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Millau. Alfredo Perez, nouvel entraîneur des seniors du SOM Football

Deux ans après avoir pris la tête des équipes seniors du SOM Football, Jean-Charles Gonzales passe le témoin. Deux saisons de D1 achevées prématurément, puisque les championnats se sont arrêtés nets pour cause d’épidémie de Covid.

« Jean-Charles Gonzales continue avec nous, se félicite Bernard Pons, co-président du club. Mais la décision lui appartenait, et il avait fait ce choix depuis pas mal de temps ». Après avoir été « un peu poussé » pour rempiler lors de la saison 2020/2021, il aurait en effet annoncé sa décision de ne plus s’occuper des seniors au mois de février.

Heureusement « dans le club on a des entraîneurs de qualité et le choix était facile », sourit Bernard Pons, en affirmant que « la priorité était de recruter en interne ». « Notre politique, c’est de travailler au maximum sur le territoire du sud Aveyron ». Sous-entendu, pas question de faire venir un entraîneur venu d’ailleurs…

« Il a vu passer tous les joueurs »

Le nouvel entraîneur des équipes seniors est donc un footballeur du cru. Jérôme « Max » Bonnet, secrétaire adjoint du club, donne des pistes : « Il représente le SOM Football, il a tout fait au sein du club : joueur, dirigeant, éducateur… Il a le potentiel pour faire évoluer notre équipe senior et il est reconnu par tout le monde. Il est capable d’impulser une nouvelle dynamique par rapport aux joueurs. Il a été éducateur U13 pendant des années, il a vu passer tous les joueurs ! ». Les amateurs du ballon rond et connaisseurs du SOM Football auront reconnu cette « perle » issue du club : il s’agit bien sûr d’Alfredo Perez.

J’ai toujours rêvé d’être professionnel. Je n’y suis jamais arrivé, mais jusqu’à mon dernier match, j’ai toujours pensé que je pouvais intéresser quelqu’un. J’ai arrêté à 34 ans… »

La chance lui sourit le 8 juillet 1998

Formé à Millau « par des super éducateurs, menés par Christian Bonneviale qui est un peu le mentor de toute ma génération », Alfredo Perez intègre le Stade Ruthénois. « À l’âge où on détermine quelques qualités », le jeune joueur qu’il était a passé deux saisons en cadets nationaux et a intégré le centre de formation à l’époque où le RAF était en D2. « De là, le foot a pris une place trop importante dans ma vie, admet Alfredo Perez. Je n’ai fait que m’y consacrer et je n’ai même pas fait de terminale. Je ne suis que dans un tout petit club pro, mais dans ma tête j’ai des projets de fou comme tout jeune qui rêve de foot et qu’on a laissé rêver… J’ai toujours rêvé d’être professionnel. Je n’y suis jamais arrivé, mais jusqu’à mon dernier match, j’ai toujours pensé que je pouvais intéresser quelqu’un. J’ai arrêté à 34 ans… »

Revenu à Millau à 20 ans par la force des choses, « les barrières du haut niveau s’étant fermées », Alfredo Perez retrouve Christian Bonneviale et Bernard Pons. Il tape alors dans l’œil du club de Mende et signe dans le club lozérien « parce que dans la poule, il n’y a que des réserves de clubs de D2 et de D1… ».

De retour à Millau quelques mois après pour faire son service militaire, il mange alors son « pain noir ». « Je suis alors un jeune qui a tout privilégié pour le foot, mais qui reste dans un club amateur, avec toutes les galères qu’il peut y avoir pour travailler, avec un CV pas très complet ». C’est alors que la chance lui sourit le 8 juillet 1998 : Frédéric Hantz, tout nouvel entraîneur du RAF, lui téléphone pour lui dire qu’il compte sur lui.

Jérôme Bonnet, Bernard Pons et Alfredo Perez, ce matin devant le siège du SOM Football.

« On m’a déposé comme un sac à patates sur mon canapé ce soir-là »

Le Millavois rattaque alors un cycle en CFA, et signe de nouveau à Rodez pour jouer en équipe première ce coup-ci. « Cela reste le moment le plus extraordinaire de ma carrière. Si je n’avais pas vécu cela, je serais aujourd’hui un grand dépressif, assure-t-il. Des 32e de finale de coupe, des Paul-Lignon pleins face à Monaco, Marseille et compagnie… là je deviens un autre footballeur ».

