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La baume du bénédictin (commune de Saint-Georges-de-Luzençon)

La baume du bénédictin porte ce nom en raison qu’elle servit de lieu de culte clandestin pendant la Révolution à Dom Montety, religieux bénédictin des manteaux blancs de la congrégation de Saint-Maur.

Ce Dom Montety dont le véritable prénom est Pierre naquit à Saint-Georges de Luzençon en septembre 1736, y décéda le 1er mai 1811, et fut enterré dans l’ancien cimetière du village le jour suivant. Il devint durant la période révolutionnaire, prêtre réfractaire, c’est-à-dire ayant refusé de prêter le serment à la constitution civile du clergé, il se réfugia dans cette baume, suite au départ du titulaire André de Sambucy (après mi-juin 1791).

Armes des De Montety, d’azur à un rocher d’argent surmonté de trois chênes d’or rangés en chef. (DR)

Pour se rendre dans ce lieu de culte temporaire, il ne fallait pas hésiter à traverser le ruisseau du Lavencou sur des pierres judicieusement posées, avant que celui-ci ne se jette dans le Cernon. Après avoir traversé un bois, près d’un champ cultivé, on arrivait à l’oratoire. Sur sa gauche, on peut voir une banquette taillée dans la roche, s’agit-il d’agenouilloirs ou bien de bancs pour les gens qui voulaient entendre la messe et qui ne pouvait entrer dans le lieu saint ?

Agenouilloir ou banc pour entendre la messe ? (DR)

Comme le note Pierre Solassol : « Il s’agit d’une bien curieuse « bauma ». Son entrée est murée, une croix chant-levé orne le linteau. Il est visible que l’intérieur a été agrandi et aménagé en abri sommaire. » (Vagabonds des grands causses, Journal de Millau, 12 octobre 2006).

Le linteau. (DR)

La porte d’entrée mesure 1,70 m de hauteur sur 0,80 m de large. L’intérieur creusé dans la roche avec des pics est circulaire, il mesure 3,20 m de long sur 3,20 m de large.

La baume du bénédictin. (DR)

Alain Bouviala, a qui je dois cette découverte, nous apporte d’autres précisions sur ce lieu de culte clandestin : « Pierre de Montety religieux bénédictin, de retour dans sa famille se trouva vite en désaccord avec le prêtre assermenté Galtier. Il créa alors un petit oratoire près du village, y officiant deux ou trois ans, avec la bienveillante tolérance des autorités locales et de la population, échappant ainsi au châtiment fatal. L’abri naturel fut notablement agrandi artificiellement, dégageant un espace intérieur pour une poignée de fidèles, avec possibilité de s’asseoir sur un banc taillé dans la masse sur la paroi circulaire. » (Les Baumes, los Adralhans, 2002).

Intérieur de la baume. (DR)

La « planque » de Pierre de Montety dut être de courte durée. Nous le trouvons reclus à Rodez à la maison commune Notre-Dame. Le 1er novembre 1793, il est transféré au séminaire du Puy-en-Velay, puis à Figeac, où il séjourna sept mois. Renvoyé à Rodez, le 5 juin 1794, il fut reclus à Sainte-Catherine. Une affection nerveuse évita la déportation à Bordeaux du 28 août 1794.

Vue prise de l’intérieur. (DR)

Marc Parguel

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