CinémaMillau

Millau. Premier rendez-vous de la saison pour le club-ciné de la MJC

Lundi 20 septembre à 20h30, le club-ciné de la MJC et Ciné Millau vous proposent « Indes galantes » (1735-2021), un film/documentaire de Philippe Béziat. Le réalisateur filme le travail de Clément Cogitore, metteur en scène de l’opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau à l’opéra Bastille (2017/2019) avec : les chanteurs lyriques, le chef d’orchestre Léonardo Garcia Alarcon, Bintou Dembélé et sa troupe de danseurs de krump:Rualité.

Le Krump, l’enfant furieux du hip-hop »

C. Cogitore

Los Angeles 1992 : à la suite de l’acquittement de quatre policiers accusés de violences sur Rodney King, des émeutes éclatent dans les ghettos noirs, faisant 55 morts et 2.500 blessés ; « l’armée et la police mobilisées ont mis une telle pression sur les ghettos que plus aucune violence n’était possible, les gamins se sont alors mis à danser pour exprimer cette tension qui était en eux : ils ont mimé des arrestations et des combats par la danse, et la danse est devenue un langage avec ses codes et ses gestes, et a quitté les U.S.A. pour l’Europe… C’est un jeu symbolique qui se substitue à la violence… Je découvre cette danse et j’essaie de la comprendre : elle m’hypnotise. »

Certaines choses peuvent être exprimées par les mots, d’autres à travers le corps.Mais il y a des moments où on reste sans voix, complètement perdus et désorientés, sans savoir quoi faire . C’est là que commence la danse. »

Pina Bausch

La motivation de P. Béziat était de faire un film qui ne parle pas que de musique. « Quand j’échange pour la première fois avec Clément, je suis frappé par la netteté de ses axiomes et de son dispositif qui relève pour moi d’une proposition d’artiste contemporain plus encore que de metteur en scène.Les danseurs, il ne les place pas dans un rôle d’interprète, il ne les fait pas jouer pour tenir un rôle, mais pour mettre en situation leur authenticité, qui rendra visible leur énergie, leur identité, leur personne.Le contraire de ce que fait d’habitude un metteur en scène. Evidemment tout de suite ça me passionne. »

Ce parti pris, en ce qui concerne les danseurs, repose sur la lecture et l’interprétation que C. Cogitore fait de l’œuvre de J.-P. Rameau : « On est au début du XVIIIe, c’est le début des lumières, l’homme occidental est en train de quitter le cliché de l’homme sauvage sanguinaire et cannibale, et de passer dans le cliché du bon sauvage. Dans ce regard il y a de l’humanisme, de la bienveillance et aussi de la condescendance, et aussi des malentendus qui sont pour moi un des éléments essentiels de la pièce. Je crois aujourd’hui que l’Autre ce n’est pas celui qui est de l’autre côté de la mer, c’est celui qui est peut-être juste quelques rues à côté de nous… J’ai envie que cet opéra raconte Paris aujourd’hui. »

Sabine Devieilhe, chanteuse lyrique : « Au départ nous étions tous déstabilisés… car l’omniprésence de la danse change considérablement le rythme de travail. Nous sommes entourés de 30 danseurs formidables avec un code d’expression qui n’est à priori pas du tout relié au monde de l’opéra. La lecture de C. Cogitore est une lecture très approfondie et pensée de l’oeuvre, avec un vrai point de vue politique. Je suis persuadée que l’une des missions de l’opéra est d’indigner : on a besoin de remettre en question ce pourquoi on est attaché à cette forme d’art total. »

Via
Françoise Cabiron
Source
MJC de Millau
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