Millau. Emmanuelle Gazel : une victoire sur le fil

Il faudra s’y habituer, on lira et on dira désormais « madame la maire ». Loin d’être un séisme politique local, c’est tout de même une petite révolution : les Millavois ont élu dimanche, la première femme maire de l’histoire de la ville. La candidate du rassemblement de la gauche locale a devancé le maire sortant d’une très courte tête (46 voix).

Féministe, mais pas trop

Son statut de femme, elle n’a pas souhaité le mettre en avant lors de sa campagne préférant « faire adhérer les gens à un projet et non pas à une identité sexuée ».

« Je ne suis pas pour la discrimination positive, être une femme ce n’est ni un atout ni une difficulté en politique, c’était trop caricatural de faire voter les gens parce que j’étais une femme ».

Les femmes se distingueraient de la gente masculine selon elle, comme « prenant plus soin des autres ».

Elles ont aussi un côté plus pragmatique, plus concret, plus terre à terre.

Des détails qui ressortent dans ses engagements de campagne, qui « sont plus en adéquation avec la vie quotidienne ».

Les inquiétudes du mandat

Après l’euphorie de la victoire, Emmanuelle Gazel pense déjà à demain et avoue avoir des inquiétudes pour le prochain mandat.

Elle voudrait positionner clairement la municipalité comme « une enveloppe de protection, un pare-feu » dans des domaines comme celui de l’emploi ou encore sur des sujets comme celui de l’hôpital qui sont « primordiaux ».

« Par rapport aux finances qui sont extrêmement tendues et à tous les engagements qui ont été pris par la municipalité et  l’intercommunalité sortantes, j’ai peur que notre capacité d’action soit réduite dans la crise que nous allons traverser ».

Les premiers jours

« Il va falloir aller très vite ». Après avoir voté le budget et l’exonération de l’impôt sur les entreprises (légalement avant la fin du mois de juillet), les premières propositions qui avaient émergé des accroches boites aux lettres de l’équipe d’Emmanuelle Gazel seront mises en place.

La maire de Millau remercie ses lecteurs et adresse un message « de rassemblement pour traverser une période qui s’annonce compliquée » répétant que sa victoire, « ce n’est pas celle d’un clan ».

Pour elle, elle n’est pas un aboutissement ni un jalon dans une carrière politique. Emmanuelle Gazel y voit plutôt l’occasion de mettre en place « quelque chose qui est porteur d’espoir sur les enjeux démocratiques, sociaux et environnementaux ».

Arrivée sur le tard en politique, elle n’y était pas vraiment prédestinée. C’est petit à petit et au fil de rencontres qu’elle s’est engagée, pour aujourd’hui devenir la première femme maire de Millau.

« Je n’ai jamais rêvé d’être maire, ce n’est pas ça mon carburant : mon carburant, c’est l’humain ! »