Millau. Confinement et dénutrition : les conseils de Marie-Hélène Veyrié

Certains publics sont plus vulnérables que d’autres au risque de dénutrition, c’est le cas des personnes âgées. En cette période de confinement le risque est accru : plus de difficulté à s’approvisionner, manque d’activité physique, solitude stress et anxiété risquant d’engendrer une perte d’appétit… Nous avons demandé conseil à Marie-Hélène Veyrié, diététicienne-nutritionniste à Millau.

En cette période de confinement, nous risquons tous une dénutrition protéino-énergétique résultant d’un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme.

Quelles sont les conséquences d’une dénutrition ?

• Une fonte musculaire, entrainant une perte d’autonomie et un risque accru de chutes.
• Une asthénie (affaiblissement de l’organisme, grande fatigue)
• Une baisse des défenses immunitaires de l’organisme… et donc plus de risque de contracter une maladie infectieuse.

Comment les personnes à risque peuvent-elles adopter une alimentation préventive pendant le confinement ? 

Les personnes à risque, et notamment les plus âgées, doivent absolument manger suffisamment en privilégiant une alimentation riche en protéines et un apport énergétique adapté. NON ce n’est pas parce que l’on avance dans l’âge que nos besoins sont amoindris.

La télévision pendant les repas, on évite…

Ce n’est pas le moment de faire un régime ou de se restreindre :

• Consommer de la viande, du poisson ou des œufs deux fois par jour
• Du lait ou des produits laitiers à chaque repas
• Du pain, autres produits céréaliers pâtes, riz, semoule… mais aussi pomme de terre, lentilles…) à chaque repas
• Deux fruits par jour
• Augmenter la fréquence des prises alimentaires dans la journée, en fractionnant les repas, trois repas quotidiens et des collations entre les repas
• Adapter la texture des aliments à vos capacités de mastication
• Prenez vos repas dans un environnement agréable (pas de télé et encore moins le journal télévisé…)
• Eviter une période de jeûne nocturne trop longue (> 12 heures), en retardant l’horaire du dîner, en avançant l’heure du petit-déjeuner

Si vous manquez d’appétit, enrichir vos préparations, ceci permet d’augmenter l’apport énergétique sans augmenter le volume de vos préparations :

Les potages : ajouter des pâtes, du tapioca, des croutons, de la crème fraîche ou du beurre, du fromage (fromage fondu, gruyère…) du lait en poudre, du jambon…
Les plats : légumes en gratin, farcis, soufflé au jambon, sauce bolognaise, omelette au gruyère…
Les purées, les pâtes, le riz  : ajouter un jaune d’œuf, du lait en poudre, du fromage râpé, de la crème fraîche, sauce bolognaise
Les laitages et les desserts : incorporer du lait en poudre, de la confiture, du miel, des fruits au sirop. Pensez au riz au lait ou gâteau de semoule, flans aux œufs, crêpes…

Et surtout, pensez à vous hydrater : au moins 1,5 litre par jour : eau, eau citronnée, thé, tisane, bouillon…

Surveillez votre poids

Le premier signe de dénutrition, c’est l’amaigrissement sans que l’on ait fait de régime.
Donc la pesée hebdomadaire est nécessaire, car c’est le meilleur moyen pour détecter une perte anormale de poids.

Plus la perte de poids est détectée rapidement, plus il sera possible de traiter la cause et d’aider la personne à reprendre le poids perdu.

Les publics à surveiller de près :

• Les personnes âgées de plus de 75 ans,
• Les patients en chimiothérapie,
• Les personnes souffrant de maladies chroniques,
• Les personnes portant un appareil dentaire mal adapté,
• Les personnes souffrant de dépression, d’isolement.

Ceci est valable pour la population en général, si vous souffrez d’une pathologie spécifique (maladies rénales, insuffisance cardiaque…), vous référer à un professionnel de la nutrition.
Plus que jamais, prenons soin de nos ainés, accompagnons-les au mieux dans cette période anxiogène.

Marie-Hélène Veyrié
Diététicienne-Nutritionniste
Sophrologue