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Millau. Piétonnisation, mais pas que, pour le deuxième bilan de mandat d’Emmanuelle Gazel

C’est un large éventail de sujets qui a été abordé jeudi soir lors de la réunion publique organisée par Emmanuelle Gazel et son équipe au Créa. La maire de Millau et les autres élus de la majorité sont revenus sur leurs actions dans divers domaines : aménagement urbain, propreté, sécurité, environnement et bien entendu piétonnisation.

Emmanuelle Gazel, maire de Millau. © Aurélien Trompeau

« Nous voulions revenir sur les promesses de campagnes, pour constater de ce qui a été fait et ce qui reste à faire, a indiqué Emmanuelle Gazel en préambule. Nous sommes ici pour échanger avec vous, au plus près de la population, à portée d’engueulade… ».

Des engueulades, il n’y en aura pas eu. La soirée ayant été ponctuée de quelques invectives, tout au plus. Il faut dire que le débat frontal n’était pas au goût du jour.

La réunion a débuté par une mise en avant des différentes actions entreprises par la municipalité. Des actions rassemblées par thématiques, avec une présentation de chaque sujet fait par l’élu référent.

Baisse des tarifs en matière de portages des repas, mise en place d’une unité d’enseignement maternelle destinée aux enfants autistes, travaux des infrastructures sportives, développement de formations professionnelles en partenariat avec l’AFPA (agroalimentaire, pleine nature), aménagement de 2000 m2 de jardins partagés, aide à l’installation pour les commerçants, mutualisation des services ou encore présence accrue de la police municipale, force est de constater que de nombreuses actions ont été entreprises aussi bien au niveau social, qu’économique.

© Aurélien Trompeau

Après cet inventaire positif et plein d’énergie, la seconde partie de la soirée était consacrée aux questions du public. Un exercice de démocratie participative où la population était invitée à écrire ses questions sur des papiers. Les élus reprenaient ensuite les questions à haute voix et répondaient selon leur domaine de compétence.

Une méthode qui n’a pas semblé faire l’unanimité, du fait de son manque d’interaction directe entre élus et participants à la réunion. Pourtant, le peu de fois où le public s’est adressé directement aux élus, outrepassant la règle, le ton était rarement propice à une discussion apaisée. De quoi nourrir le point de vue de la nécessité d’un débat structuré.

Piétonnisation : « Il est important d’aller au bout »

Sur le fond, plusieurs questions sur la piétonnisation ont été posées, par des commerçants venus en nombre témoigner de leur inquiétude pour certains, de leur désespoir pour d’autres. « Qui paiera les impôts et taxes lorsque les commerces seront fermés ? » « Où sont les animations, navettes et parking gratuit pour le cœur de ville ? » « Quid de l’augmentation des chiffres pour les commerces extérieurs au centre-ville ? »

Il y a une baisse des chiffres aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du centre-ville, avec des moins 60 % sur certains commerces extérieurs. Il n’y a qu’à regarder la galerie de Géant pour voir que le parking ne fait pas tout. On peut avoir différents projets politiques, dans ce cas il faut se présenter aux élections. Sauf que nous, nous avons mandat. »

Emmanuelle Gazel

La maire de Millau a d’abord fait un rappel du sens de cette expérimentation. « Après une première année avec un essai estival, nous avons voulu mettre en place une expérimentation plus large, sur trois mois cette année, a expliqué Emmanuelle Gazel. Il est important d’aller au bout, car la ville ne vit pas de la même manière, l’été, qu’en période scolaire, lorsque tout le monde a repris ses activités. »

La maire de Millau a ensuite répondu sur les chiffres et réaffirmé sa volonté d’aller au bout de ce projet, tout en poursuivant la concertation. « Il y a une baisse des chiffres aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du centre-ville, avec des moins 60 % sur certains commerces extérieurs. Il n’y a qu’à regarder la galerie de Géant pour voir que le parking ne fait pas tout. On peut avoir différents projets politiques, dans ce cas il faut se présenter aux élections. Sauf que nous, nous avons mandat. Il y a des changements difficiles, douloureux. On ne les balaie pas d’un revers de la main et on souhaite continuer à construire ensemble, avec tous les acteurs, mais dans le respect ».

