Verrières

Verrières. Une enquête publique lancée pour un projet éolien

Jérôme Mouriès, le maire de verrières invite la population à prendre connaissance du dossier d’enquête publique au sujet « d’un projet éolien unique en France » qui pourrait voir le jour sur la commune. Il en décrit les grandes lignes et précise sa position.

L’enquête publique porte sur la demande d’autorisations environnementales de la société V’éol pour l’exploitation d’une centrale éolienne de 5 aérogénérateurs (hauteur maximale : 180 m ; puissance nominale maximale : 20 MW) et d’un poste de livraison sur le territoire de la commune.

« Sollicités par l’ensemble des opérateurs nationaux et internationaux et depuis très longtemps pour développer des projets éoliens, la commune de Verrières étant positionnée sur l’ensemble des schémas comme un territoire à fort potentiel, nous n’avons pas souhaité nous engager dans de tels projets, sans en avoir au préalable défini une vision politique de ce que nous voulions et surtout de ce que nous ne voulions pas.

Dans un contexte global de baisse des dotations, il nous a paru indispensable d’aller chercher des ressources pérennes, indépendantes de la fiscalité, en proposant et en imaginant aussi les retombées positives pour notre territoire. Notre vision, nous l’avons synthétisée dans un cahier des charges et présentée dans notre bulletin municipal dès l’été 2013. Dans l’Aveyron comme ailleurs, cette démarche était pionnière et visait à rendre le territoire maître de son avenir. Quelques extraits ci-dessous :

« La commune de Verrières est une zone où le développement éolien est possible. »

« Nous ne souhaitons pas être spectateurs de ce développement économique, mais en être pleinement acteurs. » [Nous souhaitons] « privilégier le territoire et les gens qui y vivent. »

« Nous avons travaillé sur un cahier des charges incluant plusieurs aspects : foncier, paysager, participatif et fiscal ».

« La réalisation d’un parc éolien avec les acteurs du territoire devrait permettre de contribuer au développement de l’emploi. »

Cette feuille de route, proposée à chaque nouvel opérateur, nous a permis de tenir notre cap et nous avons noué le 9 novembre 2015 un partenariat d’égal à égal avec une PME toulousaine Soleil du Midi. Les associés de Soleil du Midi ont été, il y a plus de 20 ans, les pionniers français des énergies citoyennes. Ils nous apportent donc une double expertise : celle de savoir développer des projets et celle de l’innovation sociétale que constituaient à l’époque (et encore aujourd’hui), les projets citoyens et collectifs.

Ce partenariat à parts égales a fonctionné d’excellente façon depuis le début et chaque décision fut partagée de manière collective. Fait suffisamment rare pour être souligné : nous faisons ce que nous avions imaginé il y a 9 ans, grâce à la qualité de ce partenariat.

Ce projet, nous l’avons porté auprès de toutes les instances politiques du territoire. Avec le Parc des Grands Causses et le SCOT, où la zone d’implantation du projet est matérialisée et fléchée comme la seule zone de développement éolien innovante sur l’aspect sociétal. Puis avec la Communauté de Communes de la Muse et des Raspes du Tarn où la zone est matérialisée dans le PLUi.

Notre projet respecte une distance par rapport aux habitations de plus de 1100 mètres, bien au-delà du cahier des charges et des préconisations nationales. Il a fallu beaucoup de temps, projet de territoire oblige, pour définir un projet économiquement viable et conforme en tous points avec la réglementation existante.

Les deux aspects potentiellement les plus sensibles du projet (avifaune & intégration paysagère) ont donné lieu à d’importantes études ciblées réalisées par des bureaux d’études reconnus nationalement pour leurs expertises dans ces domaines. Pour chaque enjeu, la doctrine ERC (Eviter/Réduire/Compenser) a été respectée et menée aussi loin que possible.

La Commune de Verrières a investi environ 60 000 € par an pendant quatre ans ; pour constituer le dossier de Demande d’Autorisation Environnementale (DAE), en instruction officielle depuis le 12 janvier 2021. Pour une commune rurale comme la nôtre, c’est un engagement particulièrement fort. Cet investissement nous permet d’être propriétaires à 50 % de la sas V’ÉOL (société portant la demande de DAE), et de peser ainsi sur les choix d’actionnaires futurs en cohérence avec nos objectifs. Nous voulons que l’actionnariat de la société de production d’électricité soit détenu entre 60 et 65 % par des collectivités publiques et des citoyens.

Pour investir dans ce projet, nous avions initialement imaginé créer une coopérative citoyenne à l’échelle de notre commune, mais tenant compte de l’émergence de la coopérative d’intérêt collectif SUD-ENERGIA (dont l’échelle est celle du Parc), il nous a semblé beaucoup plus logique et adapté d’imaginer un partenariat. Lors de notre dernière réunion publique plusieurs pistes de redistributions citoyennes ont été évoquées : épargne et investissements via la Coopérative Sud-Energia, contrats locaux de fourniture d’électricité, soutiens aux projets liés à la transissions énergétique (isolation thermique, véhicules propres, chauffage non fossile…), projets communaux (rénovation énergétique de la mairie, espace associatif mutualisé, borne de recharge…).

Bien sûr, notre projet de 5 éoliennes de 180 m en bout de pale situé le long du chemin rural traversant la forêt des pins de Vinac, sera visible il ne peut pas en être autrement et nous en avons pleinement conscience, bien sûr que le risque zéro pour l’avifaune n’existe pas, mais ce projet nous le faisons et nous le portons avec force parce que nous voulons continuer à exister, parce que nous croyons que pour développer de la biodiversité il faut aussi s’en donner les moyens.

Nous avons été la première commune du Sud-Aveyron à éteindre l’éclairage public la nuit et l’une des premières à passer au zéro produits phyto dans l’espace public. Nous travaillons, entre autres, sur des projets de réhabilitations de terrasses, remontons des murs en pierres sèches et replantons de la vigne et de vieilles variétés locales d’amandiers. Nous ne voulons pas tuer la biodiversité bien au contraire et nous sommes prêts à travailler avec tous les acteurs locaux et les ressources nouvelles issues du parc vont contribuer aussi à développer ces actions ».

L’enquête publique est en cours, vous pouvez consulter le dossier complet et donner votre avis sur le registre dématérialisé.

Source
Jérôme MOURIES Maire de Verrières
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