CFDT. « Le télétravail : quel devenir ? »

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La crise sanitaire a changé notre regard sur la place du travail et le rapport que nous entretenons avec lui au quotidien.

Elle a grandement poussé les entreprises et les administrations à mettre en place le télétravail de manière précipitée et imposée. Elle a changé notre regard sur la place du travail au quotidien, et les rapports entre la vie professionnelle, personnelle et familiale.

– Le télétravail prend ses racines dans les années 70. Dans la période suivante faite de mondialisation et de délocalisation, l’ordinateur personnel et les autoroutes d’information permettent l’externalisation du travail. Il favorise la mobilité du travail et la réduction des coûts. Il modifie les pratiques managériales en gérant le collectif, en présence et à distance. Il renforce les possibilités de communication et de contrôle professionnel.

– Son fonctionnement et l’importance de son utilisation nécessitent la mise en place de régulations. Un accord européen en 2002 est acté. Il est suivi nationalement en 2005 d’une signature interprofessionnelle qui impacte les conventions collectives du travail. Le droit à la déconnexion est validé en 2016.

– L’amélioration des lois qui protègent est bien timide par rapport à la situation actuelle du télétravail. La crise accélère une demande qui vient aussi bien des entreprises que de travailleurs. Le besoin d’évolution du travail est là, avec ses conséquences sociales économiques et environnementales.

Cette nouvelle façon de travailler fait partie de la transition numérique de notre société, elle doit être repensée et les travailleurs mieux protégés. Les modalités d’acceptation du poste de télétravail ne sont ni un droit ni une obligation pour le salarié comme pour l’employeur.

Ensemble, la CFDT avec la CFTC et l’UNSA font de la mise en place du télétravail un objet de dialogue social. Celui- ci prend corps nationalement, mais aussi dans l’entreprise et au sein des administrations en vue de négocier au sein du CSE des accords pertinents tant en période « ordinaire » qu’en période « dégradée ».

Cette intersyndicale est pour :

  • Créer les conditions de réussite de la mise en œuvre du télétravail
  • Distinguer dans l’organisation du travail la nature des postes et en créer
  • Définir les modalités de la réorganisation, envisager des alternatives autres que le travail à domicile
  • Clarifier les usages des outils numériques et leurs limites
  • Former et donner l’information sur les limites et les règles inhérentes à leur utilisation Fournir au télétravailleur les outils matériels, logiciels, accès sécurisé…
  • Intégrer les enjeux de préservation de la santé et sécurité des travailleurs
  • Réinvestir le bénéfice de la reconfiguration des locaux et de la transformation des métiers dans l’amélioration des conditions de travail

La CFDT est partie prenante des évolutions de la société et défend la valeur travail et son devenir. Le travailler autrement doit être vécu dans de bonnes conditions. Il peut être porteur d’initiatives, d’émancipations et d’emplois.

Des réponses concrètes doivent être portées en ce moment de crise inédite pour faire reculer le risque de chaos. Elles demandent des débats démocratiques et des négociations pour faire avancer des réformes de progrès social.

Il faut sortir du « repartir comme avant » ou de faire de « l’opposition bloquante » en pensant au grand soir du changement. Il est urgent de valoriser l’écoute et la concertation, de conjuguer responsabilité individuelle et solidarité collective, de donner sens et place au travail pour tous.

Union Locale du Sud Aveyron CFDT

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