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Millau. Les élus de la majorité déposent une motion pour sauver les enseignements de spécialisés

Depuis l’annonce de la baisse de la dotation globale horaire au lycée Jean Vigo, plusieurs actions menées par communauté éducative et les parents des élèves ont vu le jour.

Parmi elles une pétition « pour défendre un enseignement de qualité dans l’établissement » et des courriers adressés aux plus hautes instances qui sont pour le moment restés lettre morte.

Au mois de février, la maire de Millau avait d’emblée dénoncé une approche trop comptable des services de l’éducation nationale, avant d’écrire au recteur d’académie sans obtenir à ce jour de réponse. Aujourd’hui, les élus de la majorité reprennent le dossier en main et proposent de présenter une motion lors du prochain conseil municipal.

La maire de Millau l’a présentée accompagnée par Sylvie Martin adjointe à la jeunesse et à la famille et Aurélie Eson, adjointe à l’éducation.

Nous sommes vraiment dans une rupture d’égalité entre les villes et les campagnes, les jeunes devront faire des choix par défaut ou aller en pension pour suivre les cours des matières supprimées à Millau, et ce dans des classes surchargées ».

Déjà dénoncée par le corps enseignant, et de nombreux élus sur les territoires, la réforme du lycée et du bac, par certains aspects, « creuse un fossé entre les milieux ruraux et urbains » et met en exergue les inégalités sociales et géographiques. Elle « oppose » et représente même « une rupture » au milieu de parcours scolaires déjà fragilisés par la crise sanitaire.

Emmanuelle Gazel et son équipe ont fait de l’égalité des chances et de l’éducation des axes forts du prochain mandat, par cette motion, ils entendent « dénoncer la dégradation de l’enseignement et réclament l’accès à la même éducation pour tous les lycéens du territoire ».

« Ce n’est pas une posture politicienne, on alerte parce qu’il y a un réel danger sur la qualité de l’enseignement et sur l’égalité des chances pour tous les élèves ».

De gauche à droite, Sylvie Martin, Emmanuelle Gazel et Aurélie Eson. © Millavois.com

La motion

La motion sera envoyée au ministère de l’Éducation nationale ainsi qu’au Premier ministre.

« À l’heure où il est plus que jamais fondamental pour notre nation de préserver et de renforcer l’accompagnement et la formation de nos jeunes durement éprouvés par les périodes de déscolarisation qu’ils subissent encore à ce jour, nous souhaitons alerter le ministre de l’Éducation nationale et plus largement le Gouvernement des conséquences désastreuses de la baisse des moyens annoncée aux établissements d’enseignement secondaire à Millau.

Nous voulons par la présente motion rappeler notre attachement à un enseignement de qualité pour nos enfants et de nos jeunes. Si nous saluons le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les territoires prioritaires, nous ne pouvons pas accepter que ces renforcements se fassent au détriment des autres classes et des autres secteurs. Nous refusons d’opposer le primaire au secondaire et l’urbain ou le périurbain au rural. TOUS les enfants doivent avoir les meilleures chances de réussite, quel que soit leur âge ou leur lieu de résidence.

Concrètement, la baisse des moyens (DGH) à Millau va se traduire par une moyenne de 36 élèves par classe en lycée et de 30 en collège.

Comment prendre en compte les difficultés ? Les différentes façons d’apprendre et placer le jeune au cœur des apprentissages ?

Comment parvenir à ‘raccrocher’ des jeunes en décrochage après ces 18 mois d’enseignement dégradé ? Comment accompagner les difficultés des élèves parfois très affectés par la période anxiogène et déstabilisante que nous traversons ?

En outre, cette baisse de moyen au lycée s’ajoute à la réforme du baccalauréat. Dès cette année, plusieurs enseignements de spécialités ne pourront pas être proposés à Millau.

Lorsqu’en milieu urbain les lycées jouent la complémentarité dans le choix des spécialités et options, cela a peu de conséquences sur l’orientation et donc la réussite des élèves. En revanche, dans notre département, quand le lycée perd un enseignement de spécialité, les familles ne peuvent pas toujours envisager un départ en internat. Cela constitue une véritable rupture d’égalité non seulement entre rural et urbain qui n’offrent plus les mêmes chances de réussites, mais au-delà, ce sont nos jeunes qui n’ont plus la même ouverture sur le champ des possibles pour leur orientation et pour leur choix de vie.

C’est la raison pour laquelle nous nous opposons à la réduction de ces dotations horaires, qui loin de répondre aux besoins des élèves, entérine une situation de pénurie et des conditions d’enseignement très fortement dégradées.

Nous demandons que l’on puisse revenir sur ces choix qui relèvent, selon nous, d’une approche trop comptable en reconsidérant les moyens affectés pour la prochaine rentrée et en préservant l’équité territoriale chère au président de la République qui s’était engagé à ‘ne pas déshabiller les campagnes au profit des grandes villes ».

Les élus de la majorité municipale de Millau

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