À la sortie du confinement, comme nous nous en doutions, le monde d’avant n’a pas disparu. Nous avons appris que l’aire de la Dourbie, le petit paradis, a été louée pour 10 ans au camping Les Rivages.

Situé au milieu de la piste cyclable partant de la DDE, au bord de l’eau et à l’écart des voitures, nous étions nombreux à profiter de ce coin de verdure pour pique-niquer, nous entraîner à la slackline ou profiter des arbres.

Plusieurs points nous interrogent

– Une décision prise par une seule personne ?

Seul l’ancien président de la Communauté de communes de Millau Grands Causses, Gérard Prêtre, a pris la décision et en a ensuite informé le conseil communautaire le 26 février dernier. Cette cession au privé n’a pas fait l’objet d’une délibération ou d’un vote des élus communautaires. Pourquoi une décision qui concerne la population n’a-t-elle fait l’objet d’aucun débat ? Aucune information n’a filtré avant l’annonce.

– Le prix

Un autre point nous a également choqués. Notre petit paradis a disparu contre 500 € par an… pour 3.000 m2 de verdure. Pourquoi cette somme modique ?

– Utilisation de l’aire de loisirs

Dans une réponse aux interrogations du public, le président de la communauté de communes a précisé que « le camping des Rivages a sollicité la collectivité afin de disposer de ce terrain pour développer un espace de découverte des activités de pleine nature totalement intégré à l’environnement pour les clients de son camping. »

Il souligne, par deux fois, l’objectif de développement qualitatif du camping.

Or, aujourd’hui, les 3.000 m² de verdure servent de parking.

Pourquoi avoir menti ? Pourquoi la communauté de commune ne demanderait-elle pas des explications ?

D’autres privatisations d’espace public, d’espace vert

– Par ailleurs, un golf cross vient d’ouvrir à la Gaufresenque, accompagné d’une buvette dans un véhicule. Une nouvelle zone d’espace vert public sera fermée au public. Une nouvelle fois, nous l’apprenons par la presse. D’après ces articles, le loyer serait gratuit, l’activité payante.

– Avant, il y a eu le Burger King, projet sur une aire privée, mais avec vente d’une parcelle publique d’espace vert entretenu par la mairie, une nouvelle bétonisation, et toujours cette absence de discussion, cette mise devant le fait accompli.

– Il y a de ça plusieurs années, il y avait des jeux pour enfants sur l’île de la Maladrerie. Maintenant, c’est le parc de jeux Pitchouland, payant.
Cela commence à faire beaucoup et nous en oublions.

Et ensuite ?

Bien sûr que nos intérêts et points de vue sont différents. C’est cela qui fait une société. Le fait du Prince n’a pas lieu d’être en démocratie. Il faut du débat. Toutes les composantes de la société doivent être entendues.

Le président de la communauté de communes avance l’argument économique. Il faut aider nos entreprises qui « souffrent, tant par la crise du Covid-19 que par les récentes inondations » (ce qui n’était pas d’actualité en février, date de sa décision).

Mais l’urgence climatique et écologique est là. Il est nécessaire de changer les usages et pratiques.

Il ne s’agit pas de jouer dynamiques entrepreneurs contre écolos à la pointe de l’avenir ; méchants touristes consommateurs contre gentils ruraux, derniers des résistants.
Le tourisme doit et peut s’épanouir sans empiéter sur la qualité de vie des habitants et sans nuire à l’environnement.

Cette privatisation, dans le fond et dans la forme, rompt l’équilibre subtil entre les intérêts publics, écologiques, économiques et crée un précédent inquiétant.

Nous demandons :

• le retour de l’aire de loisirs de la Dourbie dans l’espace public
• la suspension de tout projet de privatisation d’espace public
• l’organisation de débats et concertations publics autour de ces questions

Nous proposons à l’ensemble de la population une balade vers l’aire de la Dourbie, suivie d’un pique-nique, dimanche 9 août à 18h30 au parking de la DDE.

Collectif pour la dé-privatisation de l’aire de la Dourbie

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