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Millau. « Fermeture de service à l’hôpital : ça n’arrive pas qu’aux autres ! »

À la veille des grandes vacances, l’union locale CGT Interprofessionnelle a souhaité alerter la population sur la situation préoccupante du centre hospitalier millavois et de ses conséquences à court terme sur les usagers et sur l’offre de soins.

Comme partout en France, le centre hospitalier doit faire face à un manque de personnel, notamment d’IDE (Infirmier(e) diplômé(e) d’État). C’est d’ailleurs pour cette raison que l’établissement millavois n’a toujours pas rouvert le service de SSR (Soins de suite et Réadaptation) polyvalent fermé depuis près d’un an.

Les représentants syndicaux expliquent que « les soignants de l’hôpital sont éprouvés par les deux années de covid qu’ils viennent de traverser, que certains professionnels se sont tournés vers le secteur libéral ou le privé, d’autres ont abandonné leur métier » et regrettent qu’il « ne suscite plus autant de vocations qu’avant ». De plus, l’établissement ne serait pas selon eux « très attractif à cause de délais trop longs avant d’obtenir une titularisation ». Autant de facteurs qui accentuent la pénurie de personnel et fragilisent l’offre de soins en sud Aveyron.

L’été sera chaud !

Au seuil de l’été, pour les représentants syndicaux, la situation est loin d’être anecdotique. Ils se disent « très inquiets » et craignent que « l’hôpital ne puisse pas faire face à la période estivale qui s’annonce » : « jusqu’à maintenant, nous avons été épargnés, mais l’été risque d’être chaud, ! »

En effet, l’été est toujours plus complexe à gérer, car les agents prennent leurs congés et la population augmente avec le flux de touristes, impactant davantage le centre hospitalier, notamment le service des urgences.

On craint d’être en grande difficulté cet été. À l’heure où on parle, aux urgences, 10 jours de garde au mois d’août ne sont pas encore pourvus par des médecins. Bien sûr qu’à terme, ça peut conduire à une fermeture partielle du service pendant certains créneaux horaires comme c’est déjà le cas dans d’autres villes, ça n’arrive pas qu’aux autres ! »

Des conséquences en cascade

Comme pour le SSR polyvalent, ce manque de personnel peut contraindre le centre hospitalier à réduire encore davantage son activité. Les représentants expliquent qu’une fermeture de service « entraine des conséquences en chaine sur l’offre de soin ». Ils expliquent que « la fermeture du SSR a saturé le service de médecine et que parfois, après avoir passé plus d’une heure à trouver un lit à un malade, les soignants sont obligés d’orienter les patients vers d’autres établissements faute de place et dans certains cas de les renvoyer chez eux ».

« Nous tirons la sonnette d’alarme sur ce qui est malheureusement devenu une banalité. Tant que les gens ne sont pas confrontés à un accident ou à une maladie, ils ne réalisent pas à quel point l’accès aux soins et le système de santé en général sont dégradés en France. À Millau, les délais pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste vont jusqu’à une vingtaine de semaines. C’est le cas pour la cardiologie. Pour la pneumologie et la rhumatologie, on est à peu près à 14 semaines d’attente. C’est une réelle perte de chance pour certains patients. »

Tout un système en fin de course

Au-delà des murs de l’hôpital millavois, l’union locale CGT Interprofessionnelle déplore « un système de santé en fin de course avec des instances nationales qui n’ont pas su tirer les leçons de la crise sanitaire », ils dénoncent également « une casse du système de santé orchestrée dans une politique de logique comptable aux dépens des malades ».

« Nous voulons vraiment réveiller les consciences, la santé a un coût, mais elle n’a pas de prix ».

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