Causses et valléesVerrières

La croix de Vézouillac (Commune de Verrières, causse Rouge)

L’ancienne église paroissiale Saint-Barthélemy de Vezouillac, que l’on aperçoit en abordant les premiers lacets de la côte d’Engayresque, est isolée, en contrebas des maisons du village qu’elle desservait et en bordure d’une source.

Dans les rochers, au-dessus de la source, face à l’entrée de l’église, un relief qu’il faut deviner sous la végétation représenterait Saint-Barthélemy.

La source proche de l’église. © Marc Parguel

Cette église, édifice roman qui dépendait de l’évêque de Rodez, a subi de nombreuses transformations notamment au XVIIe siècle. Il est bien difficile de connaître son histoire.

Comme nous dirait Albert Carrière : « L’église de Vézouillac pose plusieurs colles à nos archéologues ». Pourquoi fut-elle bâtie dans un lieu désert ? À quelle date ? Que représente le personnage sculpté sur le rocher au-dessus de la source ? Pourquoi lui donna-t-on comme patron Saint-Barthélémy ?

« In honorem Bai Bartholomei Rus de Vezol feci hioc altare cons. » Table d’autel découverte et inscription moulée par M. Balsan. (Par monts et par vaux, Midi-Libre, 13 septembre 1953)

L’église Saint-Barthélemy de Vézouillac. © Marc Parguel

Près de l’église, en bordure du chemin, se dresse une croix, de forme assez originale, avec son fût galbé et cannelé, et de facture soignée. On le sait, en plus d’être un symbole d’orientation, la croix a une fonction de synthèse et de mesure. En elle se joignent le ciel et la terre, s’entremêlent le temps et l’espace ; elle symbolise l’intermédiaire, le médiateur.

La croix. © Marc Parguel

On peut y voir un cœur, des fleurs et chacune des quatre faces de son socle carré porte des inscriptions. On peut y lire le prénom de Joseph, et à l’arrière la date de son érection 1755.

En consultant un ancien registre paroissial de Vézouillac, Pierre Edmond-Vivier avait trouvé l’acte mentionnant son édification :

« Bénédiction de la croix. L’an 1755 et le 17e juin, la croix en pierre buissaresque faite par Jean Fabre, maçon de Novis, et que me coûte au-delà de 50 livres, sans à ce y comprendre les charrois de bœufs pour le transport de la pierre ou manœuvre… que j’ay fait placer au-devant du portal de ma basse-cour en dehors, au-dessus de la place ou haire que j’ay aussi fait faire… a été bénite par Mr Me de Roquecave, curé de la ville de Compeyre, notre doyen et vicaire forain, en présence de Mr Peyrot, curé de l’église de Notre-Dame de l’Espinasse de la ville de Milhau, aussy vicaire forain, et de Me Joseph Durre, prêtre, docteur en théologie, prieur-curé du lieu de Compreinhac, mon oncle maternel, et de moy soussigné, prieur-curé dudit Saint Barthélemy de Vézouillac, et après avoir bénite par qui si derrière, l’avons baizée et nous sommes mis à genoux au-devant d’elle pour adorer ce qu’elle représente. En foy de tout quoy, Boussaguet, prieur-curé susdit. »

Marc Parguel

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