Millau. La détresse des habitants du « Hameau de Gandalou »

Laurence Pruvot a aménagé dans le quartier, avec sa famille, en 2009. Et jusqu’en octobre 2019, sa maison avait tout d’un petit paradis. Située sur les hauteurs de la ville, en bordure du lotissement communal du hameau de Gandalou, l’habitation jouit notamment d’une vue panoramique sur tout Millau.

C’est en novembre 2014 que les problèmes commencent. Grignoté sur des surfaces agricoles, le lotissement ne bénéficie pas d’un système d’écoulement des eaux de pluie efficace… C’est le moins que l’on puisse dire.

Lors d’un épisode pluvieux automnal, les deux maisons voisines sont en effet inondées par les eaux s’écoulant du champ au-dessus. Ni les systèmes d’évacuation ni la trame verte séparant le champ du lotissement ne réussissent à empêcher les dégâts.

Jean-Claude Garcia, voisin de Laurence Pruvot, s’inquiète lui aussi pour sa propriété. C’est ici qu’une tranchée a été creusée pour dévier l’eau vers le chemin.

Alertés, les services municipaux agissent dans l’urgence. Ils décident alors de creuser une tranchée dans la trame verte pour prévenir les futures intempéries et évacuer les eaux pluviales vers le chemin piéton qui descend sur le côté du lotissement. Un chemin qui longe la propriété de Laurence Pruvot…

Quand le chemin se transforme en torrent

Le 23 octobre 2019, les éléments se déchainent à la faveur d’un nouvel épisode cévenol. Les fortes pluies sont bien déviées vers le chemin, mais ce dernier se transforme alors en véritable torrent qui creuse le chemin qui emporte avec lui l’enrochement qui délimite le terrain de Laurence Pruvot et retient sa terre. Pire, la maison se retrouve à proximité du trou béant creusé par ce torrent.

Après les intempéries du 23 octobre 2019. L’eau qui arrive encore par la droite a emporté le chemin. Les canalisations que l’on voit ont été prévues pour un hypothétique nouveau lotissement au-dessus du Hameau de Gandalou.

Une nouvelle fois alertés en urgence, les services municipaux parent au plus pressé et décident de combler le chemin en accentuant sa pente, et en déposant au passage l’enrochement dans le champ du voisin…

Pour empêcher l’eau d’envahir à nouveau les propriétés situées à gauche, une tranchée a été creusé pour l’évacuer vers le chemin situé à droite (photo Google Street View).

Une solution qui « angoisse » Laurence Pruvot. « Au lieu de se trouver à 1 mètre en dessous du niveau de mon terrain comme il l’était à l’origine, le chemin se trouve à présent à 30 centimètres », écrivait-elle en décembre 2019 au maire de Millau, Christophe Saint-Pierre.

« Je m’inquiète de cette rehausse, car aux prochaines intempéries, l’eau s’écoulera de nouveau dans le chemin et envahira mon terrain. Ma maison risque alors d’être inondée. »

Aujourd’hui, rien n’a changé « et à chaque pluie, je me demande dans quel état va se retrouver mon terrain », témoigne la propriétaire, qui estime que le problème d’évacuation des eaux pluviales du lotissement a été réglé en se déportant sur sa propriété et celle de son voisin en dessous, qui longe aussi le fameux chemin de la peur.

Comme on peut le voir sur cette photo prise au lendemain des intempéries de novembre 2019, la maison se trouve à proximité du trou creusé par le torrent. ©DR

Impuissante, Laurence Pruvot a demandé un rendez-vous avec Emmanuelle Gazel. Elle demandera à la maire de Millau que les services municipaux fassent juste leur travail en canalisant au mieux les eaux pluviales pour sécuriser l’ensemble de ce lotissement communal. « Et accessoirement qu’ils réparent mon mur », sourit-elle, un brin désabusée.

L’enrochement déposé par les services municipaux dans le champ en face de la maison. ©DR