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Karine Haumaitre : « la ville n’est pas prête » pour les trottinettes

La dernière délibération du conseil municipal du 17 juin portait sur la mise en place d’une expérimentation d’un service de trottinettes électriques partagées pour une durée de trois mois à compter du 10 juillet. Une flotte de 150 trottinettes (Engin de Déplacements Personnels) réparties sur 70 emplacements.

De prime abord, cette expérimentation, traduisant la volonté de la municipalité de développer l’usage des mobilités douces, ne peut donc qu’être saluée et louée… Mais encore une fois c’est sans compter sur le fait que tout ne semble pas avoir été balisé, pris en compte et communiqué.

  • Lors de la location de l’EDP grâce à une application, l’équipement sécuritaire de type casque (pliable), gilet ou brassard haute visibilité pour usage nocturne sera-t-il fourni et contrôlé ?
  • Le 10 juillet, c’est demain ! La présentation, l’information du plan détaillé des zones d’utilisation autorisées ou soumises à réglementation se fera-t-elle à la population ? Il ne faudrait pas encore minimiser l’utilité du caractère informatif fait aux Millavois.
  • A-t-on pris en compte la réalité de l’aménagement de l’espace urbain ? La réalité du caractère accidentogène du revêtement de certaines zones de la ville incompatible avec l’usage de ce genre d’engin même à vitesse réduite ?
  • A-t-on balisé l’aspect « incivilité et débordement » immanquablement induit par ces dispositifs de free floating ? (formation circulation ? Sensibilisation sécurité ?)
  • La densité, 150 trottinettes pour une ville de 22.000 habitants (certes hors touristes) est-elle bien pensée ?Quand on observe déjà une cohabitation plus que problématique entre voitures, vélos et piétons…

Pour comparatif, Castres bénéficie du même dispositif pour une population de 42.000 habitants.

S’il avait fallu être cohérent, logique avec les annonces et cette volonté de refonte de la mobilité sur le territoire, pourquoi ne pas s’être lancé (à l’image de Paulhe) dans la mise en place de la location d’une flotte de vélos électriques dès cet été ? Cela n’aurait-il pas été plus utile, plus adapté ? Ne serait-ce pas aller dans le sens de la Vélorution tant attendue ? Pourquoi ne pas aller au bout de ce dispositif, aller au bout de la mise en place d’un réseau de pistes, voies, bandes cyclables abouti avant tout nouveau projet ?

Finir un projet ambitieux avant de l’enrichir ultérieurement d’une potentielle valeur ajoutée que pourraient représenter les trottinettes me semblerait moins brouillon et répondre davantage aux besoins et désirs exprimés par la population.

Une volonté d’expérimentation pour être dans l’air du temps, n’exonère pas d’être objectif, de reconnaître et d’acter que la ville n’est pas prête : pistes cyclables peu nombreuses pour accueillir une « nouvelle arrivante », trottoirs et routes peu adaptés, incivilités quotidiennes déjà trop présentes et non solutionnées…

Je ne suis pas très adepte du « essayer pour essayer » quand de fait toutes les conditions ne sont pas optimums, car tout revêt alors un caractère approximatif, fragile, peu engageant et très peu connecté avec les besoins des Millavois.

Karine Haumaitre,
élue municipale de l’opposition

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