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Millau. Alain Nayrac « rétablit la vérité » à propos du Burger King

Il n’aura fallu que quelques heures pour que, dès son annonce dans les médias, l’installation d’un Burger King aux portes de Millau déclenche un déferlement de réactions diverses et variées.

Des réseaux sociaux aux conversations des passants, les candidats à la mairie de Millau ont aussi réagi par voie de presse pour s’opposer fermement à ce projet.

Face aux prises de position d’Emmanuelle Gazel et de Philippe Ramondenc qui accusent la municipalité de « permettre l’installation de l’enseigne à Millau et d’avoir agi en catimini », Alain Nayrac, Adjoint à la Délégation Aménagement urbain et environnement a souhaité remettre les pendules à l’heure, et clarifier la situation point par point face à ce qu’il qualifie de « mensonges ». Il tient également à rassurer les riverains sur le futur bâtiment et les nuisances qui pourraient y être associées.

Un terrain privé

En 2013, sous la municipalité Durand a été vendue une première parcelle à Alain Puech, qui possédait déjà le terrain attenant afin de réaliser l’entrée de son garage (Parcelle 678). Dans la foulée, le département a vendu une autre parcelle large d’environ deux mètres, le long de la propriété. (parcelle 680)

Le Plan cadastral des parcelles concernées. ©France Cadastre.
La Parcelle large d’environ deux mètres vendue par le Département. ©Millavois.

En 2019, la municipalité Saint-Pierre a vendu la parcelle 448. La vente a fait l’objet d’une délibération en conseil municipal qui a été approuvée à l’unanimité.

La délibération portant sur la vente de la parcelle, adoptée à l’unanimité. ©Millavois.

« Quand je lis que madame Gazel n’était pas au courant, je me demande que fait l’opposition pendant les conseils municipaux, elle dort ? »

Contrairement à ce qui a été dit, la mairie ne peut préempter d’un terrain que lorsqu’il est à vendre, or, la plus grande parcelle sur laquelle va se faire la construction « n’a jamais été à vendre », elle reste la propriété de la SCI ALCO « qui avait un projet d’implantation de grand restaurant depuis déjà sept ou huit ans ».

« Monsieur Puech est chez lui, il fait ce qui lui plaît, nous ne sommes pas un régime autoritaire ! De quel droit la mairie entraverait les projets d’un privé tant qu’ils respectent les règles d’urbanisme ? »

De la même manière, elle ne peut exproprier quelqu’un que sur des raisons valables.

Aujourd’hui, la SCI ALCO a obtenu un permis de construire qui « répond parfaitement au PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) ».

Le Panneau du permis de construire visé par un huissier de justice a été arraché et enlevé pendant la nuit du 11 au 12 juin. ©Millavois.
« Tous les feux étaient au vert pour l’obtention du permis. Madame Gazel ne le fera pas annuler, elle n’en a pas le pouvoir et devant la justice, ses arguments ne tiennent pas la route » !

Des riverains inquiets

Concernant l’environnement, l’élu et le propriétaire précisent « qu’en aucun cas, l’aspect du rond-point ne sera changé, que la végétation restera quasiment telle qu’elle est et le projet prévoit même 30 % d’espace paysager supplémentaire à l’intérieur; l’arche en pierre et l’espace vert resteront en l’état et accessibles au public ».

Les riverains, inquiets de voir débarquer l’enseigne dans un quartier résidentiel se sont depuis réunis pour faire signer une pétition et envisagent de déposer un recours auprès des autorités compétentes.

Là encore, l’élu « comprend les inquiétudes de chacun, mais admet que la municipalité n’a aucun pouvoir et que ce sera au tribunal de décider s’il est recevable. Il reste confiant et pense que les nuisances qui pourraient être occasionnées seront minimes par rapport à ce qui se dit, les choses ayant été exagérées ».

Le futur bâtiment et son environnement. ©Millavois.

Parallèlement, Alain Puech se veut rassurant en présentant une vue du futur bâtiment.

« Je pense que cela a été mal compris et mal perçu, c’est un projet qui s’intègre bien dans cet espace, qui le revalorise. Dans une période où l’on parle de crise, on devrait se réjouir que des gens investissent encore et fassent travailler les entreprises locales ou régionales du BTP. Ce seront également une quarantaine d’emplois qui seront créés ».

Les deux hommes assurent « qu’il n’y aura que très peu de nuisances en raison de l’aménagement réfléchi du projet et de la configuration des lieux ». Concernant la parcelle qui fait débat, elle n’est qu’un complément au terrain qui accueillera le restaurant; il y sera  aménagé un parking végétalisé et acquisition ou pas, le principal intéressé admet que « le restaurant serait sorti de terre quand même » !

« On n’a pas un esprit de destructeur, on essaie de conserver un bel espace, c’est dans notre état d’esprit de ne pas bétonner, ce projet a de l’allure, je comprends qu’il ne plaise pas à tout le monde, chacun sera libre d’y aller ou pas » !

Il n’y a plus l’ombre d’un doute sur l’aversion profonde de certains Millavois pour les chaines de restauration rapide et contre le « symbole américain de la malbouffe ». On se souvient encore du démontage du McDonald il y a plus de 20 ans pendant sa construction. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts et l’enseigne a trouvé sa place et ses clients.

L’avenir nous dira si « l’affaire Burger King », invitée surprise et bien malgré elle, de la campagne des municipales connaîtra la même « faim » !

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