L’association VéloMillau interpelle la municipalité sur l’aménagement récent de l’avenue de la République. Si elle salue la hausse de la pratique du vélo en centre-ville, l’association dénonce l’instauration d’une zone de rencontre « inadaptée », « contraire à l’esprit de la loi et aux recommandations des experts ».
L’association VéloMillau se réjouit de voir de plus en plus de cyclistes en centre-ville avec l’arrivée des beaux jours ! Cependant, elle regrette vivement l’absence d’aménagements cyclables sécurisés lors de la réfection de voiries… pourtant prévus de manière obligatoire par la loi LOM.
Cette obligation a conduit la municipalité et les équipes techniques à opter pour une Zone de Rencontre (20km/h) avenue de la République, donnant la priorité aux piétons puis aux vélos et ensuite aux voitures. Bien que favorables à l’institution des zones de rencontres dans les lieux qui le permettent, nous sommes, en tant qu’usagers et usagères cyclistes et automobilistes, étonnés de voir une zone de rencontre à un tel endroit.
Le CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), les recommande pour un trafic inférieur à 2000 véhicules par jours, alors que cette zone voit passer entre 7 et 10.000 véhicules : un niveau bien supérieur aux seuils admissibles pour assurer une cohabitation sécurisée.
Quant aux passages piétons et feux rouges, maintenus, ils induisent que les piétons doivent traverser uniquement… aux passages piétons, et qu’ils n’ont pas de priorité sur le reste de la chaussée – ce qui est contraire à l’esprit même de la zone de rencontre !
Cette tentative pour régulariser l’oubli d’aménagements cyclables par l’institution d’une zone de rencontre, factice, ne peut pas être considérée comme une proposition sensée. VéloMillau a donc déposé une Requête Introductive d’Instance pour faire respecter la loi, afin que la Ville réponde aux exigences de sécurité à appliquer pour les cyclistes, mais aussi dans l’esprit d’un partage apaisé de la route.
Nous rappelons que 41% des Français (étude de la FUB, 113.000 répondants) ne font pas de vélo par crainte d’emprunter un itinéraire sans infrastructure ou aménagement cyclable : pourquoi est-ce plus dangereux pour nos enfants et ados d’aller à l’école en vélo à Millau que dans une grande ville ? À l’heure où la pratique du vélo est en plein essor et où les enjeux environnementaux et de santé publique exigent de mettre en application les lois, Millau ne peut se permettre de faire l’impasse sur les cyclistes.
L’association VéloMillau
Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au média Millavois.com et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.


