Chaque année, un carnaval est organisé dans le quartier de Malhourtet par l’école Jean-Henri Fabre et le Centre social Causse.

L’édition 2018 a eu lieu cet après-midi et s’est inscrite dans le cadre du projet Graines de Malhourtet qui réunit divers acteurs locaux (écoles Jean-Henri Fabre et La Calandreta, Centre social Causse et association La Tortuga).

Amorcé depuis la rentrée scolaire 2017, ce projet collectif, qui a reçu le soutien de la Ville de Millau et de Millau Grands Causses Habitat, s’intéresse de près aux mémoires orales du quartier. Il s’agit, à travers lui, d’interroger la « grande » et les « petites » histoires, la mémoire collective et les mémoires individuelles. Il s’agit de révéler ce qui fait la richesse de Malhourtet pour devenir tous ensemble les jardiniers d’une culture commune autour de ce quartier.

Après un départ de l’école Jean-Henri Fabre où  » le cep de vigne planta racine », le cortège est passé par La Calandreta où est apparu le Drac qui y vécut.

Diverses enquêtes sont ainsi menées au travers d’ateliers (ex : recherche menée aux Archives municipales ou auprès du service urbanisme de la Ville de Millau, atelier toponymie et odonymie, etc.), mais aussi au travers d’entretiens ethnographiques réalisés auprès de la population par les habitants, les enfants des écoles et les membres du Centre social. Une restitution de ces enquêtes sera prochainement réalisée sous une forme artistique qui reste encore à définir.

Il s’est ensuite rendu dans un petit pré où un petit garçon a construit un kern. Ici fut scellé le pacte…

Les enjeux du projet sont multiples : comprendre où l’on vit et avec qui ; accepter et relater la pluralité des points de vue, transmettre la complexité des situations sociales ; favoriser la rencontre et le lien social ; recréer une histoire commune et plurielle ; redonner du sens au fait de vivre ensemble, à la localité, à l’espace proche ; relégitimer les savoirs, donner de la valeur à ce qui est transmis ; reprendre la parole dans l’espace public et politique.

Attention les confettis !

A l’échelle des écoles, il s’agit de : renforcer le lien avec le quartier, mais aussi avec la ville ; susciter l’implication des familles dans les projets portés par les écoles ; soutenir et impulser des dynamiques locales et intergénérationnelles ; sensibiliser, capter le regard, susciter l’intérêt des enfants et de leurs familles sur le « patrimoine immatériel » et l’environnement de proximité.

Ici, le Drac encercla le cep…

A l’échelle du quartier, il s’agit de créer une dynamique entre individus et collectif ; privilégier le dialogue et la rencontre interculturelle ; décloisonner les espaces et les populations ; agir sur les représentations ; renforcer le lien entre le quartier de Malhourtet et la ville de Millau.

Ici fut vaincu le Drac…

Carnaval constitue, dans ce cadre-là, une formidable occasion pour interroger l’histoire du quartier sous l’angle mythologique et imaginaire : « Savez-vous qu’autrefois, Malhourtet était le territoire du Drac et qu’aucun être n’osait s’en approcher ? Les Millavois l’avaient baptisé le Pays maigre, là où rien ne pousse, ou encore Malhourtet (mauvais petits jardins). Jusqu’au jour où un petit cep de vigne décida d’y venir planter racine… Mais le Drac ne voyait pas les choses tout à fait ainsi et… »

Le Drac arrive au Centre Social, dernière étape de la procession…

Nous reviendrons dans un prochain article sur la légende du Drac et du cep de vigne : un récit fondateur du quartier de Malhourtet (version Katia Fersing).

La tête du Drac est coupée…
Avant d’être brûlée.

Après un goûter partagé, les enfants sont retournés vers les différentes écoles.