Anne Marie Ngo Ngoc Dong accompagnée par Joa et Johan, salariée et contrat civique de l'association. ©Millavois.com

Après une période de confinement et les incertitudes liées à la sortie de crise sanitaire, le centre de loisirs de La Salvage a rouvert ses portes.

Il accueille depuis lundi 6 juillet les enfants de Millau et des environs pour les vacances d’été et des séjours multi-activités.

L’aire de jeux des enfants. ©Millavois.com.

Si le site de six hectares permet de proposer aux enfants et aux adolescents des activités de pleine nature dans un cadre naturel, il reçoit aussi des groupes familiaux et sportifs le reste de l’année et propose l’organisation d’événements grâce à la location des salles de réception et des « Écologes ».

Les « Écologes ». ©DR.

Cependant, le confinement et les mesures qui ont suivi ont mis un coup d’arrêt brutal aux activités touristiques mettant en péril l’équilibre financier de la structure.

Un projet porté à bout de bras

L’association Jeunesse Vacances Millavoises (AJVM), constituée en 1960 avec à sa présidence Alain julien, a œuvré pour la rénovation complète du site il y a quelques années afin que celui-ci ne ferme pas ses portes. Elle a été menée à bien en 2017/2018 avec 800 000 € de budget. Les différentes collectivités ont participé au financement des travaux. En 2020, l’association arrivait à l’équilibre financier et avait même obtenu un label pour recevoir des classes vertes.

Le domaine vu du ciel. ©DR.

Tout cela n’a été possible que grâce à la persévérance d’une poignée de bénévoles, parmi eux, Anne Marie Ngo Ngoc Dong, bénévole depuis 10 ans et salariée l’été a porté le projet à bout de bras pendant des années, elle en connait les moindres détails et devait être embauchée par l’association en CDI au printemps, ce qui n’a pas été le cas.

« Je me suis tellement battue pour que le projet se fasse que j’ai épuisé ma dose de ressource. Alors qu’on était sortis d’affaire, que tout était loué et complet pour la saison, aujourd’hui, on doit se battre à nouveau ».

Les aides de l’état ne seront pas suffisantes pour couvrir la perte et l’avenir semble bien incertain.

« Sur la période de mars à juin, on a perdu 22 500 €. La partie enfance n’entre pas dans le bénéfice, elle est à l’équilibre, mais c’est très important pour nous d’être ouverts cet été, car nous sommes conscients que la période a été très difficile pour les parents et les enfants, ils ont besoin de lieux comme le nôtre. ».

Endettée à hauteur de 240 000 €, l’association a obtenu un report d’échéance d’un an, ce qui a un coût, mais toutes les charges ne sont pas en pause. Le prévisionnel pour la fin de l’année place l’association « dans le négatif ».

Aujourd’hui, l’avenir du centre est incertain et dépendra en partie de l’évolution de la situation sanitaire, mais également du soutien des collectivités locales.

Seul centre de loisirs de la région millavoise capable d’accueillir 500 enfants différents de 4 à 14 ans sur deux mois, comme en 2019, une question se pose pour l’année prochaine.

« Si le centre fermait ses portes, est-ce que c’est une cour d’école bétonnée qui ferait office de centre de loisirs ? »

Anne-Marie avoue « s’être épuisée pendant toutes ces années », mais reste passionnée et animée par cette envie de faire vivre ce lieu familial où beaucoup de Millavois ont des souvenirs.

« Il y a des moments où j’ai envie de jeter l’éponge, je voudrais trouver une solution et une vraie volonté locale de la part des collectivités de nous soutenir : il faut savoir ce qu’on veut ! »

À l’heure actuelle, l’association emploie une salariée, Joa, depuis 2018 et Lohan en service civique (et directeur des camps cet été) qui a monté le projet de mini ferme.

Pendant la saison, ce sont plus de 20 salariés qui travaillent pour l’accueil des enfants.

La grande salle de réception. ©DR.