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Millau. Les amendés et la justice ne joueront plus dans la même Cour !

Les « amendés » millavois du mois de mai 2020 sont convoqués devant la justice le 4 mai prochain. Ils appellent à un « large rassemblement » devant le tribunal de Rodez à 14 h ce jour-là pour dénoncer une affaire qu’ils qualifient désormais de « combat politique ».

Le rappel des faits

À la sortie du confinement, les 12 et 22 mai dernier des manifestants s’étaient rassemblés à Millau « en respectant les gestes barrière préconisés dans les supermarchés » afin de défendre la liberté de manifester ainsi que les services publics notamment celui de la santé. Lors de ces manifestations, une quarantaine de personnes avaient écopé d’amendes de 135 € au motif de l’infraction suivant : « rassemblement interdit sur la voie publique dans une circonscription territoriale où l’état d’urgence sanitaire est déclaré ».

Dénoncer le principe

Outre la liberté de manifester que le collectif défend bec et ongles comme le droit fondamental qu’il est, et reconnu à ce titre par les plus hautes instances, c’est surtout la méthode qui fait débat.

En effet, les contraventions ont été dressées sans qu’il n’y ait eu aucune interpellation ou prise d’identité, et pour cause, les « amendés » ont été verbalisés grâce aux caméras de vidéo protection de la ville, une première du genre en France que dénonce le collectif qui s’est depuis constitué et qui est soutenu entre autres par la Ligue des droits de l’homme et de nombreux syndicats et partis politiques au niveau national.

Et c’est précisément cette méthode qu’ils entendent dénoncer par principe et remettre en cause lors de leur audience au tribunal.

Rendez-vous le 4 mai au tribunal

De contestations en refus, de majorations en saisies, l’affaire passera en justice au tribunal de Rodez le 4 mai prochain. Ils seront 25, dont une poignée « qui n’a même pas reçu l’amende ni la majoration, mais ont été saisis de 375 € sur leurs comptes bancaires ou par le biais de leur employeur (avis de saisi administratif à tiers détenteur). « Inadmissible et incompréhensible » !

Les « amendés » seront représentés par leur avocat maitre Julien Brel et ont de ce fait, eu accès au procès-verbal de 38 pages « assez vide, mais hallucinant ». Dans ce dernier, chaque individu est photographié (toujours grâce aux caméras de vidéo protection) nommé et certains même identifiés comme étant « bien connus des services de police pour participer à de nombreuses manifestations ».

Leurs faits et gestes pendant la manifestation sont minutieusement décrits, mais à aucun moment les manifestants n’ont eu de contact ou d’échange avec les forces de l’ordre « restées dans un véhicule à proximité du premier lieu de rassemblement ».

Selon le collectif, le procès-verbal a été fait « à charge pour casser la mouvance sociale ». Pour preuve, y est même intégré la profession de foi de la liste Alternative écologique et anticapitaliste de Camille Valabrègue et de Benoit Sanchez Mateo, candidats lors des dernières élections municipales.

Benoit Matéo Sanchez explique que « les photos des membres de la liste Alternative écologique et anticapitaliste n’ont rien à faire dans ce dossier : certaines personnes n’étaient même pas aux rassemblements ! »

Les amendés se disent « motivés » et décidés à aller bien plus loin que la « cour élémentaire dans laquelle joue le tribunal ». Eux pensent plus à « jouer dans la Cour européenne des droits de l’homme » en menant ce combat jusqu’au bout, porté par leurs idées communes et fédératrices et faire « résonner l’écho de cette audience bien au-delà des murs du tribunal ».

« Nous donnons rendez-vous le 4 mai à toutes celles et tous ceux pour qui la démocratie c’est d’abord l’expression des citoyens, le droit de s’exprimer, de peser sur les décisions, que le prétexte de l’épidémie ne peut réduire au silence et à la soumission. La manifestation sera déclarée et respectera les règles de sécurité ».

 

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