associés à « des projets aboutis et se disent satisfaits de l’exercice ». Certains ont même « souhaité bon courage à madame la maire »

« ces chiffres montrent que voUs êtes pieds et poings liés »

L’heure du choix

Après en avoir dégagé les principaux grands axes, ce plan de mandat sera soumis au vote de la population, il s’agira de la première votation citoyenne de la municipalité Gazel qui devrait avoir lieu d’ici la fin de l’année.

Il est certain que le sujet n’est pas clos et que ni la municipalité ni les conseillers de l’opposition n’ont dit leur dernier mot. Celui de la fin reviendra, une fois sera peut être coutume, à la population.