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Millau. Incendie de BigMat : le témoignage poignant des voisins

Raymond Trémolet fait partie de ces « naufragés de la nuit » qui ont été évacués de chez eux dans la nuit du 6 au 7 juin par les forces de l’ordre. Voisin des entrepôts de l’entreprise BigMat qui sont partis en cendres cette nuit-là, il raconte cette nuit cauchemardesque. Et n’oublie pas de remercier ceux qui lui ont tendu la main.

En faisant paraître cet article dans la presse, je suis l’interprète de cinq familles (Pratlong, Gazagnes, Padron-Collazo / Farjoinel, Ruas, Trémolet), demeurant au 77 bis de l’avenue Jean-Jaurès à Millau (petite impasse) dont les maisons jouxtent l’enceinte de l’entreprise victime de ce désastre.

Je voudrais d’une part faire part de notre traumatisme au travers d’un résumé de notre vécu ; de la solidarité et de la bienveillance que nous avons pu rencontrer ; des actions mises en œuvre par les autorités locales qui nous ont fait chaud au cœur.

Plusieurs d’entre nous ont été tirés de leur sommeil vers minuit, par les policiers et ont dû quitter précipitamment leur logis. Dans la précipitation du moment, le feu étant déjà largement déclaré, ils n’ont pu emporter un semblant de nécessaire (habits, papiers d’identité, etc.).

Chacun de nous voyait déjà le spectre de sa maison détruite ; une vie de labeur pour l’obtenir et quelques instants pour qu’elle soit en cendres. »

Les minutes, les heures qui suivent, sont cauchemardesques, les plus touchés semblent tétanisés ; d’autres dans une sorte d’hébétude. Comme d’autres, j’étais aux abords du périmètre de sécurité, dans la rue de l’Égalité, assistant impuissant à la progression de l’ogre qui grossissait à vue d’œil et que rien ne semblait pouvoir arrêter dans sa progression.

Les flammes s’élevaient au moins à dix mètres, et déjà la première maison à l’angle de la rue de l’Egalité avait une partie du toit qui brûlait. Nous sommes presque tous des retraités et chacun de nous voyait déjà le spectre de sa maison détruite ; une vie de labeur pour l’obtenir et quelques instants pour qu’elle soit en cendres.

Il s’en est fallu de peu que cela ne se concrétise, peut-être un quart d’heure à mon humble avis si les lances des sapeurs-pompiers n’avaient été mises en action.

J’arrête mon propos, mais je pourrais encore écrire longuement sur cette tragédie.

« Il reste à essayer d’oublier »

Dans ces moments de vérité où l’être humain perçoit son extrême fragilité, des personnes connues, mais aussi anonymes se déclarent et font montre de beaucoup de bienveillance, de délicatesse, réconfortent, ouvrent leur porte pour un peu de repos, un moment de partage, un verre d’eau, une tisane, du fond de notre cœur qu’elles en soient remerciées.

Au final, j’en viens aux remerciements envers les autorités locales qui ont déjà été contactées, mais leur action doit être portée à la connaissance des Millavois. Nous adressons ainsi nos remerciements :

  • Aux services de police et gendarmerie, pour avoir secouru les personnes, sécurisé les abords, etc. Aux sapeurs-pompiers de Millau et de plusieurs autres centres du département.
  • A la mairie de Millau, en la personne de Mme Compan, adjointe, accompagnée de l’employé de mairie de permanence, qui avec beaucoup de maîtrise et d’empathie ont organisé l’hébergement pour la nuit d’une quinzaine de personnes désemparées.
  • Au personnel de l’hôtel Ibis, à la hauteur de la circonstance.

Maintenant, pour nous tous, il reste à essayer d’oublier, sans doute aussi se faire aider psychologiquement pour y arriver et se lancer dans les procédures vis-à-vis des assurances.

Raymond Trémolet

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