Aguessac d’hier et d’aujourd’hui

Aguessac d’hier

Nous pouvons apercevoir sur la photo ci-dessus l’église primitive Saint-Vincent de Compeyre, surtout son clocher qui trop vétuste fut remplacer par la construction de la nouvelle, érigée entre 1856 et 1860, de même que le donjon du château.

Aux termes de la convention du 10 août 1868, l’état devait remettre l’infrastructure de la ligne Millau – Rodez à la Compagnie du Midi dès 1872. Les troubles consécutifs à 1871 (1870-1871 Guerre Franco-prussienne) causèrent des retards considérables, et en 1874, certaines parcelles n’avaient pas encore étaient expropriées. Parmi les ouvrages d’art, seuls les travaux souterrains avaient été engagés, et les piles des viaducs d’Aguessac et de Compeyre ne s’élevèrent qu’à partir de décembre 1875. Les travaux du Viaduc d’Aguessac furent achevés en 1876.

La Compagnie du Midi prit officiellement possession de l’infrastructure au cours de l’été 1878, mais elle ne s’empressa pas d’entreprendre le ballastage. La lenteur des travaux de pose de voies fut dénoncée à maintes reprises par tous les notables du Rouergue. Les démarches qu’entreprirent les parlementaires aveyronnais auprès du ministre Charles de Freycinet furent déterminantes, puisque les travaux débutèrent dans les semaines qui suivirent sur la section Millau – Séverac.

Les populations locales s’inquiétèrent et s’empressèrent de dénoncer « cette malheureuse rampe d’Aguessac – Engayresque » avec une pente de 33,3 mm/m, une des plus importantes sur le réseau national (impitoyable banc d’essai ferroviaire). Il était trop tard pour remettre en question ce tracé dont les premiers coups de pioches avaient été donnés onze ans auparavant.

Le 22 avril 1880, la commission de réception parcourut la ligne à bord d’un train formé de trois voitures-salons, et le soir même, elle se déclara favorable à l’ouverture au public. Dix-sept années furent requises pour la réalisation d’une œuvre dont la durée d’exécution était initialement prévue à huit ans.

Le plan napoléonien d’août 1830 nous montre que dans le bas du village d’Aguessac en prolongement de la rue de la Tannerie et de la rue du quai du Tarn il y avait une continuité du chemin qui aboutissait jusqu’au fond de la rue du Parc, cette rue était appelée la rue basse. Les crues de septembre 1866, octobre 1868, octobre 1872, septembre 1875 et décembre 1888 avaient gravement endommagé la partie basse du village ainsi que les fondations de ce chemin, la rue basse ; une écurie avait été emportée.

L’assemblée municipale présidée par le maire Sylvain Baldeyrou, en délibération du 10 septembre 1889, vota un projet de défense du village contre les érosions du Tarn. Le montant du projet s’élevait à 11.000 francs. Ceci faisant partie d’une première tranche, du ruisseau le Lumensonesque jusqu’au niveau de l’ancien transformateur les travaux furent exécutés en 1891.

C’est au cours de la délibération de l’assemblée municipale en séance du 19 mai 1895 qu’une demande pour l’élaboration d’un plan d’extension de l’ouvrage de défense contre le Tarn fut faite auprès de M. le Préfet de l’Aveyron.

La seconde tranche des travaux, de l’ancien transformateur jusqu’aux Agravettes, pour la défense du bas du village contre l’érosion du Tarn fut votée en délibération de l’assemblée municipale en date du 17 septembre 1895. La dépense s’élevait à 12.000 francs pour la réalisation d’un enrochement et d’un perré de 40 centimètres d’épaisseur incliné à 45°. Les travaux furent achevés en 1896.

Aguessac d’aujourd’hui

Une photo prise d’Aguessac en mars 2020.

Nous pouvons apercevoir sur cette photo la nouvelle église, érigée entre 1856 et 1860, ainsi que le château rénové.

A propos de l’électrification de la ligne de chemin de fer, la Compagnie de Midi avait entrepris d’électrifier de nombreuses lignes de leur réseau, en retenant dès 1907 le courant alternatif monophasé d’une tension de 12.000 volts et d’une fréquence de 16 2/3 Hertz. En 1920, d’autres motifs poussèrent le Gouvernement à encourager l’électrification : tirant les conséquences de la pénurie du charbon qui avait affecté le fonctionnement de l’ensemble des réseaux.

L’état élabora un très ambitieux programme d’électrification, qui portait sur près de 10.000 km de lignes situées dans la moitié sud de la France, à proximité des ressources hydro-électriques, critère primordial avant la constitution d’un réseau de distribution générale.

Pour le seul réseau du Midi, quelque 3.700 km de lignes étaient concernés. Ce plan prévoyait en outre d’instituer le courant continu d’une tension de 1.500 volts, comme mode d’alimentation unique.

Sous l’impulsion de Jean-Raoul Paul, qui fut successivement chef de l’exploitation, directeur et président, la Compagnie du Midi effectua sans tarder la mise aux normes de ses électrifications d’avant- guerre. En 1925, le réseau électrifié du Midi avait progressé au point d’avoir été considéré comme l’un des meilleurs du monde.

La chronologie de l’électrification de la ligne Béziers-Neussargues :

  • 13 janvier 1923 : demande de concession d’un réseau de transport d’énergie, tension de 60.000 volts.
  • 27 décembre 1924 : décision ministérielle prescrivant la mise à l’enquête.
  • 5 juillet 1929 : présentation du projet de la Compagnie du Midi.
  • 3 avril 1930 : décision ministérielle approuvant le projet.
  • 13 mai 1932 : demande d’autorisation de mise sous tension de la ligne de travail.
  • 19 et 20 juillet 1932 : essai en simple et double traction.
  • 14 septembre 1932 : autorisation définitive de mise sous tension, délivrée par l’ingénieur général des Ponts et Chaussée : Gerdes.

La promenade des berges du Tarn fut réalisée fin des années 1980 et des bancs en pierre installés en 1991.

Claude Trémolet