Debouts : Laurent Renaudin, Claire Frayssinet, Claude Alibert. Assis : Thomas Lesay, Jérôme Czaplicki (liste Millau Naturellement), Michèle Vincent (liste Millau Naturellement).

Samedi après-midi à la Guinguette du Gourg de bade, militants et candidats d’Europe Ecologie Les Verts, qui rappelons-le soutiennent la liste d’Emmanuelle Gazel « Millau Naturellement », tenaient une conférence pour faire un point sur l’actualité à une semaine du second tour des élections municipales. Et surtout pour mettre un coup de canif dans « le vernis vert » qui serait appliqué sur le programme de Christophe Saint-Pierre.

Actualité oblige, Laurent Renaudin n’a pas manqué de revenir sur la crue du Tarn de la semaine dernière. « La crise du Coronavirus a mis à l’arrière-plan une autre crise, la crise climatique qui s’est rappelé à nous le 12 juin avec la crue. Nous n’avions jamais connu un tel événement à cette période. Cela montre que le dérèglement climatique est bien là et qu’il est urgent d’agir », a-t-il déclaré en préambule.

Et de poser la question : « Et sil n’y avait pas eu la crise du Covid ? ». « L’équipe des Natural Games aurait probablement commencé à installer le site et les campings auraient eu plus de monde, je vous laisse imaginer les conséquences… »

Pour le chef de file d’Europe Écologie Les Verts, « les actions à mener par la Ville et la Communauté de communes doivent en priorité porter sur la transition écologique et sociale et malheureusement l’actualité récente montre que l’équipe en place, malgré un verdissement de son discours, reste sur de vieux schémas. »

Pour étayer ces propos, les militants EELV ont pioché quelques exemples dans l’actualité récente.

• « Le Burger King dont la mairie connait le projet depuis octobre dernier comme l’a révélé madame Gazel. Pourquoi Christophe Saint-Pierre a-t-il caché ce projet lui qui est si prompt à vanter ses actions, pourquoi n’a-t-il pas prévenu les habitants du quartier, où est la transparence ? »

• « Le déconfinement et la circulation. L’équipe en place, qui se targue de vouloir favoriser la mobilité douce, a raté une réelle opportunité d’apporter de premiers changements au plan de circulation en interdisant, par exemple, la circulation boulevard de Bonald et sur une partie de la place du Mandarous. Les Millavois auraient adoré pouvoir flâner en centre-ville sans être sans cesse importunés par les véhicules à moteur. Pourquoi remettre ça au prochain mandat ? »

• « Le 4 juin, le conseil municipal a voté une étude sur la végétalisation de la ville d’un coût de 100.000 euros. Pourquoi consacrer une telle somme alors qu’il y a des compétences à Millau avec le service des espaces verts et parmi les citoyens ? »

« Une étude à 100.000 € sous couvert de faire de la résilience, c’est comme Ugolin qui faisait de « lothantique » », ironise Claude Alibert, conseiller municipal sortant. « Pour reverdir la ville, c’est facile : il y a un trou, on y plante un arbre. Mais le service espaces verts, ils l’ont démantelé, les techniciens paysagistes font maintenant de l’administratif. Faisons confiance aux services municipaux qui existent ! »

« Des solutions existent pour le climat »

« Si nous sommes ici, à la Guinguette du Gourg de bade, c’est pour dire notre satisfaction que la ville soit enfin plus tournée sur le Tarn, continue Laurent Renaudin, même si la réalisation des quais Sully Chaliès est trop bétonnée ». Mais c’est aussi pour redire que « les aménagements réalisés le long du Tarn ne sont pas des pistes cyclables, notamment du pont du Larzac à Cureplat où la place n’est pas suffisante par endroit pour les piétons – qui sont prioritaires – et les cyclistes. »

« On parle ici d’une piste cyclable partagée, adaptée à la balade, mais pas au déplacement. »

« Pourtant, des solutions existent pour le climat, comme le montrent les 150 propositions de la convention citoyenne, assurent les militants EELV. Beaucoup d’entre elles peuvent être mises en place à Millau et certaines figurent déjà en partie dans le programme de  Millau Naturellement ». Et de donner là aussi quelques exemples :

• Lutter contre les « passoires thermiques », comme les logements étiquetés F et G pour leurs faibles performances énergétiques
• Interdire l’éclairage des magasins la nuit.
• Ne pas dépasser une température de 19°C dans les bâtiments privés et publics et renoncer à la climatisation en deçà de 25°C
• Lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain de manière beaucoup plus efficace en stoppant immédiatement les aménagements de nouvelles zones commerciales périurbaines très consommatrices d’espaces.
• Réduire la consommation de viande et de produits et augmenter le nombre de repas végétariens en restauration collective.
• Mettre en place des chèques alimentaires pour les plus démunis, à utiliser auprès des producteurs locaux de préférence en agriculture biologique.
• Interdire les panneaux publicitaires dans les espaces publics extérieurs, hors information locale et culturelle, ainsi que les panneaux indiquant la localisation d’un lieu de distribution.
• Renforcer les filières de réparation, de réemploi et de recyclage…

Transition écologique et justice sociale

Selon les militants EELV, « la transition écologique n’est pas possible sans justice sociale ». Une justice sociale qu’ils retrouvent dans le programme de Millau Naturellement : « le repas bio à 1 euro pour les enfants des familles les plus fragilisées, la création d’un conseil local de solidarité, le renforcement du rôle du CCAS auprès des plus démunis, la création d’une résidence senior en phase avec les revenus, plutôt faibles, de beaucoup de nos ainés, la lutte contre l’habitat insalubre et les marchands de sommeil, la création d’un service public de logement pour accompagner les habitants dans leurs démarches de rénovation… A cela s’ajoutent les propositions qui auront été retenues par les Millavois parmi les 14 soumises dans l’opération accroche boites aux lettres… »

« Une liste qui se déclare plus écologiste que les écolos »

« Lors de notre conférence de presse précédente, nous avions indiqué que les listes conduites ou soutenues par les écologistes seraient en tête dans de nombreuses communes, conclut Laurent Renaudin. Cette prédiction s’est vérifiée ! Malheureusement dans beaucoup d’endroits le parti Les Républicains de M. Saint Pierre s’est allié dans une coalition anti-climat à la République En Marche pour faire barrage aux écologistes. C’est aussi le cas à Millau où Christophe Saint-Pierre est soutenu par M. Austruy, le candidat de Monsieur Macron aux élections législatives. Ceux qui se déclarent soudainement plus écologistes que les écolos n’ont qu’un objectif : faire barrage à une liste qui prévoit, il faut le redire, l’engagement fort d’étudier tous les projets en tenant compte des enjeux environnementaux. »