© Aurélien Trompeau

Charlie Medeiros, conseiller municipal chargé du commerce et de l’artisanat a également souhaité présenter quelques chiffres, pour alimenter le débat. « Ce sont au total 30.000 titres de stationnement gratuit qui ont été distribués et le parking Emma Calvé est gratuit les trente premières minutes, ce qui laisse le temps d’aller faire ses courses en ville. D’autre part, durant la période Covid, ce sont 976.000 euros qui ont été distribués par la collectivité aux commerçants locaux. De nombreuses mesures d’aides ont été ensuite mises en place, dans un contexte économique plutôt favorable. Il est également important de dire que la situation au niveau de la vacance commerciale se porte plutôt bien ces derniers mois. Pour l’ensemble de la ville, la vacance commerciale qui était de 17 % en 2019 est tombée à 14 % en 2022. Sur le périmètre ORT (Opération de revitalisation de territoire, NDLR), qui comprend essentiellement le cœur de ville, le taux était de 16 % en 2019 et de 15,5 % en 2022. Il y a certes encore des progrès à faire en centre-ville, avec des cellules que l’on a du mal à exploiter à cause de problèmes liés aux propriétaires, aux locaux ou encore à l’emplacement en lui-même. Toutefois, la situation est loin d’être catastrophique, surtout si l’on compare aux autres villes de même taille, qui pour des populations comprises entre 20.000 et 40.000 habitants affichent en moyenne un taux de 15 % de vacance commerciale ».

Pistes cyclables

Si elle était un sujet majeur, la piétonnisation n’était pas la seule interrogation des Millavois. Du côté des mobilités, Yannick Douls a évoqué l’étude d’une solution sécurisée de garage à vélo. L’élu chargé des mobilités a également répondu sur des pistes cyclables qualifiées de dangereuses dans une question. « C’est parce que nous ne sommes pas habitués à Millau. Je pense que ces aménagements, il fallait les faire et on va les améliorer. C’est parce que les automobilistes roulent trop vite que c’est dangereux. »

Yannick Douls, conseiller municipal en charge des mobilités. © Aurélien Trompeau

Toute la ville à 30 km/h ?

Toujours sur les mobilités, à la question « pourquoi ne pas limiter la vitesse dans toute la ville à 30 km/h ? », Emmanuelle Gazel a affirmé que c’était « une option envisageable, à laquelle notre équipe réfléchit ».

Economies d’énergies

Cathy Jouve, conseillère municipale déléguée à l’écologie, a réagi sur les interrogations autour de l’économie d’énergie. « Il y a de gros efforts qui sont faits pour réduire la consommation d’électricité et plus généralement d’énergie sur la ville. Nous avons déjà pris des mesures pour baisser l’éclairage nocturne. Il y a aussi un travail qui va être mené au niveau des végétaux pour remplacer les fleurs par des plantes vivaces, qui consomment moins d’eau ».

Silex : « nous avons peut-être pris la bonne décision de ne pas créer un nouveau service public sur la ville »

C’est Nicolas Wöhrel, adjoint à la culture, qui s’est exprimé sur la politique culturelle de la municipalité. Après avoir évoqué le dossier de renouvellement pour le label scène conventionnée de la Maison du Peuple, l’élu n’a pas pu éluder la question du sous-sol du Créa. « Il y avait au départ un projet qui a suscité de l’envie et de l’intérêt de la part de certains acteurs. Nous y avons renoncé à regret. Aujourd’hui, l’inflation et la hausse du coût énergétique nous font dire que nous avons peut-être pris la bonne décision de ne pas créer un nouveau service public sur la ville. Nous continuons à travailler avec des associations, notamment Créalab, pour développer des choses. Nous avons également prévu de placer dans ce sous-sol nos archives municipales. Elles sont pour l’instant conservées à la Maison des Entreprises et dans les sous-sols de la mairie. Pour les sous-sols de la mairie, la commission de sécurité émet chaque année un avis défavorable. Il y a un risque pour les archives, pour le bâtiment, mais également pour les personnes qui y travaillent, avec une responsabilité de la maire qui est engagée. Une étude de faisabilité du projet est donc engagée en collaboration avec le ministère de la Culture ».

La soirée s’est achevée autour d’un buffet concocté par la cuisine centrale. Un moment de convivialité et parfois d’échange privilégié entre élus et population, avec pourquoi pas une occasion de crever l’abcès pour certaines situations…

Thierry Perez-Lafont, conseiller municipal en charge du développement économique. © Aurélien Trompeau
Jean-Pierre Mas, élu aux sports. © Aurélien Trompeau
Aurélie Eson, adjointe à l’éducation et à la restauration collective. © Aurélien Trompeau
Sylvie Martin-Dumazer, adjointe à la petite enfance, à la jeunesse et à la famille. © Aurélien Trompeau

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