Millau. Pour le SOM Rugby, « les préjudices vont être énormes »

Pour le S.O.Millau Rugby Aveyron comme pour la plupart des associations, cette crise sanitaire inédite « va occasionner des effets destructeurs sur le court et moyen terme », assure Serge Sécail, secrétaire général du club.

Disposant d’un budget de fonctionnement avoisinant les 700.000 euros, l’association fait vivre en harmonie 24 équipes, 500 licenciés, 48 éducateurs et 4 salariés. La gestion et la bonne marche du club sont assurées par les 21 élus au comité directeur et 70 membres bénévoles qui œuvrent efficacement dans l’ombre toute la saison.

« Nos ressources proviennent en grande partie de l’activité militante de nos merveilleux bénévoles », rappelle Serge Sécail. Sur les 700.000 euros, plus de 80 % du budget provient des activités propres réalisées par les dirigeants du club, partenariat et mécénat auquel il faut ajouter les recettes du stade (guichet, buvette, repas d’avant match), les cartes d’abonnements, tournois, licenciés, festivités extra sportives. Les aides des trois collectivités (mairie, Département et Région) représentant environ 15 % de ce budget.

Les 130 lotos annuels organisés trois fois par semaine à la Maison du Rugby par le club des supporters génèrent un gros plus pour le rugby local. « Avec la crise sanitaire et le confinement, la suspension des matinées familiales occasionne une perte financière de près de 5.000 euros par semaine, se désole Serge Sécail. En tablant sur une reprise hypothétique et optimiste envisagée courant mai, cela représenterait déjà un manque à gagner conséquent ! »

Serge Sécail, quelles sont les incidences humaines de cette crise que traverse le club ?

Serge Sécail : Avec l’annonce de l’arrêt des compétitions et la fin de cette actuelle saison, nous avons mis un terme à toutes nos activités sportives. Dès le premier jour de confinement, nous avons fermé la Maison du Rugby et mis nos quatre salariés en arrêt de travail. Nos trois lotos hebdomadaires qui divertissent une fidèle clientèle du 3e âge sont aussi suspendus…

Et la situation sportive ?

Serge Sécail, secrétaire général du SOM Rugby.

Serge Sécail : Notre équipe fanion (le jour du gel des compétitions) occupait la 6e place qualificative. Sur la bonne dynamique de cette fin de saison, elle postulait aux phases finales.

Les seniors féminines premières de leur poule étaient bien lancées pour aller glaner un nouveau titre.

Les cadettes, dans la très relevée compétition élite nationale, occupaient la 6e place.

Les juniors nationaux, 3e de leur poule et les cadets nationaux, premiers et invaincus, étaient malgré deux rencontres restantes à disputer déjà qualifiés pour les phases finales.

Les minimes garçons évoluant en élite régionale Occitanie avaient de haute lutte gagné le droit de disputer le dernier plateau pour l’attribution du titre régional.

Les minimes filles, engagées pour leur première année au plus haut niveau régional (invaincues au 15 mars) devaient disputer la finale du challenge Occitan.

L’école de rugby fidèle aux bons résultats de ces dernières saisons était légitimement favorite pour l’attribution d’un nouveau titre départemental.

En rugby scolaire, on notait de belles performances d’ensemble des sections sportives du collège et du lycée. Les minimes garçons de Marcel Aymard champions d’académie et qualifiés pour la finale nationale U.N.S.S. Les cadettes du lycée Jean Vigo, elles aussi championnes d’académie, devaient disputer la finale nationale U.N.S.S à Lorient.

Comme la saison dernière, nouvel exploit du S.O.M Rugby qui termine à la 1re place du défi « Mozaic » ! Organisé par la ligue Occitanie, ce challenge récompense notre club pour les bons résultats d’ensemble de ses équipes garçons et filles. En terminant sur la plus haute marche du podium le S.O.M devance les 396 autres clubs amateurs sur ces terres occitanes rugbystiquement très performantes.

Les pertes de ressources financières en cours d’estimation vont amputer et impacter très largement le budget de la prochaine saison…

On imagine des préjudices financiers énormes…

Serge Sécail : Les pertes financières vont être très très sévères, et nous redoutons la forte chute des aides chez nos partenaires, commerçants, artisans, industriels locaux durement impactés par la diminution de l’activité économique.

Dans le domaine sportif, l’annulation des trois dernières rencontres au stade n’est pas neutre, tout comme l’Open du week-end de l’Ascencion avec sa très belle recette. Crainte également sur la possibilité d’organiser au mois d’aout le 4e « Summer Rugby ».
Dans le domaine extra sportif, la mise en sommeil des trois lotos hebdomadaires organisés à la Maison du Rugby, va sur une longue période peser très, très lourd dans la balance des pertes.

Les économies réalisées sur les transports, sur la vie du club et les mesures d’accompagnements prises par la F.F.R. pour aider les clubs viendront légèrement alléger l’addition.

Pour anticiper et envisager les mesures à prendre une équipe composée du président T. Perez, P. Arguel, J.-P Malossane responsables des finances et de plusieurs membres du comité directeur est au travail.

D’ores et déjà nous savons que les conséquences économiques générées par cette crise sanitaire inédite seront énormes. Les pertes de ressources financières en cours d’estimation vont amputer et impacter très largement le budget de la prochaine saison…