Causses et valléesPatrimoineSaint-André-de-Vezines

Au sommet du Roc del May (commune de Veyreau, causse Noir)

À 250 mètres au sud-est de l’église de Saint-Jean-des-Balmes, un rocher attire l’attention. Il s’agit du Roc del May. Sa particularité est son aménagement.

Comme nous le rappellerait Albert Carrière : « Ce rocher portait un ermitage. Pour s’y hisser, un escalier avait été taillé dans la roche vive. Sa plate-forme portait des vestiges de construction. Des inhumations y avaient été faites parce que c’était un lieu saint. Or, dans ce lieu désert, mais à un carrefour d’anciens chemins, il a dû y avoir un temple gaulois : d’où la nécessité de le sanctifier par la fondation d’un ermitage. Une croix en perpétuait le souvenir. Elle a disparu vers 1910 » (Cahier manuscrit, La région de Peyreleau, le Rozier, 1947).

Vue du rocher. © Marc Parguel

Pour arriver au sommet, il faut en effet gravir un escalier taillé dans la roche d’une trentaine de marches, neuf marches, puis ça tourne, cinq autres marches avant d’accéder à une première plate-forme, puis 15 autres marches.

L’escalier taillé dans la roche. © Marc Parguel

Albert Carrière dans ses notes écrivait : « Un groupe d’indigènes élevèrent leur habitation au pied du rocher protecteur. La masse de décombres qu’on y voit porte à le croire. Ainsi fut fondé le village des Balmes. Toute agglomération si petite fut-elle avait son Dieu local, les habitants des Balmes adoraient « Bélénus », le dieu gaulois du soleil dont on célébrait la fête au solstice d’été, c’est-à-dire le 24 juin. Outre les fidèles sédentaires, les voyageurs pieux y faisaient leurs dévotions. » (Notes sur Saint-Jean des Balmes, cahier manuscrit, 1914).

En effet, tout autour de la plate-forme qui servait d’observatoire, M.Vernhet de la Roujarie au début du XXe siècle qui servait de Cicérone à Albert Carrière affirmait qu’étant enfant, il avait exhumé de nombreux ossements. Des pans de murs sous la plate-forme semblent indiquer qu’un petit hameau exista sous le rocher protecteur (un peu à l’image du château flanqué sur le rocher qui protège le village).

Du haut de ce rocher, constatait Louis Balsan, la vue repose très curieuse, sur la Conque de « Saint-Jean des Balmes » et Albert Carrière aurait pu ajouter : « ce n’était pas pour contempler le paysage environnant qu’on avait exécuté une œuvre aussi difficile. C’était pour arriver à une habitation, à un refuge, à un ermitage ».

Le petit bassin creusé dans la roche faisant face au clocher de Saint-Jean des Balmes. © Marc Parguel

Sur ce rocher, un petit bassin a été creusé par les Celtes pour recueillir l’eau de pluie (bassin de 85 cm de large sur 60 cm de longueur). Pareil bassin a été creusé dans l’une des baumes à proximité, ce qui prouve que le nom de l’église « Saint-Jean des Balmes » n’a pas été trouvé par hasard. Il n’y a qu’à se faufiler autour de ces masses rocheuses pour trouver des cavités, ainsi que des murs, traces du hameau disparu voilà des siècles.

Une baume sous le rocher du May. © Marc Parguel

Un ossuaire fouillé à quelques dizaines de mètres du rocher, par Clément Vernhet de Saint-André-de-Vézines et appelé « des gâches » du nom du lieu-dit voisin a livré les mâchoires de 45 individus ainsi que deux poignards, 10 pointes de flèches, 1 lame de silex (1932).

Marc Parguel

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