Le toit-citerne d’Alteyrac (La Roque-Sainte-Marguerite, Causse Noir)

Le toit-citerne « des Rivals » peu connu est situé non loin de la ferme d’Altayrac au flanc d’un ravin, affluent rive droite du grand ravin dit « Ravin des Rajals » qui monte de Saint-Véran à la Bouteille (commune de La Roque-Sainte-Marguerite).

C’est un magnifique exemple des techniques architecturales mises en œuvre pour s’adapter à la rareté de l’eau sur le Causse. Une construction rare sur le Causse Noir, cette citerne alimentée par l’eau de pluie récupérée par une toiture et par un aménagement de rigoles ingénieuses bâties devant la construction, l’eau pénétrant dans la citerne grâce à un seul trou collecteur et remplissant un réservoir artificiel d’environ 7m3.

Autrefois les habitations caussenardes étaient dotées de toitures disposées de manière à alimenter, lors des pluies, un système de chenaux en bois amenant l’eau vers une citerne.

La réserve d’une capacité oscillant entre 1 et 3 mètres cubes, demeure invisible, sous la maison, où se laisse deviner sous la forme d’un renflement d’un mur ou d’une annexe contiguë à l’habitation.

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Les toits-citernes dont la fonction était essentiellement liée à la récupération de l’eau étaient habituellement construits en dehors des habitations, pour abreuver les troupeaux ou pour arroser les cultures. Ils sont assez rares. Celui de la Roujarie sur le Causse Noir et celui de l’Aubiguier sur le Larzac font partie des plus représentatifs.

Le toit-citerne d’Alteyrac est postérieur à celui de la Roujarie. Il a été édifié par le même constructeur en 1914 (d’après son fils Marcel Louis Vernhet qui né le 31 décembre 1899 se souvenait de sa construction lorsqu’il était jeune).

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D’après Pierre Solassol (Pèire de Vairau) : « Ce toit-citerne est en mauvais état, rafistolé avec des toles et est moins important que le toit-citerne de la Roujarie. D’après les petits lopins de terre, délimités par des paredons (murettes), il a dû servir à arroser des jardinets ou à abreuver des petits troupeaux » (L’eau…tout un programme, Journal de Millau, 20 mars 2003).

Le toit mesure 4,50 m de long sur 2, 85 m de large. Nous y avons mesuré le 29 février 2020, 3,8m3, la profondeur de l’eau étant d’1,15m.

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Au-devant du toit-citerne, on distingue encore une aire pavée, sur laquelle on devait battre le blé (après la moisson, les gerbes étaient ensuite transportées sur l’aire pour séparer le grain de la tige et de son enveloppe, c’était alors le battage) et les ruines d’une construction, sans doute une grange destinée à stocker des provisions.

En règle générale, les toits-citernes sont une variante des puits-citernes ; on les trouve recouvrant un bâti en partie souterrain, la toiture en lauzes collectait les pluies qui se déversaient dans l’intérieur du réceptacle. Ils signalent parfois la présence des sources ou de simples suintements, qu’ils venaient renforcer.

Marc Parguel