Obligé de quitter la préfecture aveyronnaise trois ans après, il intègre alors le RCO Agde, toujours en CFA. « Mais là je commence à être un footballeur précaire, grimace-t-il. Je n’ai ni de CV universitaire, ni grande expérience professionnelle, je suis intérimaire à droite à gauche… et j’ai 27 ans. »

En 2001, alors qu’il rate une belle opportunité d’emploi à Agde, il est une nouvelle fois rappelé par Bernard Pons, Marc Noyrigat et Gilles Tulsa pour un projet à Millau, alors que d’autres clubs sont sur les rangs (Marmande, Montauban…).

Le projet capote, mais Alfredo Perez reste à Millau. Il arrive même en 32e de finale de coupe de France contre l’Ajaccio de Roland Courbis, ce qui reste l’exploit historique du SOM Football dans cette compétition.

Personnellement, il est en sélection Midi-Pyrénées senior, il joue la coupe UEFA des régions. « Sportivement, c’est super, sauf qu’on ne monte pas », regrette-t-il. Pire, après une saison à 50 matchs, il se blesse lors d’un match de montée à Castelginest. « La relation se distend, les gens qui m’avaient fait venir s’en vont, et j’ère dans le club avant de le quitter pour Onet-le-Château en DH. » L’année d’après, il évoluera avec l’Entente Nord Lozère avec pour objectif d’intégrer la sélection Auvergne pour rejouer la coupe UEFA des régions. « Je me suis totalement vautré, ils n’ont jamais pensé à moi. Le footballeur que je suis s’use alors petit à petit sur les routes et je reviens à Millau. Le 17 mars 2007, je me pète les genoux et là, sans psychanalyse ni rien, sans jubilé, ma carrière s’arrête là alors que j’avais tout dédié au football. On m’a déposé comme un sac à patates sur mon canapé ce soir-là, et pour moi le foot s’est arrêté. Je suis mort. »

Le passé récent nous démontre que chaque fois qu’on a joué des matchs pour intégrer des places d’honneur, on s’est totalement vautré… Ce n’est pas sur nos jeunes joueurs que doit reposer la pression, et si ce n’est pas sur eux qu’elle doit reposer, ce n’est pas sur eux qu’il faut la mettre. »

« On va se fixer des objectifs tous les samedis »

A partir de là, il ère. « Je deviens dirigeant trois ans sans moyens, j’ai un genou cassé… Trois ans après c’est reparti, j’ai fait le deuil de plein de choses et je deviens éducateur en 2010. Un poste que je quitte aujourd’hui. »

Aujourd’hui, à 47 ans, et fort de ses diplômes d’éducateur et du Brevet de Moniteur de Football qu’il va finaliser les 10 et 11 mai, Alfredo Perez se lance donc dans un nouveau défi. Après avoir entrainé les jeunes du SOM avec les succès que l’on sait, celui qui est responsable du service espaces verts à la mairie de Millau va prendre en main les équipes seniors (aidé en cela par Ruben Dos Santos et Aurélien Causse).

Quant aux objectifs, ils attendront. « L’équipe est trop jeune pour annoncer des objectifs en début de saison, assure Alfredo Perez. Ce sont eux qui vont donner des indicateurs de motivation et donc de possibilité. Et lorsqu’on a affaire à des jeunes, on va se fixer des objectifs tous les samedis. A partir de fin avril, on regardera… Le passé récent nous démontre que chaque fois qu’on a joué des matchs pour intégrer des places d’honneur, on s’est totalement vautré… Ce n’est pas sur nos jeunes joueurs que doit reposer la pression, et si ce n’est pas sur eux qu’elle doit reposer, ce n’est pas sur eux qu’il faut la mettre. »

Et pour remonter en R3, il faudra avant tout éviter les pièges de la D1, division dans laquelle Millau est attendu à chaque match. « Moi je sais pourquoi je suis là, je ne suis pas là pour enfiler les perles, mais pas non plus pour agiter un étendard. En D1, vous pouvez être très techniques, très beaux, très rapides, mais à la fin il se peut que vous n’arriviez pas à marquer un but. Quand on est Millau dans une division de District, quoi qu’on fasse y’a quelque chose qui ne plait pas… Mais ce qui est sûr c’est que j’ai des certitudes sur mon équipe. Je n’aurais pas pris l’équipe s’il n’y avait que des pousse-citrouilles. A chaque poste il y a deux supers joueurs. Il faudra les accompagner. »

Des joueurs qui vont être « stimulés dès le mois de juin », avant une reprise des entraînements le 1er août. Au programme, quatre séances par semaine. Et une saison que l’on espère complète.

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