Politique

Millau. Jean-François Galliard : « Sylvie Ayot est une élue de proximité… de loin »

Cela n’aura échappé à personne, la majorité départementale s’est officiellement déchirée après l’annonce de la candidature d’Arnaud Viala et celle de Sylvie Ayot contre son propre binôme sur son canton. Si jusqu’à présent le président du conseil départemental Jean-François Galliard n’avait pas beaucoup évoqué cette fracture, il a aujourd’hui donné son sentiment sur ce sujet et sur les propos tenus par de Sylvie Ayot lors de la présentation des listes Millau 1 et 2.

Dans un même temps, lors de la présentation officielle de son équipe sur le canton de Millau 2, les élus Karine Orcel et Daniel Diaz ont apporté des précisions sur les prises de position respectives des élus au sein de l’opposition municipale « Millau en action » évoquant même « le possible départ de Christophe Saint-Pierre du groupe au mois de septembre ».

« Le binôme de la discorde »

Jean-François Galliard qui qualifie lui-même son binôme de « binôme de la discorde » a tenu à recontextualiser les choses en expliquant que le député, Arnaud Viala, « Faisait du scrutin de liste, pensant avoir la majorité ».

« Il pose ses pions contre la majorité sortante en positionnant contre moi mon propre binôme, mais il oublie que c’est le peuple qui décide et que si je ne suis pas battu, nous serons avec Karine, candidats au troisième tour ».

Sylvie Ayot avait donné dimanche 2 mai les raisons de son départ et sa motivation à rallier le camp d’Arnaud Viala accusant le président « de l’avoir mise au placard pendant 5 ans ». Si jusqu’à présent le président du conseil départemental n’avait pas souhaité réagir, après avoir présenté son équipe pour le canton de Millau 2, il n’a pas manqué de préciser les choses.

C’est une attaque abominable, je pense certaines choses, mais par décence, je ne porterai pas de jugement sur ce qu’elle dit de moi. Mais cette histoire de placard me fait rigoler : c’est elle qui s’est mise dans un placard, ce n’est pas moi et c’est un placard doré en plus parce qu’elle touche, je crois, 1 500 € par mois ! Quand on n’est pas content, on le dit ou on s’en va. En plus quand on la connait on sait qu’elle n’a pas le caractère à rester dans un placard, si c’était vrai, elle aurait poussé la porte ».

Jean-François Galliard précise avoir même beaucoup aidé Sylvie Ayot sur le dossier de Micropolis dont elle est toujours présidente, « preuve que je ne l’ai pas mise au placard ».

Voilà quelqu’un qui travaille à Paris qui habite à Versailles, c’est un élu de proximité de loin, elle est sur les photos, c’est vrai, mais on ne peut pas être une élue de proximité en travaillant si loin, à ce moment-là il faut l’admettre et le dire ».

En somme, Jean-François Galliard explique que tout cela est « une stratégie et que c’est un montage dont il s’aperçoit peu à peu qu’il a commencé depuis longtemps ».

Une élection qui divise

Le groupe de l’opposition municipale « Millau en action » n’a pas échappé à la vague de division provoquée par les élections départementales et la candidature d’Arnaud Viala.  Le président du département dit « regretter que Christophe Saint-Pierre en tant qu’élu se soit positionné ». Du côté du groupe « Millau en action » Si les élus ont « choisi librement de soutenir le candidat de leur choix », ils ne sont pas tombés d’accord sur ce choix.

Par souci de « transparence », Daniel Diaz explique que le groupe s’était réuni pour « évoquer les élections départementales et qu’il avait été décidé que l’élection n’ayant rien à voir avec la mairie, chacun prenait les positions qu’il voulait ».

A nous d’être des gens intelligents et de parler des dossiers de la ville, n’oublions pas que nous sommes là parce que nous avons eu près de 50 % des voix, nous sommes là pour voter ou pas ce que nous pensons bien pour Millau et surtout pas nous tirer dans les pattes. Je sais les élus suffisamment intelligents pour faire qu’il en soit ainsi, moi ça ne me posera pas problème. J’ai malgré tout un peu de tristesse de voir que celui avec qui on a roulé pendant un mandat et avec qui on a fait cette campagne part largement avant la fin et se prépare à d’autres destinées »

Interrogé sur ce sujet Christophe Saint-Pierre explique que pendant le mandat, il y a eu des élections intermédiaires et que « chacun des élus de la majorité a toujours fait ce qu’il a voulu, ce qui n’a en rien entravé le travail du groupe ».

« Pour moi, le groupe d’opposition n’est pas divisé et je ne doute pas qu’il soit en capacité de travailler en bonne intelligence et dans le respect de chacun ».

Christophe Saint-Pierre confie avoir rejoint Arnaud Viala « par amitié et par fidélité, mais qu’en aucun cas il ne dira de mal de Jean-François Galliard ».

Concernant son départ éventuel du groupe « Millau en action », il explique avoir déjà précisé qu’en attendant les résultats du recours le groupe était « dans une opposition de transition, mais que si elle s’inscrivait dans la durée, ce qui est aujourd’hui le cas, il faudrait repenser la façon de travailler ».

La question n’est pas de savoir si je pars ou pas, peu importe les personnes qui le représentent, l’important c’est le travail du groupe pour mener l’opposition dans la durée et pour organiser l’alternance dans la perspective de 2026. Je n’ai pas l’intention de disparaître des radars municipaux, je donnerai ma position en temps voulu ».

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