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L’occupation des théâtres a gagné Millau

Le mouvement national d’occupation des théâtres, lancé la semaine dernière prend de l’ampleur. À ce jour, 31 théâtres sont occupés dont celui de Millau depuis ce lundi 15 mars en matinée.

Le Théâtre de la Maison du Peuple est occupé par le collectif des non essentiels, le collectif des intermittents de l’Aveyron et la convergence des luttes depuis ce lundi 15 mars 10h30.

Fédérer d’autres luttes

Elise Chatelain « Compagnie le plus petit espace possible », Francis Farizon « Compagnie La Manivelle » et Grégoire De Saint-Jorr, restaurateur en Lozère, représentent le collectif expliquent que cette action vient « soutenir les travailleurs qui occupent l’Odéon et plus de trente théâtres en France », mais qu’elle est bien plus que ça.

Si le cœur du mouvement battait pour la réouverture des lieux culturels, il entend fédérer aujourd’hui d’autres luttes sociales et défend l’ensemble des travailleurs précaires et leurs libertés en « dénonçant les incohérences de la politique du gouvernement qui va à l’encontre de l’humain et du vivant en imposant des lois liberticides au nom de la crise sanitaire ».

Ils réclament notamment le retrait de la réforme de l’assurance chômage dans sa globalité et des mesures d’urgence pour garantir l’accès à l’emploi pour tous, aux congés (maternités, maladie, aux congés payés), aux formations…

L’impact de la crise actuelle est tel que les intermittents auraient perdu entre 30 et 50 % de leurs revenus et si l’année blanche n’était pas reconduite, ce sont 80 % des intermittents qui perdraient leur emploi.

C’est aux plus pauvres de payer le prix le plus cher, c’est l’ensemble de la société qui est mise à mal, c’est pour cela que nous voulons fédérer l’ensemble des luttes ».

Renouer avec la Maison du Peuple

Avant d’être le théâtre municipal que l’on connait, la Maison du Peuple, comme son nom l’indiqua est un édifice qui a été bâti de 1903 à 1905 à vocation sociale dans lequel la population assistait aux conférences publiques ou aux fêtes.

C’est ici que sont nés les congés payés avant de s’étendre à toute le France et avec le mouvement des gantiers les prémices des mutuelles. Ici, symboliquement à la Maison du Peuple, nous désirons construire ensemble le monde dans lequel nous voulons vivre demain ».

Ce combat pour faire converger les luttes veut redonner la parole à tous grâce aux assemblées générales quotidiennes à 13h ouvertes à tous. « Nous voulons recréer un espace d’échanges pour que les citoyens s’emparent du lieu et du moment ».

Pour l’heure, aucun élu local ne s’est manifesté auprès du mouvement. « Nous espérons qu’ils viendront à nous et nous comptons interpeller notamment Emmanuelle Gazel en sa qualité de maire, mais surtout en sa qualité de vice-présidente de région chargée de l’emploi ».

Cette initiative est imposée à l’équipe municipale du théâtre qui, même si elle est solidaire, n’en est pas à l’origine. Les acteurs du mouvement expliquent qu’ils « feront tout pour ne pas entraver leur travail et respecter ce lieu ».

Montrer que c’est possible

L’occupation du théâtre qui a débuté au matin du 15 mars est envisagée pour une durée indéterminée. Ils expliquent qu’ils seront là jour et nuit sans relâche, et que des actions culturelles et citoyennes seront associées à l’occupation du théâtre.

Les occupants du théâtre organisent un planning pour être présents à tour de rôle et faire durer le mouvement tant qu’il faudra. © Millavois.com

Ce n’est que le début, nous voulons montrer que c’est possible, ici à notre échelle ».

Ils sont entrés par la porte et n’ont pas l’intention de repartir tout de suite, ils resteront là tant qu’ils n’auront pas solidement posé les bases d’un monde d’après « pour remettre l’humain et le vivant au centre des préoccupations ».

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