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Millau. « Voilà comment nous aurions voulu nous souvenir ensemble du 8 mai »

Il y a 76 ans, la Seconde Guerre mondiale prenait fin en Europe. Ce samedi 8 mai en fin de matinée, pour célébrer cet anniversaire, une cérémonie, toujours en comité très restreint, s’est déroulée au Parc de la Victoire.

« Comme à l’accoutumée, nous aurions voulu commémorer cet anniversaire avec les représentants des adhérents des associations d’anciens combattants entourés de porte-drapeau en plus grand nombre, a déclaré Michel Durand, adjoint à la mairie de Millau, délégué aux Anciens Combattants. Comme à l’accoutumée, nous aurions voulu commémorer cet anniversaire avec les collégiens et lycéens qui auraient dû nous faire lecture de ce texte de Louis Aragon. Collégiens et lycéens encadrés de leurs enseignants et toute la communauté éducative qui œuvrent tout au long de l’année auprès d’eux à la transmission et au devoir de mémoire afin de forger leur citoyenneté. »

Michel Durand, adjoint à la mairie de Millau, délégué aux Anciens Combattants.

« Comme à l’accoutumée, nous aurions voulu commémorer cet anniversaire avec un contingent de vos hommes, mon Colonel, a t-il continué en s’adressant au Colonel Pierre-Henri Aubry, commandant de la 13e DBLE. Des hommes représentant nos forces armées qui, ici comme sur tous les champs d’opérations, défendent les valeurs de paix et de démocratie chères à notre pays. Comme à l’accoutumée, nous aurions voulu commémorer cet anniversaire avec l’ensemble des corps constitués qui agissent au quotidien pour le bien-être de nos concitoyens.

Comme à l’accoutumée, nous aurions voulu commémorer cet anniversaire avec l’Elan Millavois et honorer par là même la mémoire d’Alain Cartayrade, commémorer avec l’Harmonie du Sud-Aveyron qui aurait dû nous interpréter l’hymne européen symbole de l’unité retrouvée entre les peuples. Comme à l’accoutumée enfin, nous aurions voulu commémorer cet anniversaire avec tous les Millavois et Millavoises qui composent d’ordinaire un public nombreux et fidèle. »

Jean-Paul Muller, secrétaire de l’Union départementale des associations de combattants et victimes de guerre (UDAC) Sud-Aveyron.

Un devoir permanent, un devoir qui nous incombe et que sans nul doute, collectivement vainqueurs de cette pandémie, nous serons très nombreux à célébrer l’année prochaine autour d’une flamme symbole du sacrifice de tous ceux qui sont morts pour que nous vivions dans un pays libre, symbole également de l’espérance dans l’avenir et de foi dans le destin de notre pays. »

« Lorsque le futur est si incertain, peut-on se retourner vers le passé ? »

Et Michel Durand de reprendre : « Alors oui nous nous devons de toujours nous souvenir et de toujours garder espoir. Ce que nous vivons aujourd’hui est aussi une épreuve, différente évidemment, mais une véritable épreuve individuelle et collective. Sans nul doute, comme toutes les épreuves, nous révèle-t-elle à nous-mêmes, dans notre humanité et notre solitude forcée. Effectivement ce matin nous pouvons nous sentir par la force des événements que nous traversons un peu esseulés autour de ce monument aux morts et de l’indispensable devoir de mémoire. Mais, comme le rappelle Victor Hugo « rien n’est solitaire, tout est solidaire ». C’est tous ensemble, les uns auprès des autres que nous nous relèverons et en sortirons victorieux.

Seulement deux porte-drapeaux étaient présents ce matin.

Le 8 mai est bien évidemment un devoir d’hommage et de recueillement, mais c’est aussi un devoir de liberté et de démocratie. Un devoir permanent, un devoir qui nous incombe et que sans nul doute, collectivement vainqueurs de cette pandémie, nous serons très nombreux à célébrer l’année prochaine autour d’une flamme symbole du sacrifice de tous ceux qui sont morts pour que nous vivions dans un pays libre, symbole également de l’espérance dans l’avenir et de foi dans le destin de notre pays. Flamme inlassablement ravivée au coeur de ce parc au nom si symbolique et évocateur de parc de la Victoire.

Emmanuelle Gazel, maire de Millau.

Voilà comment nous aurions voulu nous souvenir ensemble du 8 mai et au-delà de l’hommage, du symbole de liberté et de renaissance qu’il représente. Mais un micro-organisme nous contraint à célébrer cet anniversaire en comité restreint, séparés de tous ces acteurs essentiels que je viens de citer et envers qui nous sommes reconnaissants.

Alors, lorsque le présent est si pesant, peut-il laisser une place à la mémoire ? Lorsque le futur est si incertain, peut-on se retourner vers le passé ? Peut-on entretenir l’espoir de lendemains meilleurs ?

André Joachim, sous-préfet de l’arrondissement de Millau.

Oui, et Aragon nous le prouve dans ce poème écrit en août/septembre 1943 en pleine guerre, pratiquement deux ans avant ce 8 mai 1945. Imaginant que la guerre est achevée, faisant le tableau de manière allusive d’une France victorieuse qui se reconstruit afin de galvaniser l’esprit de Résistance des Français victimes de l’occupation et redonner l’espoir. Maniant l’utopie le poète imagine une France radieuse, belle et libre, débarrassée de ses envahisseurs et prête à célébrer une éclatante victoire. »

Le Colonel Pierre-Henri Aubry et Jean-François Galliard, président du Conseil départemental.
Alain Marc, sénateur de l’Aveyron.
Arnaud Viala, député de l’Aveyron.
Ravivage de la flamme par Jean-Paul Muller.

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