Opinion

« Lutter contre l’implantation d’un Burger King à Millau (et ailleurs), une question de santé publique ! »

En France, 17 % de la population adulte est obèse, ce qui représente plus de 8 millions de personnes. Maladie chronique évolutive, elle est un facteur de risque majeur pour les pathologies les plus fréquentes (maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2, etc.). (source : Ministère des Solidarités et de la Santé)

Entre 2003 et 2017, les maladies cardio-vasculaires ont progressé de 171 %, le diabète de 94 % et le cancer de 49 % (source : Réseau environnement santé)

90 % des personnes qui sont mortes du COVID-19 présentaient une ou plusieurs de ces mêmes comorbidités (…) Le recours à la ventilation artificielle pour une personne obèse, touchée par le Covid-19, est sept fois plus fréquent que pour les patients de poids normal. « Indépendamment du diabète ou de l’hypertension, l’obésité est un facteur de risque en lui-même » Reporterre

Il nous faut aujourd’hui nous réveiller et faire le lien entre la prolifération de ces fast-foods, du modèle alimentaire qu’ils sous-tendent et la vulnérabilité induite pour faire face à des virus comme le COVID.

Si le lien entre l’obésité et les fast-foods semble aller de soi, il est intéressant d’avoir quelques chiffres : une étude menée par une équipe de médecins de l’hôpital Avicenne à Bobigny montre que dans les pays où il y a le moins de fast-food (ici McDonald’s) par million d’habitants, le taux d’obésité est inférieur à 5%. Dans ceux où McDonald’s est le plus implanté, le taux grimpe à près de 25% !

Les fast-foods ne sont bien sûr pas les seuls responsables. Notre alimentation de manière générale, la sédentarité, le stress et les pollutions sont le terreau fertile des maladies chroniques et de notre vulnérabilité.

Il est parfois difficile de prendre conscience à quel point nos choix de consommation sont impactant. Après tout, beaucoup se disent, un Burger King de temps en temps ce n’est pas bien grave. Cela fait plaisir aux enfants… Mais ce sont tous ces petits renoncements, individuels et collectifs qui nous mènent à la catastrophe. Nous sacrifions nos possibilités mêmes d’existence sur l’autel du plaisir immédiat et facile.

L’acte de consommation individuel ne fait pas tout et il nous faut sortir de la culpabilisation. Mais regardons ce qu’il se passe ces dernières années, les politiques, les élus à toutes les échelles se retirent de toute action lorsque la sacro-sainte liberté d’entreprendre des multinationales est invoquée.

Le rôle des personnes que nous élisons devrait être de donner une orientation qui aille dans le sens du bien commun : protéger la santé de tout un chacun et aller vers un avenir désirable. Pourtant, bien souvent ils jettent l’éponge et invoquent la fatalité des règles, des lois. Beaucoup pensent encore que ce qui est légal est légitime. Pourtant aujourd’hui, bien des lois, légales donc, permettent voire facilitent notre empoisonnement (ex : néonicotinoïdes).

C’est à nous alors de faire barrage, de reprendre confiance dans notre possibilité de nous défendre ensemble.

Lorsque nous pourrons de nouveau nous exprimer, nous vous espérons à nos côtés.
Refuser l’implantation de ce Burger King, ce n’est pas pour le folklore d’un démontage, ce n’est pas une lubie d’écolo, c’est une question de santé publique et de préservation de notre environnement.

Sinon demain, les travaux commenceront et ce sera trop tard, une fois de plus.

NB : En Aveyron, des citoyens se lèvent aussi à Saint-Affrique et à Espalion contre l’implantation de ces fast-foods. Envoyons le message à ces multinationales, le temps de l’impunité est terminé.

Le Collectif Citoyen de Millau

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